samedi, 24 mai 2008

La loi des otages qui date de la joyeuse première république

Loi des otages du 24 messidor an VII (12 juillet 1799).

Effrayés par les succès des ennemis de l'extérieur, craignant des soulèvements à l'intérieur de la France (que les rapports de police signalent comme probables) les Conseils votent la Loi des otages.


Texte de la loi
Les administrations des départements troublés par des assassinats politiques ou des émeutes pourront arrêter comme otages, les nobles, les parents d'émigrés et les ascendants des présumés coupables. Ces otages seront civilement responsables des indemnités dues aux victimes et des récompenses accordées aux agents de la répression. Des commissions d'enquête sont créées pour examiner la conduite des anciens Directeurs, Jean-François Rewbell, Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux, Philippe-Antoine Merlin de Douai, Jean-Baptiste Treilhard ainsi que celle du général Barthélemy Louis Joseph Schérer.

Ce qu'a fait le Roi martyr et dire qu'il a été traité de Tyran par de vrais Génocidaires et de vrais Tyrans qui ont martyrisaient le peuple sous leur Gouvernement

UN ROI PAS SI NUL

En novembre 2005, le mensuel “L’Histoire” intitulait son éditorial “Un roi pas si nul", en ouverture d’un dossier sur Louis XVI. On a oublié que ce monarque, dont l’exécution a marqué profondément l’Histoire de France, a réalisé de nombreuses réformes , surtout avant 1789. La liste ci-dessous, volontairement sans aucun ordre, est inspirée en partie de l'ouvrage "Louis XVI a la parole", de Paul et Pierrette Girault de Coursac.

Louis XVI décida de soulager son peuple, en le dispensant du droit de joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.
Louis XVI créa le corps des pompiers.
Louis XVI autorisa l'installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.
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Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l'usure et venir en aide aux petites gens.
Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.


Louis XVI décida d'aider l'abbé de l'Épée dans son œuvre pour l'éducation des "sourds-muets sans fortune", auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l'avis de l'archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
Louis XVI dota l'école de Valentin Hauÿ pour les aveugles.
Louis XVI donna l'ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs anglais et obtint la réciprocité pour les pêcheurs français.
Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l'autorisation de leur mari ou tuteur.
Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis "comme les propres sujets du Roi", 90 ans avant la première Convention de Genève.
Louis XVI décida d'abolir le servage et la mainmorte dans le domaine royal, et le droit de suite qui permettaient aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.
Louis XVI ordonna l'abolition de la question préparatoire et préalable (torture). medium_Louis_XVI_sacre.jpg
Louis XVI accorda, le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l'élection des députés de l'Assemblée des Etats Généraux.
Louis XVI décida de faire construire à ses frais des infirmeries "claires et aérées" dans les prisons.
Louis XVI s'inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant leur procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu'un droit d'annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès.
Louis XVI supprimera de très nombreuses charges de la Maison du Roi (plus du tiers).
Louis XVI permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements de l'Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le premier l'expression de "justice sociale".
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd'hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.
Louis XVI créa le Musée des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.
medium_Louis_XVI_Lapérouse.jpgLouis XVI fonda l'École des Mines.
Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d'aérostation des frères Montgolfier.
Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy pour l'adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
Louis XVI décida et prépara l’expédition de Lapérouse autour du monde (août 1785).
Louis XVI soutint Parmentier dans ses efforts pour populariser la culture de la pomme de terre en 1787.
Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.
Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.
Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
Louis XVI demanda l'établissement annuel de la balance du commerce.
Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.
Louis XVI accorda l'état-civil aux non-catholiques.
Louis XVI créa l'École de musique et de danse de l'Opéra de Paris et le Musée du Louvre.

mardi, 20 mai 2008

Reconstitution sur les guerres de Vendée où était présent le Choeur de Chouans

mardi, 13 mai 2008

La démocratie est-elle la fille de la Révolution française ? par Yvan Blot

La Révolution française n'a pas créé la démocratie. L'a précédée la « révolution américaine » qui est moins une révolution qu'une guerre d'indépendance, et a instauré une démocratie sans recourir au bouleversement idéologique.

Et que dire de la Suisse ! Qu'est-ce alors que la Révolution française ? D'abord une Révolution idéologique de caractère anti-chrétien. Sa dimension religieuse lui a donné son pouvoir de fascination et son influence. Nous le montrerons en trois points : 1. Une révolution largement anti-chrétienne ; 2. Le génocide vendéen ; 3. Le culte de l'État issu de la Révolution - et conclurons par une observation sur le rapport ontologique révolution /démocratie.


Une révolution largement anti-chrétienne
Selon François Furet, « la Révolution française est devenue la mère d'un événement réel » qui « a un nom : octobre 1917 et, plus généralement, Révolution russe ». Dès 1920, Mathiez souligne la parenté entre les gouvernements montagnard (juin93-juillet94) et bolchevique - deux dictatures nées de la guerre civile et de la guerre étrangère, deux dictatures de classe opérant par la terreur, la réquisition, les taxes et se proposant, en dernier ressort, la transformation de l'humanité.
Dès le début, la Révolution française se veut « rupture totale avec le passé réel été dans les ténèbres de la barbarie ». Sieyès notamment parle d'« Ancien régime » dès l'été 1789. La monarchie « absolue » dispose que le souverain ne rend compte qu'à Dieu. Du coup, note Furet, « il a l'obligation de se conduire en souverain chrétien. De plus, il y a comme en Angleterre un corps de principes coutumiers : la foi catholique du souverain, le respect de la liberté et de la propriété des sujets, l'inaliénabilité du domaine royal. Au-dessus des lois mais soumis à des lois, le roi de France n'est pas un tyran. La monarchie française, état de droit, ne doit pas être confondue avec le despotisme, pouvoir sans frein d'un maître ». La base de l'Ancien Régime est la religion, c'est elle qu'il faut abattre. Il y a dans la philosophie française des Lumières un élan anticlérical et anti-catholique sans équivalent dans la pensée européenne. Hume, athée, vit en paix avec les religions ; Voltaire, déiste, fait la guerre à l'Église catholique. Mais le vrai moteur de la Révolution est ailleurs, dans la revendication égalitaire.
Le penseur majeur en est Sieyès, prêtre aigri. Son pamphlet, de 1788, l'Essai sur les Privilèges donne le la de ce qui, dès 1789, sera le ressort révolutionnaire, la haine de l'aristocratie. Sieyès attaque les privilèges au nom de la raison, de la science, fonde une société d'individus libres, la « nation ». Dans Qu'est ce que le Tiers-État ? il livre « le grand secret de la Révolution, ce qui va constituer son ressort le plus profond, la haine de la noblesse ». Moins penseur qu'homme de ressentiment, « en vidant la querelle de sa vie avec les gens bien nés, il a touché la passion la plus forte de l'opinion qui se retrouve en lui ». Le fruit était mûr. Selon Furet, « entre mai et août 1789, tout l’Ancien Régime s'est effondré. ( ... ) Les Français o n t fait du rejet de leu r passé national le principe de la Révolution. Une idée philosophique s'est incarnée dans l'histoire d'un peuple ».
La violence éclate dès le 14 juillet. Nul n'ignore la capitulation de la Bastille devant les canons pris aux Invalides, le gouverneur Launay, puis le prévôt des Marchands Flesselles assassinés, les premières têtes coupées fixées à des piques... Cette violence, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, votée le 26 août par l'Assemblée constituante, ne l'enraye pas. Mounier' s'en inquiète et demande une déclaration compensatrice des « devoirs du citoyen » ; il craint l'anarchie. Si la déclaration américaine de 1776 est présente à tous les esprits, beaucoup mesurent l'abîme qui sépare la situation du vieux Royaume de celle des ex-colonies britanniques peuplées de petits propriétaires aux traditions responsables. La Déclaration de 1789, comme la déclaration américaine, énonce des droits naturels. Or, si, dans le précédent américain, ces droits (pour la plupart issus de la tradition de la Common Law anglaise) sont perçus comme précédant la société et en harmonie avec son développement, dans la France de 1789 l'accent est mis sur le « volontarisme politique » : la loi produite par la « raison souveraine » est placée en suprême garantie des lois. La porte est ouverte au constructivisme et à l'étatisme
S'ajoute, dès 1789, la rupture entre le nouveau régime et la religion traditionnelle. En dépit des Lumières et même si que la démocratie naissante substitue « les droits de l'homme » au monde selon l'ordre divin, la rupture n'est pas délibérée. Si la religion est atteinte par la liquidation de l'Ancien régime, la révolution initialement n'a pas l'intention de substituer une nouvelle religion à l'ancienne. Mais « en déracinant l'Église catholique de la société » - le mot est de Furet -, en la privant sans indemnité de ses biens, la révolution a brutalement séparé démocratie française et tradition catholique. La mesure en scandalise plus d'un. Les choses ensuite vont vite. En février 1790, quatre mois après la mise à la disposition de la Nation des biens du clergé (pour rembourser l'abyssale dette nationale), l'évêque de Nancy veut faire reconnaître le catholicisme comme religion nationale : motion écartée, quand l'Assemblée adopte la constitution civile du clergé contestée par la majorité des ecclésiastiques. En avril 1791, Louis XVI est empêché de quitter Paris pour aller recevoir à Saint-Cloud la communion d'un prêtre de son choix. Philosophie de la liberté ? Furet : « Les hommes de la Révolution ont pensé la nation à partir de l'expulsion de l'aristocratie, étrangère à la communauté. (Le conflit armé va superposer ennemi intérieur et ennemi extérieur (La philosophie des Lumières cosmopolite n'avait conquis qu'un public restreint. ( ... ) Sous sa forme la plus démocratique, elle pénètre les masses populaires par un canal imprévu, le sentiment national». Par la synthèse d'un messianisme d'idées et de la passion nationale, la Révolution intègre les masses à l'État. La guerre voulue et déclarée par l'Assemblée au « roi de Bohême et de Hongrie», le 20 avril 1792, va démocratiser la gloire ! Le 10 août, le roi Louis est arrêté. Le 21 septembre, la Convention, élue au suffrage universel (seuls les militants révolutionnaires osent voter), proclame la République. Le pouvoir y sera toujours aux mains de minorités.

À La Convention, un décret rapporté Par Barère ordonne le Génocide Vendéen...
L’affaire de Vendée souligne la passion religieuse de la Révolution. Le ressort insurrectionnel y est religieux : les nobles ne paraissent qu'en acteurs tardifs ; si le roi est invoqué, il est induit de l'appel à Dieu, à la tradition catholique. L'été 1793, la dictature du Comité de Salut Public est instaurée. Terreur et vertu sont à l'ordre du jour. Le gouvernement, par obsession idéologique, règne en faisant planer la peine de mort sur ses serviteurs comme sur tout citoyen. Le 1" août 1793, à la Convention, un décret rapporté par Barère ordonne de détruire la Vendée. Il sera appliqué à partir de janvier 1794. La guerre civile devient terreur organisée depuis Paris dans l'intention de détruire, outre les rebelles, population, fermes, cultures et autres « berceaux de brigands ». La guillotine ne suffit plus; dès décembre 1793, Carrier a recouru aux noyades collectives. Les troupes républicaines, divisées en « colonnes infernales », ont mission de brûler sur leur chemin toute habitation et d'exterminer les populations. L'opération dure jusqu'en mai 1794. Barère déclare à la Convention : « Le Comité, d'après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle. L'humanité ne se plaindra pas, c'est faire son bien que d'extirper le mal » ; et Tureau, commandant en chef de l'Armée de l'Ouest: « Je vous donne l'ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d'être brûlé et de passer au fil de l'épée tout ce que vous rencontrerez d'habitants ». Un camp d'extermination est créé à Noirmoutier, un atelier de tannage de peau humaine à Pont-de-Cé. Pierre Chaunu a observé « Si nous n'avons jamais eu d'ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée ». U article L 211 -1 de notre Code pénal le stipule : « Constitue un génocide le fait en exécution d'un plan concerté tendant à la destruction partielle ou totale d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ( ... ), de commettre l'un des actes suivants : atteinte à l'intégrité physique ou psychique, etc. ». Il y a eu un génocide vendéen.

La terreur n'est pas liée à la situation militaire qui s'est redressée, ni aux pressions populaires. Selon Furet, « la Révolution française ne pense les résistances réelles ou imaginaires qui lui sont opposées que sous l'angle d'un gigantesque et permanent complot qu'elle doit briser sans cesse ». C'est pourquoi « la Terreur est ce régime où les hommes au pouvoir désignent les exclus pour épurer le corps de la nation. Les paysans vendéens ont eu leur tour, Danton attend le sien ». Ce constat ne signifie pas qu'il n'y a pas de différence entre 1789 et 1793, mais la culture politique qui conduit à la terreur existe dans la Révolution française dès l'été 1789. En même temps, la déchristianisation se déchaîne, anarchique. Voyez le journal d'Hébert, Le Père Duchesne, et des représentants en mission, comme Fouché à Nevers, mènent une campagne d'extirpation du culte catholique, saisi comme pratique liée à la malédiction de l'Ancien Régime. La Commune de Paris s'en mêle avec ses mascarades antireligieuses, la fermeture des églises. Un anticléricalisme populaire urbain trouve dans la Révolution un culte de substitution et la majorité de la Convention qui adopte le calendrier républicain est antireligieuse.

Au printemps 1794, la Terreur s'institutionnalise : le décret du 27 germinal (16 avril) centralise la justice à Paris ; la loi du 22 prairial (10 juin) supprime l'instruction, fonde l'accusation sur la seule dénonciation, enlève à l'accusé l'assistance d'un avocat et autorise les juges à ne pas entendre de témoins. Robespierre soutient le texte. « Cette sévérité n'est redoutable que pour les conspirateurs, les ennemis de la Liberté! » La Liberté reste fondement idéologique, mais la répression s'emballe : 1 500 exécutions du 10 juin à la chute de Robespierre, le 9-Thermidor, fin juillet. Robespierre arrêté, guillotiné, on compte parmi les vainqueurs du jour, Carrier, Collot d'Herbois, Barère. Les règlements de compte se succèdent au sommet de l'État impuissant, le personnel ne change pas. La Liberté ? « Les députés savent désormais qu'un pouvoir plus oppressif que l'ancienne monarchie absolue peut régner en son nom. » (Furet) Sieyès dit qu'il faut se méfier des idées de « Rétotale » (sic) qui remplacent la République ! Bonaparte remettra de l'ordre, en 1799, déclarera devant le Conseil d'État: « Nous avons fini le roman de la révolution; il faut en commencer l'histoire, ne voir que ce qu'il y a de réel et de possible dans l'application des principes et non ce qu'il y a de spéculatif et d'hypothétique ». Propriété, famille, ordre, religion.

Le culte de l’état issu de la Révolution
«Derrière la célébration du salut public, il y a non seulement l'investissement patriotique et l'amour de la France menacée et sauvée, mais plus simplement le culte de l'État sous toutes ses formes, qu'il s'agisse de son rôle militaire, économique, politique, pédagogique et même religieux » (Furet). « La loi est l'expression de la volonté générale », dit l'article 6 de la Déclaration des droits de 1789. Si la loi crée les droits, la porte est ouverte à l'étatisme. De là, l'ambiguïté de ce texte plutôt théorique qui, selon les articles mis en avant, est favorable soit au libéralisme soit à l'étatisme. Ainsi, dit Furet, « personne ne peut comprendre le rayonnement qu'a eu l'idée communiste en France à partir de 1920, sans prendre en compte ce qu'il doit au précédent Jacobin ». Le républicain Edgar Quinet, au XIXe siècle, redoutait que l'Europe ne produisît « d'immenses démocraties serviles qui graviteront vers l'arbitraire d'où elles sortent et où elles rentrent ». On retrouve au XIXe siècle cette volonté de reconstruire rationnellement le social ; elle est commune, dans la ligne de Robespierre, à Lénine et à Hitler. La rupture historique, c'est 1789, non 1917. Raison au pouvoir, science au pouvoir, même idée qui mène au nihilisme. Furet encore: « La révolution communiste qui n'a pas d'autre jin qu'elle-même et d'autre juge que ce qu'elle dit d'elle-même ne laisse aucun principe debout. Elle n'est définie que pars on cours ; or celui ci lorsqu'il a bénéficié d'une longue durée comme c'est le cas soviétique, a déchiré tout le tissu social ».

À partir de ses analyses sur la Révolution française, l'historien examine le fascisme et le communisme, ennemis de la démocratie libérale. « Ce sont des épisodes courts encadrés par ce qu'ils ont voulu détruire. Produits de la démocratie, ils ont été mis en terre par elle. ( ... ) S'il n'y a pas avant le XXe siècle de gouvernement ou de régime idéologique, on peut dire que Robespierre en a esquissé le dessein au printemps 1794 avec la fête de l’Être suprême et la grande Terreur » Robespierre, Hitler, Lénine et leurs régimes ont d'abord suscité un immense espoir et attiré les intellectuels. Ils ont mis l'homme à la place de Dieu - c'est flatteur ; se sont appuyés sur un sentiment national exacerbé qu'ils coupèrent de la morale traditionnelle, prétendant en incarner une nouvelle. Leur révolution est une promesse de bonheur collectif, fondé sur le culte de la volonté et de la raison, ou de la science. Cette révolution entend créer un « homme nouveau », lui apporter le salut, elle remplace ou prétend remplacer la religion. La démocratie n'est pas la fille de la révolution, mais la révolution est le produit, sinon de la démocratie, de certaines idées démocratiques de type « constructiviste » qui finissent par tout détruire - à commencer par la démocratie. La France de 1789 veut imiter les États-Unis et l'Angleterre qu'elle comprend mal; ses principes philosophiques anti-religieux, conscients ou non, vont la conduire sur une tout autre voie.

Analyse métaphysique de la Révolution
L’analyse historique appelle un examen métaphysique, afin de cerner l'essence de la Révolution, qui lui a donné un sens et explique sa dynamique interne. La Révolution française a pour socle, la raison. Son rationalisme critique s'attaque aux valeurs qui lui semblent non fondées en raison, ouvrant la porte à un nihilisme moral où la violence inhérente à toute révolution va s'engouffrer. Appliqué aux hommes, ce rationalisme réducteur engendre égalitarisme de masse, volonté de nivellement et dérive nécessairement vers le totalitarisme. Appliqué à la religion, il installe des idoles politiques en lieu et place de la Divinité. Ce schéma révolutionnaire se radicalise au XXe siècle et prend les formes du national-socialisme et du communisme. L’idéologie révolutionnaire débouche nécessairement sur l'inhumain, car sa force interne vient de la mobilisation de sentiments dévoyés exacerbés. Son socle, la considération, dans la froideur absolue, de principes abstraits. Robespierre l'incarne parfaitement. Le moteur éthique est la haine - de l'aristocratie et du clergé notamment. La Révolution flatte l'orgueil de l'homme qui se prend pour Dieu et veut tout recréer à sa manière. L’égalitarisme (cause motrice) se traduit par l'envie qui stimule la haine. Ce schéma de l'inhumanité révolutionnaire explique tant les massacres de Vendée que ceux de la Seconde guerre mondiale, ce prix qu'il convenait de payer pour forger un homme nouveau. Péché prométhéen !
Un texte de Heidegger intitulé Koinon et consacré à l'essence du communisme, montre que si la révolution dite démocratique entend formellement répondre à d'authentiques aspirations démocratiques, telles la liberté et l'égalité, démocratie et révolution sont ontologiquement (ou métaphysiquement) incompatibles, car la pratique révolutionnaire condamne sans appel les fins démocratiques que la révolution prétend poursuive. En voici un extrait. « Philosophiquement, cette situation (la guerre) correspond à l'avènement de la puissance pour la puissance comme actrice déterminante du Jeu mondial. La puissance est aujourd'hui l’Être de l'étant. En tant qu'Être de l'étant, la puissance s'est annexé la moralité comme moyen. La sauvegarde des valeurs ou l'intérêt du peuple sont des prétextes au service de la puissance. Si nous n' croyons pas, c'est que la propagande fonctionne mal. La puissance a besoin de l'apparence du droit, mais en même temps elle ne tolère aucun obstacle et les objectifs peuvent donc changer au gré de ses caprices. La puissance ne tolère l'étant que s'il est utilisable, donc planifiable et constructible. L'homme aussi doit être utilisable et son humanité peut alors s'avérer gênante. La mobilisation implique que tous soient interchangeables. Lorsque la puissance devient l’Être de l'étant, l'homme devient une matière première, une "ressource". »
C'est par essence que la Révolution n'a rien à voir avec la démocratie. Elle la détruit; la puissance qu'elle déchaîne ne saurait être contrôlée par le peuple. En même temps, elle ne peut naître que sur un terrain préparé par la démocratie dans la mesure où celle-ci, comme l'a vu Tocqueville, fait la part belle au mythe égalitaire. Il faut que d'autres forces s'opposent à ce mythe, pour que la démocratie ne bascule pas dans la révolution. C'est ce qui s'est produit aux USA et en Suisse, où les forces traditionnelles, notamment religieuses, font barrage à une idéologie rationaliste à tendance totalitaire. La démocratie n’est pas la fille de la Révolution française, mais la Révolution de 1917 en Russie, le fascisme, le nazisme en sont bien issus

 

Source: La restauration Nationale

mardi, 22 avril 2008

La Carmagnole de Fouquier-TInville chant royaliste de 1795

La Carmagnole de Fouquier-Tinville

air de : la Carmagnole


refrain

Vive la guillotine
Pour ces bourreaux (bis)
Vive la guillotine
Pour ces bourreaux vils fléaux.


Fouquier-Tinville avait promis (bis)
De guillotiner tout Paris (bis)
Mais il en a menti
Car il est raccourci.

Ce monstre fit assassiner (bis)
Souvent sans même les juger (bis)
Vieillards, femmes, enfants,
Jeunes adolescents.

Il fit bien mettre en jugement (bis)
Et condamner injustement (bis)
Le comte de Fleury
Dont il fut l'ennemi.

Sans acte d'accusation (bis)
Avec précipitation (bis)
Il fit couler le sang
De plus d'un innocent.

Ennemi des bons citoyens (bis)
Il employait tous les moyens (bis)
Pour les faire périr
C'était là son plaisir.

Ce barbare, cet inhumain (bis)
Des humains ce vil assassin (bis)
Choisissait pour amis
Nos plus grands ennemis.

BHVP n°9312

Texte d'origine royaliste, cette carmagnole exprime quand même l'opinion générale au regard de ce "fonctionnaire sans défaut". Accusateur public, Fouquier-Tinville est en grande partie responsable des charrettes de condamnés. Lors de son procès, il se défendit en arguant du fait qu'il ne faisait qu'obéir aux ordres. Sa condamnation démontra que la soumission à l'autorité n'excuse ni l'injustice ni les actes immoraux.

Un chant de la révolution

Conseils aux Sans-culottes ou, Remettez vos culottes

paroles de : Despréaux
air de : On doit soixante mille francs


Rhabillez-vous peuple françois
Ne donnez plus dans les excès
De nos faux patriotes ;
Ne croyez plus que d'être nu
Soit une preuve de vertu ;
Remettez vos culottes.

Distinguez donc l'homme de bien
Du paresseux et du vaurien,
Et des faux patriotes.
Peuple honnête et laborieux,
Ne vous déguisez plus en gueux ;
Remettez vos culottes.

Ne jugez jamais par l'habit
Du sot ou de l'homme d'esprit,
Ni des bons patriotes.
Bourgeois, rentiers, richards, marchands,
Feroient périr mille artisants
S'ils alloient sans culottes.

N'imitez plus, il en est temps,
Ces populaires charlatans
Pillant les patriotes.
Dieu fit l'industrie et les mains
Pour faire vivre les humains
Et gagner des culottes.

De l'homme soutenez les droits,
Mais sans désobéir aux loix,
Soyez bon patriotes.
Concitoyens, sans vous fâcher,
Cachez ce que l'on doit cacher :
Remettez vos culottes.

histoire chantée de la 1ère République. 1789 à 1799. Louis Damade, Paris, 1892

Citation de Charette sur la Patrie

« Notre patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c'est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous ? Ils l'ont dans le cerveau, nous l'avons sous les pieds... Il est vieux comme le diable, le monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur... »


De François-Athanase Charette de la Contrie

lundi, 21 avril 2008

Décret d'ALLARDE et loi LE CHAPELIER

  La révolution Française ne fut pas du tout, comme on l'affirme mensongèrement dans les écoles républicaines, une révolution du Peuple.

  Elaborée au départ dans des officines maçonniques et des "Sociétés de Pensées" composées en grande partie de gens de noblesse, c'est la bourgeoisie d'affaires voltairienne et nantie qui fut le ferment, le moteur et - finalement - la seule bénéficiaire de ce coup de force perpétré contre un régime politique qui refusait traditionnellement d'admettre l'exclusive suprématie des "gagneurs d'or" sur les représentants de toutes les autres valeurs matérielles et spirituelles de la Nation.
  La preuve irréfutable de ce que nous écrivons ci-dessus se trouve inscrite, noir sur blanc, dans un décret pris par l'Assemblée Constituante le 14 Juin 1791, décret connu sous le nom de Loi LE CHAPELIER.

le_chapelier
Isaac LE CHAPELIER

Voici les termes exacts de ce décret:

ARTICLE PREMIER

"L'anéantissement de toutes les espèces de Corporations d'un même état et profession étant une des bases fondamentales de la Constitution Française, il est défendu de les rétablir sous quelque prétexe et quelque forme que ce soit."

ARTICLE SECOND

"Les citoyens d'un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements SUR LEURS PRÉTENDUS INTERÊTS COMMUNS."

 

  En clair, et par ces quelques lignes, les soi-disant champions le LA Liberté (abstraite) étranglaient, purement et simplement, LES Libertés (concrètes) de tous les travailleurs de France, lesquels pouvaient désormais  être exploités, bafoués et maltraités à l'aise par la bourgeoisie d'affaires, sans avoir le droit de se réunir entre eux...ni même celui de tenir le moindre registre exposant leurs doléances.
   ...Il a fallut ensuite, à la classe ouvrière, plus d'un siècle de luttes farouches et souvent meurtrières pour retrouver le droit de "se nommer syndics" c'est-à-dire de se syndiquer.

  Elle n'a, du reste, pû y parvenir qu'en faisant surgir des syndicats politisés...et des syndicats patronaux, d'où d'inépuisables luttes d'influences, ainsi que des ruineuses luttes de classes dont seuls profitent les agitateurs professionnels, les politicards de tout poil et, surtout...les hautes puissances plus ou moins occultes de la Super-Finance internationale.

  C'est donc, à partir de ces faits historiques et non pas des élucubrations mensongères et intéressées des héritiers matériels et intellectuels de la Révolution, que le Corporatisme entend examiner objectivement et sans préjugé les problèmes sociaux et économique de notre temps.

  C'est également, à partir de ces faits, qui sont à l'origine de la Société matérialiste et des collectivismes financiers privés et marxistes dont l'Occident Chrétien souffre et vacille aujourd'hui, que le Corporatisme tient à tirer des conclusions et à apporter des solutions qui lui semblent valables.

  Cette Loi LE CHAPELIER, ne sera que le complément d'un décret voté le 2 mars 1791 sous la proposition de Pierre D'ALLARDE.
Le décret d’Allarde supprime les corporations, introduisant un changement radical dans l’économie et l’organisation du travail. Les corporations étaient des regroupements de personnes exerçant le même métier. Cette structure née au Moyen-Âge permettait à un corps de métiers d’exercer un monopole par secteur, souvent par ville, et d’avoir un certain poids politique. Mais elle subissait depuis le début du siècle la concurrence avec un modèle industriel capitaliste reposant sur la libre concurrence. Renforcée par la loi Le Chapelier, ce décret permet ainsi de modifier l’économie (capitaliste) ainsi que le statut de l’employé (prolétaire). La loi Le Chapelier sera aussi l’occasion d’interdire le droit de grève.

source: http://croixlyspeine.canalblog.com/

jeudi, 17 avril 2008

Executions à Paris sous la révolution par classes et par âges

Tableaux résumants les exécutions qui ont eu lieu à Paris
Pendant la période révolutionnaire
14 juillet 1789 au 21 octobre 1796.

Age des executés nombre
Au dessous de 18 ans 22
De 18 à 20 ans 45
De 20 à 25 ans 336
De 25 à 50 ans 1 669
De 50 à 60 ans 528
De 60 à 70 ans 103
Au-dessus de 80 ans 9

 

 

 

 

 

 

 

Hommes 2548
Femmes 370
Total 2918

 

 

 

Professions et conditions des exécutés nombre
Membres de l'épiscopat, évêques, archevêques, coadjuteurs 6
Maréchaux de France et lieutenants généraux 25
Magistrats,membres des anciens parlements 245
Ecclésiastques, prêtres, moines, religieux, etc 319
Membres de l'Assemblée constituante et législative 39
Membres de la Convention 45
Membre de la Commune de Paris 73
Professions libérales : financiers, avocats, médecins, notaires, employés 479
Nobles des deux sexes en dehors des désignations précédentes officiers et soldats 365
Hommes et femmes de lettres 25
Artistes 16
Marchands des deux sexes 275
Artisans et artisanes 391
Domestiques des deux sexes : cochers, jardiniers, etc 129
Laboureurs et cultivateurs 105

Quand la 1ère totalitaire de 1793 génocidait

LOI DU 20 AVRIL 1793 :

« La Convention déclare qu’appuyée sur les vertus du peuple français, elle fera triompher la République démocratique et punira sans pitié ses ennemis. »

LOIS DU PREMIER AOUT 1793 :

Article VI : « Il sera envoyé par le ministère de la Guerre des matières combustibles de toute espèce pur incendier les bois, les taillis et les genêts.

Article VI : « les forêts seront abattues, les repaires des rebelles seront détruits, les récoltes seront saccagées par les compagnies d’ouvriers pour être portées sur les derrières de l’armée et les bestiaux seront saisis.

Article XIV : « Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République : il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui sont demeurés fidèles, à la partie des pertes qu’ils auraient soufferts.
DECRETS DU PREMIER OCTOBRE 1793 :

« La Convention nationale compte sur le courage de l’Armée de l’Ouest et des généraux qui la commandent pour terminer d’ici le 20 octobre l’exécrable guerre de la Vendée. La reconnaissance nationale attend l’époque du 1er novembre pour décerner des honneurs et des récompenses aux armées et aux généraux qui, dans cette campagne, auront exterminé les brigands. »

« Soldats de la Liberté, il faut que tous les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d’octobre. Le salut de la patrie l’exige, l’impatience du peuple français le commande, son courage doit l’accomplir ; la reconnaissance nationale attend à cette époque tous ceux dont la valeur et le patriotisme auront affermi sans retour la liberté et la république. »

« Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la république. » GARNIER DE SAINTES

« Il convient de faire de la Vendée un grand cimetière national, afin de purger entièrement le sol de la liberté de cette race maudite. » Général TURREAU

« Je n’ai point fait de prisonniers. Les soldats de la liberté étaient trop indignés par l’audace de cette horde d’esclaves qui ont osé les déranger de leur dîner. » Général MIESKOWSKI

« Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des vendéens. » BARERE

« Le département qui a trop longtemps porté l’effroyable et perfide nom de Vendée, n’est en ce moment qu’un monceau de cendres et un vaste désert. » BARERE le 5 novembre 1793

« Il n’y a plus de Vendée ! Citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais de Savenay, suivant les ordres que vous m’avez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs points, ils font des pyramides. » Général François WESTERMANN

Par décret du 2 août 1793, la Convention a ordonné la destruction systématique et l’incendie de tout le pays, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort des rebelles. (Liberté, Egalité, Fraternité, Droits de l’Homme …)

Décret du 1er novembre 1793, sur rapport de Barère : « Toute ville qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme une ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. »

Rapport de l’adjudant général Rouyer : « Nous fusillons tout ce qui tombe sous notre main, prisonniers, blessés, malades aux hôpitaux.»

Consignes du général Turreau qui commande les « colonnes infernales : « Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. Je le répète, je regarde comme indispensable de brûler villes, villages et métairies ; avec leurs habitants, s’il se peut. »

Rapport du commandant de la deuxième colonne au général Turreau : « Je continue de brûler et de tuer toux ceux qui ont portés les armes contre nous. Cela va bien, nous en tuons plus de cent par jour, enfin tous ceux que nous croyons nos ennemis. »

Lettre du représentant Francastel au Comité de Salut Public : « Le fer et la flamme n’ont pas encore été assez employés dans ce maudit pays. »


« CHAUX accuse le comité révolutionnaire, dont il a été un des membres, d’avoir fait noyer ou fusiller quatre cents à cinq cents enfants dont les plus âgés n’avaient peut-être pas quatorze ans. : « J’avais engagé plusieurs de mes amis à élever chez eux plusieurs de ces petits innocents et le lendemain, allant à l’Entrepôt pur les prendre, ces malheureux n’existaient plus. Ils avaient tous été noyés (…) ayant reçu l’ordre de la commission militaire d’aller constater la grossesse d’un grand nombre de femmes détenues à l’Entrepôt, je trouvai une grande quantité de cadavres épars ça et là ; je vis des enfants palpitants noyés dans des baquets pleins d ‘excréments humains (…) Je constate la grossesse de trente d’entre ces femmes ; plusieurs étaient grosses de sept à huit mois. Quelques jours après, je reviens voir ces femmes que leur état devait sauver, ces malheureuses avaient été noyées… »

« Vous voyez ces femmes, ces mères malheureuses précipitées dans les flots avec leurs enfants. L’enfance, l’aimable enfance, dont le bonheur est de ne trouver que des amis parmi les êtres sensibles, de n’inspirer que les plus doux intérêts, d’attendrir par un seul de ses regards, devient l’objet de la plus impitoyable rage. Un crime, que les fureurs de la guerre rendent à peine croyable, est commis de sang froid dans Nantes armée pour la patrie. Des enfants de dix, de cinq, de deux ans, des enfants à la mamelle sont massacrés ou noyés. Je vois ces infortunés tendant vers leurs bourreaux leurs bras innocents, leur souriant sur le sein qui les porte et dont un bras féroce les arrache. Je les vois se débattre aux cris de leurs mères qui les appellent encore. J’entends ces malheureuses s’écrier, l’une : « Laissez-moi mon fils, barbares ! Je mourrai avec lui », et les monstres précipitent et l’enfant et la mère ; l’autre recommander le sien aux citoyens sensibles qui l’adoptent et leur dire : « Mon enfant et entre vos mains, je meurs contente. » Je vois le fleuve rapporter sur ses bords une femme tenant encore son enfant mort sur son sein, une fille les bras entrelacés autour de sa mère. Quelles images ! (…)

Je passe sur la place où est l’instrument du supplice. Je vois un jeune enfant de treize ans sur l’échafaud ; il dit à l’exécuteur ce mot déchirant : « Me feras-tu bien du mal ? » il est lié sur la planche fatale dont les proportions indiquent à ces barbares que la justice n’y attache par des enfants. Son corps atteint à peine la ligne qui répond à la direction du couteau. Le coup tombe… Je vous épargne le reste de cet affreux tableau.

Ailleurs, ce sont moins des supplices injustes que des scènes de carnage ; ce sont des hommes, des femmes ou des enfants que l’on fusille ou que l’on déchire à coups de sabres et de baïonnettes. Ce sont des prisonniers qui se sont rendus volontairement, qui sont venus offrir de ramener neuf ou dix mille des leurs si on voulait leur pardonner et qui offraient en même temps de rester pour otages ; ce sont des rebelles, ou plutôt des malheureux que l’on qualifie ainsi sans avoir constaté l’identité des individus, et ce sont encore des enfants !car ces infortunés sont partout voués à la mort. » TRONSON-DUCOUDRAY

« La postérité ne croira jamais que des hommes qui avaient sans cesse à la bouche les saints noms de liberté, d’égalité, de fraternité aient pu se livrer contre leurs frères à des atrocités semblables. » Citoyen BENABEN dans un rapport au commissaire du Maine-et-Loire, publié en 1795

« Il est impossible que la République puisse se maintenir si la Vendée n’est pas entièrement réduite sous le joug. Nous ne pourrons nous-mêmes croire à notre sûreté que lorsque les brigands qui infestent l’ouest depuis deux années auront été mis dans l’impuissance de nous nuire et contrarier nos projets, c'est-à-dire lorsqu’ils auront été exterminés. C’est déjà un sacrifice trop honteux d’avoir été réduits à traiter de la paix avec des rebelles ou plutôt avec des scélérats dont la très grande majorité a mérité l’échafaud. Sois convaincu qu’ils nous détruiront si nous ne les détruisons pas. (…) Il faut, s’il est nécessaire, employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons. » courrier signé de sept conventionnels (Tallien, Treillard, Sieyès, Doulcet, Rabaut, Marec, Cambacérès) expédié au représentant du peuple Guezno

« La Vendée est exténuée, sa population étonnamment réduite, le fer et la flamme ayant laissé de terribles signes de dévastation. » BERNADOTTE

« Le public, sur la Révolution, a son parti pris, son opinion est faite. Cette opinion a commencé à se former en 1825 et 1830 après la retraite ou la mort des témoins oculaires : eux disparus, on a pu persuader le bon public que les crocodiles étaient des philanthropes, que plusieurs d’entre eux avaient eu du génie, qu’ils n’ont guère mangé que des coupables et que si parfois ils en ont trop mangé, c’est à leur insu, malgré eux ou par dévouement, sacrifice d’eux-mêmes au bien commun. » TAINE

« La violence des révolutionnaires visait à l’extermination des Vendéens, tous sexes ou âges confondus, indépendamment des considérations militaires. Les destructions ne se sont pas bornées aux inévitables débordements de guerre, mais ont pris un caractère systématique. Il ne s’agissait pas de rétablir l’ordre, mais de « nettoyer » la région. Et la décision a été prise au plus haut niveau. » Reynald SECHER

« En inventant les camps de concentration pour les prêtres réfractaires (Rochefort), les camps d’extermination pour les Vendéens (Noirmoutier) et les tanneries de peaux humaines (Ponts-de-Cé), c’est au nom de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité que la République française a préfiguré la Shoah par le génocide du peuple vendéen et la haine de l’autre. » Jean Marc YRONDE
« Dans l’histoire de l’Europe moderne, c’est la Révolution française qui la première fit passer dans la réalité l’idée d’exterminer une classe ou un groupe. » ERNST NOLTE, historien

« La dernière pierre que l’on arracha à la Bastille servit de première pierre aux chambres à gaz d’Auschwitz. » Israël ELDAD Historien juif.