mardi, 22 avril 2008

Fusillade à Caen

Meurtrier présumé d'une femme de 39 ans, soupçonné d'avoir samedi blessé au revolver

 

et au couteau deux trentenaires caennais, Yvan Antic, 35 ans, était hier soir toujours recherché.

L'audition des victimes et des témoins permet de mieux tracer la trame du drame qui s'est produit samedi dans un appartement du quartier populaire, le Chemin-Vert, à Caen. Ex-ami de Corinne Roux, 39 ans, Yvan Antic a plusieurs fois harcelé au téléphone ou par SMS, cette dernière et son compagnon, Jérôme Rousset, 35 ans. Ce dernier s'est plaint au commissariat selon le parquet de Caen.

 

Convoqué par la police, mais pour d'autres faits, Yvan Antic veut une explication avec le couple. Prudente, Corinne Roux n'ouvre pas la porte de l'appartement. Au bas de l'escalier, Yvan Antic croise Jérôme Rousset qui rentre chez lui et l'invite à le suivre.

Revolver et couteau de chasse

Dans le logement se trouve un ami de passage, Jérôme Costard, 39 ans. La discussion dégénère : Yvan Antic sort un revolver. « Il tire sur Jérôme Rousset, blessé à la mâchoire, puis sur la femme. Touchée à l'abdomen, elle décède. L'agresseur braque ensuite son arme sur l'ami de passage. L'arme se bloque. Yvan Antic sort de sa ceinture un couteau de chasse et frappe sa victime au bras, au dos et à la cuisse », relate François Nicot, procureur de la République. Les blessures de la troisième victime expliquent les larges traces de sang retrouvées dans l'appartement, le couloir, l'escalier et les alentours.

L'agresseur présumé quitte les lieux avec son revolver. Avant ou après les faits, il aurait fait part de son intention de mettre fin à ses jours en remettant téléphone portable et documents d'identité à un proche. Depuis samedi après-midi, Yvan Antic reste introuvable. Les perquisitions à son domicile et chez une amie sont restées vaines. Des policiers ont parcouru les rives de l'Orne entre les deux viaducs enjambant l'Orne et le canal de Caen à la mer : également en vain. Un hélicoptère pourrait prochainement procéder à des recherches.

La violence de l'agression et la disparition du suspect tendraient à confirmer une personnalité décrite comme dangereuse : Yvan Antic fait l'objet, selon le procureur, d'un suivi psychiatrique : « Il a été condamné à deux reprises pour des violences avec arme. » S'y ajoutent des poursuites pour dégradations, tapage nocturne et vol à l'étalage.

En février 2002, Yvan Antic a été condamné par le tribunal de Caen à 18 mois de prison pour trafic de stupéfiants. Il était jugé comme fournisseur : dans une « planque », les policiers avaient découvert cinq plaquettes de résine de cannabis et des armes. Et dans le studio, où il vivait : 2 000 € en liquide, des cartes de téléphone portable, une balance électronique. Encore une arme et un scanner, appareil branché sur les fréquences radio de la police. Depuis 2004, les messages radio de la police sont cryptés.

source: Ouest France