jeudi, 12 juin 2008

Histoire de la Normandie par Jean Mabire et Jean-Robert Ragache

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La Normandie... c'est d'abord l'aventure de ceux qui ont donné leur nom au pays: les hommes du Nord, entrés dans l'histoire et la légende sous le nom de Vikings.

Depuis l'accord de 911, obtenu par Rolf le Marcheur à Saint-Clair-sur-Epte, les Normands n'ont cessé de se vouloir "premiers partout". Ils ont conquis l'Angleterre, régné en Sicile et fondé, avec leur duc-roi Guillaume, le premier Etat moderne à la fin du XIe siècle. Une position géo-politique exceptionnelle sur les rivages de la mer la plus fréquentée du monde fait de la terre des Normands le pont naturel entre le continent européen et l'Angleterre. Annexés en 1204 par Philippe-Auguste, ils seront déchirés longtemps entre Français et Anglais, avant de participer, bon gré mal gré, aux querelles qui agitent la France: réformés contre ligueurs, nu-pieds contre dragons, intendants contre parlementaires, fédéralistes contre jacobins. Outre-mer, ils ont découvert les Canaries, touché le Brésil et l'Insulinde, conquis la Floride, exploré la Louisiane, peuplé le Canada. A partir de 1945, ils reconstruisent leurs villes ravagées, continuent à "faire valoir" les campagnes et connaissent l'aventure industrielle de la Basse-Seine.

Depuis La Chanson de Roland, les Normands donnent le ton aux lettres françaises avec Malherbe. Corneille, Barbey d'Aurevilly, Flaubert, Maupassant, La Varende... L'impressionnisme est né des couleurs de leur ciel. Depuis plus de dix siècles, ils ont réussi à maintenir, avec modération et ténacité, la seule vertu essentielle à leurs yeux: la liberté individuelle.

Jean Mabire est né en 1927. D'abord "imagier" puis journaliste à Cherbourg, il fonde la revue normande Viking en 1949. Critique, romancier, historien, chroniqueur, reporter, il est avant tout normand. Il collabore à Haro. Heimdal et L'Unité normande. Jean-Robert Ragache, agrégé d'Histoire, est auteur d'un mémoire sur Les Colonies marchandes castillanes en Normandie au XVe siècle. Il est l'auteur d'un ouvrage sur les expéditions maritimes des Normands depuis le temps des Vikings, et a publié, en collaboration avec Gilles Ragache, une Vie quotidienne des intellectuels sous l'occupation.


Auteur: Jean Mabire & Jean-Robert Ragache
ISBN: 2-7048-0703-5
Nombre de pages: 408

Article et Lecture  de Marc

mercredi, 11 juin 2008

Quelques Librairies en france

Librairie France Livres
6 rue du Petit Pont
75005 Paris
(à 100m. de Notre Dame)
Tel: 01 43 25 36 67
Fax: 01 43 25 44 89

Duquesne Diffusion
27 avenue Duquesne
75007 Paris
Tel: 01 45 55 87 55
Fax: 01 45 50 45 95

Editions Clovis
Rue Saint Jacques Bézégond
91150 Etampes
(Commandes par correspondance)
Tel: 01 69 78 30 23
Fax: 01 69 78 30 49

Ames et racines
11, place Saint-Louis
78000 Versailles
Tel: 01 39 51 21 50
Fax: 01 39 51 71 65

Librairie Saint-Jacmes
55 rue Saint-James
Bordeaux
Tel: 05 56 52 07 37

Au rocher de Notre Dame
55 rue du Bourg
65100 Lourdes
Tel: 05 62 42 33 27

Librairie de l'Enfant Jésus
81 rue Orves Le Mourillon
Toulon
Tél-fax : 04 94 03 06 46


Merci de nous faire connaître d'autres librairies comme ces dernières

 

dimanche, 01 juin 2008

EN REPONSE AUX TRAITRES, PAR ROGER HOLEINDRE ET PIERRE DESCAVES

 

Voici des années que les falsificateurs de l’histoire de notre pays s’en donnent à cœur joie ! Mais depuis

Les anciens soldats de l’armée française en Algérie, qui pourtant ont gagné la guerre conte le terrorisme et contre l’A.L.N., laissent ceux qui les trahirent hier, raconter leur histoire… leur combat, et de nombreuses associations s’emploient à expliquer que l’ennemi avait raison !

 

Les milieux rapatriés, touchés par les divisions, pensent toujours bien, mais sont trop divisés pour faire pression sur le pouvoir.

Ce même pouvoir qui a tétanisé le milieu harki, divisé en une kyrielle d’associations, réserve électoraliste des différents gouvernements.

 

Avec l’argent des contribuables Français, nos télévisions honorent de plus en plus souvent les tortionnaires du FLN et même les poseuses de bombes, présentées comme des héroïnes et de grandes résistantes.

 

Pourtant qu’est devenue l’Algérie prospère que nous avions laissée en état de marche à ses « libérateurs » ?

Malgré l’incroyable manne financière que rapportent à l’État FLN le gaz et le pétrole du Sahara… qui ne fut jamais algérien… l’immense majorité de la jeunesse algérienne ne pense qu’à une seule chose… débarquer en France ! Venir chez ces « affreux colonialistes » qui avaient soi-disant fait de l’Algérie un territoire soumis, dans lequel la présence française était pire que l’occupation allemande en France… dixit M. Bouteflika !

 

En voilà assez ! Comment alors expliquer que les autochtones étaient moins d’un million à notre arrivée, et près de dix millions à notre départ ?

C’est pourquoi le Cercle National des Combattants et France Résistance ont décidé de faire reparaître ce document que diffusèrent, à l’époque, les services officiels de la République française.

Ce petit livre est notre réponse à tous ceux qui mentent, qui falsifient l’histoire et la façonnent au gré de leurs idéaux nauséeux… en oubliant toujours ce qui les dérange.

Ce document est officiel, ces textes et ces photos sont irréfutables. C’est le témoignage atroce de la « guerre » que fit le FLN à la France, aux enfants de France… juifs… musulmans… chrétiens !

 

 

 

Roger HOLEINDRE                                                         Pierre DESCAVES

Président                                                                    Président

du Cercle National des Combattants                                de France Résistance

 

 

 

• Éditions ERH. 2008, ISBN : 978-2-9523128-3-7, 1 volume 16 x 24, 250 pages, 10,00 € (vente par correspondance : 14 € franco). À commander chez le diffuseur EDH, BP 2, 27 290 Pont-Authou.

dimanche, 25 mai 2008

Le Dossier Caché de Srebrenica

Le dossier caché du "génocide" de Srebrenica
     Recueil de documents
     
Editions Le Verjus

En publiant l'an passé, sous le titre "Ma vérité", la version française du plaidoyer que Slobodan Milosevic a prononcé devant le Tribunal pénal international de La Haye en introduction à sa défense, l'association Vérité et Justice ne prenait pas le parti de l'ancien président de la République fédérale de Yougoslavie, mais celui d'une information complète et équitable. Si ce procès était le "procès du siècle", comme le proclamait la presse en France et ailleurs, les comptes rendus de son audience auraient dû être constants et abondants. Or ils ne l'ont été que dans les périodes où le procureur portait ses accusations, mais pour ainsi dire jamais lorsque l'accusé démontrait leur inanité. "Ma vérité" visait ainsi à rétablir pour le public français un équilibre négligé par les chroniqueurs de La Haye. Et elle permettait dans le même temps de faire entendre sur la tragédie yougoslave une argumentation et des réalités auxquelles, durant une quinzaine d'années, les colonnes des journaux de ce pays étaient hermétiquement closes.

C'est avec le même souci de fournir une information complète que parait aujourd'hui le deuxième ouvrage de l'association Vérité et Justice, consacré, cette fois, au dossier de Srebrenica. A l'occasion du 10e anniversaire des crimes commis après la prise par les Serbes de Bosnie de cette "zone de sécurité" de l'ONU en juillet 1995, la communauté internationale a organisé, l'été dernier, dans la région du drame, une cérémonie du souvenir, en lui donnant une solennité conforme à la thèse qu'elle avait soutenue durant la décennie écoulée et qui assimilait ces crimes à la "pire horreur perpétrée en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale". En rendant compte de cette manifestation, tous les médias ont répété, sans la moindre réserve, la version officielle en l'honneur depuis dix ans et selon laquelle les forces serbes de Bosnie, après avoir pris le contrôle de la ville, avaient exécuté de sang froid de 7 à 8.000 prisonniers musulmans, aussi bien civils que militaires, selon un plan conçu à l'avance, connu et autorisé par les principaux dirigeants de la Républika Srpska, à savoir Radovan Karadzic et le général Mladic, et même par Slobodan Milosevic, président alors de la Serbie. Et dans cette présentation des faits, la tuerie n'apparaissait pas seulement comme un massacre ordinaire, mais comme un génocide caractérisé, perpétré délibérément contre la population musulmane en vue de l'éliminer de la région.
Cette version a été d'autant plus ressassée à l'occasion de la commémoration qu'elle avait été "légalisée" auparavant par le TPI.

Le 2 août 2001, la chambre de première instance du tribunal de La Haye avait, en effet, jugé que les évènements de Srebrenica en juillet 1995 constituaient un "génocide" et avait condamné pour ce crime (et d'autres) le général Ratislav Krstic, commandant une unité engagée dans cette opération, à 46 ans de prison. Certes, la chambre d'appel du même tribunal avait réduit, le 19 avril 2004, la sentence à 35 années de détention, estimant que l'officier serbe n'était coupable que "d'aide et de complicité", mais elle avait maintenu la qualification de "génocide" pour le cas de Srebrenica dans son ensemble.
La presse française a applaudi à ces deux jugements qui satisfaisaient son attente parce qu'ils justifiaient ses engagements passés. Elle a omis de signaler que son avis était loin d'être partagé par des experts de réputation mondiale.

Ainsi Michael Mandel, professeur de droit international à l'université York de Toronto déclarait, dans un texte figurant dans l'ouvrage de l'association Vérité et Justice : "L'affirmation du Tribunal qu'un génocide a eu lieu à Srebrenica, n'est corroborée ni par les faits relevés ni par le droit invoqué". Rien de moins, et il en faisait une brillante démonstration qui aurait dû, à coup sûr, retenir l'attention. Le juriste soutenait aussi : "Si le cas de Krstic (le général condamné) a un sens quelconque, il signifie qu'il n'y a pas eu de génocide à Srebrenica. La conclusion de la cour ne peut être considérée que comme une forme légale de propagande, et comme une nouvelle contribution à l'impression grandissante que le tribunal est plus un 'instrument politique' qu'une 'instance juridique', pour paraphraser son plus célèbre accusé" (Slobodan Milosevic).
Michael Mandel travaille depuis des années au sein du Srebrenica Research Group réunissant des personnalités anglo-saxonnes indépendantes décidées à faire la lumière sur le cas de Srebrenica en bannissant tous les préjugés. Ce groupe de recherche a publié récemment ses conclusions où il apparaît qu'aucune des propositions articulant la version officielle de l'affaire de Srebrenica ne résiste à un examen sérieux des faits, du nombre des victimes musulmanes jusqu'à l'accusation de génocide commis par les forces serbes de Bosnie, en passant par la préméditation et la planification, deux conditions nécessaires pour que ce crime soit constitué, et sans même parler des responsabilités remontant au sommet de la hiérarchie serbe qui ne sont jamais sorties du domaine des présuppositions du Tribunal de La Haye. Qu'il y ait eu des exécutions sommaires, donc des atrocités, ne fait aucun doute pour tous les collaborateurs du groupe. Simplement ils estiment, s'appuyant sur leurs analyses, que le nombre et la nature des victimes, ainsi que le contexte général des évènements de Srebrenica, ont été présentés de manière tendancieuse et qu'il faudrait les réexaminer sans parti pris. Et pour y parvenir, écrivent-ils, il est indispensable de replacer ces crimes à la fois dans les conditions de la guerre civile qui a ravagé cette région de Bosnie occidentale depuis 1992, et dans le déploiement par les principaux protagonistes des dispositions tactiques et stratégiques qui, durant l'année 1995, ont précédé et préparé le nettoyage des Serbes de la Krajina et la réduction, toujours par la force, des dimensions, donc aussi du poids, de la Republika Srpska, à laquelle les accords de Dayton finiront par attribuer les droits et les frontières actuelles.

"Le dossier caché du génocide de Srebrenica" réunit la traduction d'un certain nombre de textes étrangers, indispensables à la manifestation de la vérité, et sur lesquels la presse française a observé un mutisme complet, donc coupable, quelles qu'en soient les véritables raisons.

Dans une première partie figurent trois contributions du Groupe de recherche sur Srebrenica : celle de Michael Mandel sur le TPI et le concept de "génocide" ; l'analyse générale (et lumineuse) des évènements faite par le directeur du groupe, Edward Herman, de l'université de Pennsylvanie ; et, enfin, le témoignage de Philip Corwin qui a été le coordinateur des affaires civiles en Bosnie.

La deuxième partie présente les témoignages personnels du général canadien Lewis MacKenzie, premier commandant des forces de la paix de l'ONU à Sarajevo, et d'un officier portugais, Carlos Martins Branco, ancien observateur militaire de l'ONU en Bosnie et selon lequel les chefs bosniaques musulmans auraient facilité la reprise de Srebrenica par les Serbes en juillet 1995 pour pouvoir mieux les isoler sur le plan international en les culpabilisant à outrance pour les méfaits qu'ils ne manqueraient de commettre.
Dans cette même partie, on trouvera deux témoignages sur le chef musulman Nasser Oric et ses hommes qui avaient massacré des civils serbes et harcelé sans cesse cette population avant et après la création à Srebrenica d'une zone de sécurité de l'ONU.

La troisième partie est constituée par le rapport sur Srebrenica que deux organismes de la Republika Srpska (le Centre de documentation et le Bureau gouvernemental chargé des relations avec le TPI) ont rendu public le 3 septembre 2002.
C'est un document inédit car il n'a jamais pu être diffusé. Dès sa présentation, il était dénoncé avec violence par les milieux musulmans, le Haut commissaire Paddy Ashdown, l'ambassade des Etats-Unis et celle du Danemark parlant au nom de l'Union européenne. Le TPI le déclarait "scandaleux et honteux" parce qu'il ignorait "les preuves établies par le Tribunal lors du procès (en première instance) du général Ratislav Krstic pour génocide commis sur les musulmans de Srebrenica".
Le gouvernement de Banja Luka était contraint de le retirer et d'abandonner son projet de lui donner une suite. Il sera plus tard forcé de parrainer un autre rapport, autrement plus en phase avec les désirs de la communauté internationale, mais ce texte n'a pas été publié jusqu'à ce jour, sans qu'on en connaisse le vrai motif. Il était en tout cas normal que le rapport condamné de 2002 figure dans ce livre car il montre de manière indirecte ce que cette "communauté" refuse d'entendre dans son souci pragmatique d'imposer une vérité au lieu de s'intéresser à la vérité.

"Le dossier caché du génocide de Srebrenica" témoigne que l'enquête sur cette affaire est loin d'être terminée car, pour satisfaire l'esprit et le cœur, elle doit être complète non seulement sur les faits eux-mêmes, mais aussi sur leurs manipulations et sur les auteurs de celles-ci, avec leurs mobiles et leurs calculs. "L'hypocrisie, disait Péguy, est la forme la plus abjecte de la violence". C'est dans le but précis d'illustrer ces évidences que ce livre a été conçu et publié.

Kosta CHRISTITCH
source: Balkans Infos

mercredi, 14 mai 2008

Histoire anonyme de la première croisade de louis bréhier

 
Année : 1964
Editeur : Belles Lettres
ISBN : 2251340041
Notre référence : 29344
Nombre de pages : 258

Présentation de l'éditeur
1096. Bohémond et les Normands d’Italie partent pour Jérusalem. Un croisé raconte : la bataille d’Ascalon, le passage du Bosphore, le siège de Nicée puis celui de Constantinople, la bravoure de Tancrède de Hauteville ou les iniquités de l’empereur Alexis, autant de « choses vues » présentes dans L’Histoire anonyme de la 1ère Croisade. Le narrateur, probablement un chevalier italien rallié aux troupes de Bohémond de Tarente, n’a rien d’un observateur neutre : il fait part de son enthousiasme pour la croisade, de sa haine des « païens » (infidèles et idolâtres confondus !) et relate avec ferveur les massacres les plus violents, la décapitation des prisonniers ou les combats contre les Turcs qui, « s’ils étaient chrétiens », seraient « les premiers chevaliers du monde ». Épique et subjectif, un récit passionnant. Les Gesta Francorum et aliorum Hierosolimitanorum sont une des sources majeures de l’histoire de la première croisade (1095-1099). Le livre propose une édition bilingue de ce texte fondamental, richement annotée et précédée d’une introduction succincte, fournissant tous les éléments nécessaires à la bonne intelligence du récit.

Bohémond d'Antioche : Chevalier d'Aventure

  
Année : 2007
Editeur : Payot
ISBN : 2228902268
Notre référence : 30997
Nombre de pages : 379

Présentation de l'éditeur
Digne héritier de cette lignée de Normands conquérants qui s'imposent au XIe siècle en Italie du Sud, Bohémond d'Antioche (v. 1050-1111) préfère quitter la Pouille et la Calabre de son père Robert Guiscard pour rejoindre, à la tête de cinq cents chevaliers, les rangs des croisés qui, à l'appel du pape Urbain II, veulent libérer la Terre sainte. Capitaine aguerri et stratège redoutable, il devient ainsi l'un des chefs de la première croisade avec Godefroy de Bouillon, Baudouin de Boulogne et Raymond de Toulouse. Après un siège mémorable, il s'empare d'Antioche dont il fait la base de sa principauté et la clé des États latins du Proche-Orient. Capturé par les Sarrasins, puis relâché, il part chercher des renforts dans la France de Philippe Ier, dont il épouse la fille, et meurt à Bari après avoir livré un dernier combat à son ennemi de toujours, l'empereur Alexis Comnène, sans jamais revoir cette terre orientale qu'il parvient à céder pour deux siècles à ses descendants. Personnage séduisant et charismatique, suscitant jusqu'à l'admiration de la princesse byzantine Anne Comnène, Bohémond était aussi un génie politique doué d'un sens aigu de la propagande, comme en témoignent les Gesta Francorum, chronique de la croisade vue par un de ses proches. Jean Flori, confrontant ce récit à d'autres sources, fait revivre le rêve grandiose qui animait ce héros de légende : réunir ses terres d'Italie et d'Antioche en un même empire normand latin. Un livre riche d'hypothèses nouvelles qui redonnent une dimension mythique à cet archétype du chevalier pauvre parvenant par sa seule bravoure à se forger un destin hors du commun.

dimanche, 06 avril 2008

histoire de deux Peuples par Jacques Bainville

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Livre sur l'histoire des conflits entre la france et l'allemagne jusqu'a l'arrivé d'Hitler

Figures de Chouans de Job de roincé

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Vous découvirez la personnalité de Cadoudal ( un artisan) ou de Jean Chouan et de ses frères qui dans le maine et loire et la mayenne sous le roi étaient des faux-saunier (fraudeurs à l'impot sur le sel) et qui sous la république devinrent les défenseurs de leur terre et du Roi.

Mais aussi celle du chevaliers de tintiniac et bien d'autres,  

 

 

Les Vikings à travers le Monde (une de nos dernières acquisitions)

Les Vikings à travers le mondepar Jean Mabire

Ancre de Marine

  L'histoire des Vikings, rois des tempêtes, qui ont sillonné l'Atlantique, de la Baltique à la Méditerranée, semant la terreur dans tout le monde chrétien. A partir de documents historiques, l'auteur compose des histoires vivantes en mettant en scène les personnages et en reconstituant les épisodes principaux. Avec des photographies qui présentent les découvertes archéologiques.
Les Vikings à travers le monde

la Politique de Jeanne d'arc par maurice pujo un article d'Aspects qui n'existe plus

La Politique de Jeanne d'Arc

En quelques lignes lumineuses d'Aspects de vendredi dernier, Maurice Pujo a dit l'essentiel l'essentiel sur ce grand sujet.

Il n'est pas inutile d'y revenir. Un des principaux soucis de l'Action Française1 dès l'origine, fut de bien préciser la position mentale et morale de Jeanne d'Arc par rapport à l'ordre royal, que l'on s'efforçait. de submerger sous des considérations de patriotisme strict ou de religion. Alors que les trois facteurs avaient joué ensemble, on les opposait nous les composions.

On fait de nouveaux efforts dans le sens de cette opposition vaine plus; pernicieuse encore que vaine. Un niais a bâti un gros livre tout exprès pour retirer son royaume à Charles VII et le restituer au seul Christ-Roi, tout à rebours des pensées, des paroles et des actes mêmes de cette Jeanne, en qui le Temporel et le Spirituel, le Naturel et le, Surnaturel se prêtaient un appui régulier et constant.

Pour mettre en pièces ces sottises d'hier et davant-hier, il suffira d'ouvrir des cahiers vieux de vingt, trente, quarante ans et d'en laisser pleuvoir une averse de vérités indiscutables, indiscutées.

C'est à l'Association des Jeunes Filles Royales Filles Royalistes, dans des conférences diverses faites sous la présidence de Mlle de Kerret, organisées par Mlles Yolande de Luynes, Hedwige de Cabrières et Marguerite Recamier, que la question fut constamment étudiée, c'est pour cet auditoire d'élite que l'on s'efforça de mettre chaque élément dans sa lumièrde mettre chaque élément dans sa lumière et son relief.

I - UNE JEUNE FILLE ROYALISTE

Cela était d'autant plus normal que Jeanne pourrait être appelée la première des Jeunes Filles Royalistes, ce vocable excluant, comme nous le disions alors, tous les aspects " d'ignorance ", " d'inculture ", " d'inéducation ", que, l'on sous-entend dans les mots, de bergère ou .'de fille du peuple. Les troupeaux que Jeanne d'Arc conduisait appartenait à son père. Monsieur d'Arc ou Dare était le chef du village. L'historien. Siméon Luce a calculé que le revenu annuel de la famille Darc s'élevait à 5.000 francs. Combien de centaines de milliers, combien de millions peut-être, ces 5.000 .francs de 1885-1890 feraient-ils aujourd'hui ?

La vérité de l'histoire n'est guère favorable à lintérêt de classe et de faction qui ne peut qu'affadir la personne de Jeanne dne de Jeanne dArc. Sa vraie figure serait plutôt celle d'une petite bourgeoise française, de cette bourgeoisie rurale qui composait et qui forme encore le plus touffu, le plus vivace élément du paya; classe moyenne très étendue, tellement étendue qu'il n'y eut jamais beaucoup de " peuple " 'en France: classe surtout conservatrice, car rien n'a duré sans elle; classe révolutionnaire, car rien ne s'est fait d'un peu neuf, ni un peu vivement, sans qu'elle y ait mis du sien.

Jeanne en était simis du sien.

Jeanne en était si bien, elle adhérait si peu à ce que nos contresens habituels appelleraient un prolétariat flottant et sans racines, ou une paysannerie asservie, qu'ont lit distinctivement dans sa pensée et dans son cur, les trois Idées directrices de l'ancien Tiers-Etat français : le 'Patrimoine' maintenu - et la Patrie sauvée - par la Royauté établie.

II - RELIGION, PATRIE, ROYAUTÉ,

Naturellement, beaucoup dAutorités respectables s'efforcent de voiler, ces convergences du faisceau religieux, patriotiqieux, patriotique et royal. En quoi on peut leur dire, sans vouloir offenser en rien, qu'elles ont bien tort.

Contre toute justice, l'on s'ingénie à escamoter ce caractère politique de Jeanne d'Arc et lon y réussit ,par des tours d'éloquence.

Ces accrocs à lhistoire, ces torts faits au passé ne sont peut-être pas aussi ,adroits qu'ils en ont l'air. En tout cas, ils offrent le grave inconvénient de pousser les orateurs et les littérateurs à d'autres tricheries frauduleuses, dont l'esprit monarchiste ne sera plus. seul à pâtir.

Au moment même où de hautes Autorités se donnent le mot pour exclure de la carrière de Jeanne d'Arc son pâle politique, il est des entreprises de cinéma pour éliminer du même récit tout l'élément religieux. il' ne sera que juste de protester contre cette dernière mutiuste de protester contre cette dernière mutilation. Ne l'aura-t-on pas' introduite en consentant au premier de ces tronquages scandaleux ? Hodie mihi, cras tibi.

La jeune fille royaliste de Domrémy, qui allait, par monts et par vaux, avec les brebis de son père, disait à tout venant

- Faut-il que le roi soit chassé du royauchassé du royaume et que .nous devenions Anglais'?

Mais ce n'est pas sa pensée, sa passion, sa raison, toutes ' seules qu'elle écouta pour réaliser l'héroïque dessein personnel qu'elle avait pu concevoir. En catholique discipliné, elle attendit l'ordre d'En Haut. Elle obéit ses voix.

III - NI DEMAGOGIE, NI DEMOCRATIE

Non moins disciplinée, la Française ne suivit que les, grandes routes de l'Ordre :

La jeune fille en qui les historiens libéraux aiment à louer la préfiguration vivante de la Nation armée; n'a pas conçu un seul instant le réveil national comme une sorte de levée en masse, de jacquerie patriotique.

.Elle et " le Grand Ferré " sont deux!

Plus encore que guerrière, elle a la tête hiérarchique.

Elle n'a pas ameuté les paysans de son village: elle est allée' trouver le seigneur du pays. Encore s'est-elle gardée de le convier à lever lanvier à lever la jeunesse du Bar et des provinces voisines : son sens dse du Bar et des provinces voisines : son sens de l'ordre est tel qu'elle, a volé droit au sommet! Point de chef, point de peuple ! Point de Roi, point de France ! Comme il n'y a point de roi, elle en fera un.

Mais elle ne le' créera pas de rien; elle ne rêvera ni de nouvelle dynastie, ni de dictature féodale ou cabochienne. Un très grand Français, un Lyautey se rêvait en Warwick,

il voulait " faire " un roi. Oui, de la semence de Parme !... Jeanne d'Arc ignore' ces songes. Elle prit, son prétendant là où il était, et n'eut de cesse que son Dauphin ne devint le Roi.

Jeanne ne croyait pas à la naissance 'spontanée de l'ordre. Elle pensait ce que devait nous enseigner notre maître La Tour du Pin: pour imposer un ordre, il faut une autorité et, en 'France, ce ne peut être que le sceptre, le glaive, la main de justice du Roi. Or, ce Roi se consacre et s'achève à Reims. Tout d'abord, donc, allons à Reims, comme les pâtres de Noël à Bethléem.

C'était en se pliant à lordre naturel du royaume de France quelle estimait remplir les volontés surnaturelles que ses voix faisaient descendre du ciel.

Dans le cachot de Rouen, elle a de Rouen, elle a déclaré un jour que ses voix ne la quittaient pas mais, ajoutait-elle, je les entendrais mieux Si j'étais en quelque forêt

La puissante forêt de pierre qui élance et recourbe ses arcades fleuries au-dessus du berceau ecclésiastique de Reims était aussi propre que son Bois, chenu à la révélation distincte des vérités humaines qui ont orienté sa carrière mortelle. Sans doute ce grand cur en a-t-il recueilli plus de lumière encore et de consolation que des rameaux bruissants de l'arbre des fées. Son cur d'initiée à la loi éternelle a dû jouir à Reims, avec parfaite plénitude, du meilleur et du plus beau des spectacles accordés à l'ordre terrestre : une nation laborieuse, une armée bataillante et victorieuse, la paix publique retrouvée et rétablie par un bon conseil et, dans la fleur de la jeunesse, le Roi, le juste Roi par qui, tout bien devient possible; étant le bon seigneur habilité au gouvernement d'ici-bas.

IV - La GUERRE au SERVICE de la POLITIQUE;

Cependant lan">Cependant la route de Reims ne s'ouvrit pas toute seule. La grande instigatrice de la guerre de l'indépendance se heurta à des difficultés, de quel genre ? avec' qui ? chez qui ? Du côté des guerriers, chez certains " stratèges " comme disait Maurice Pujo. Et' pourtant, celle que ses voix avaient initiée à l'art de Richelieu et de Louis XIV n'avait pas été tenue dans l'ignorance du noble métier de Turenne et de Condé.

Des militaires ont montré que, pour chasser l'Anglais de Fontré que, pour chasser l'Anglais de France, Jeanne d'Arc a été un beau capitaine : par exemple, l'un des premiers qui usèrent de l'artillerie en rase campagne. Ces spécialistes font aussi remarquer .qu'entre deux formes 'd'action militaire, entre deux opinions de techniciens, comme on dit aujourd'hui, entre deux partis de conseil de guerre, elle saisissait toujours, avec une impétuosité desprit merveilleuse, le pratique, le 'court, le prompt, le décisif.,

Devant les militaires eux-mêmes, elle savait dire que la guerre était commandée par la politique et devait la servir.

Les républicains, qui sont des imbéciles, parlent à tout propos de subordonner le militaire au civil. C'est idiot. C'est régressif le cedant arma togae valait pour l'enfance de Rome où les divers services de' l'Etat, accomplis par les mêmes hommes, n'étaient pas encore différenciés. L'ancienne monarchie française était plus avancée. Le roi de France faisait la synthèse du civil et du militaire. Il était le juge et le protecteur armé de la justice. Hunc militem, disait l'archevêque de Reims en présentant au peuple le Roi qu'il venait de sacrer. Tous les princes qui ont été destinés à régner sur la France ont reçu une éducation militaire, à la seule exception du malheureux Louis XVI, que le fénelonisme ambiant écarta de l'apprentissage des armes, et c'est sans doute ainsi qu'il ignora ou laissa sanute ainsi qu'il ignora ou laissa sans emploi les méthodes éprouvées de ses prédécesseurs pour faire de l'armée l'instrument direct de leur esprit politique - tel que Jeanne d'Arc l'avait professé dans les conseils tenus au bord de. 1a Loire :

Après la délivrance d'Orléans, les militaires, tout à leur. art, qui est un bel art, s'indignaient' à l'idée de 'prendre ~ route que demandait Jeanne dans la direction de l'Est et du Nord. Ce qu'il leur fallait, tout de suite, c'était la conquête de la Normandie, la course à la mer. Ce n'était pas absurde en soi: la vicen soi: la victoire normande eût arraché à l'ennemi son principal fief sur le continent, l'eût coupé de ses communications, et je ne suis pas sûr qu'une bonne tête de soldat français nait pas imaginé, pour couronner cette victoire, quelque capture de la flotte anglaise qui eût permis une pointe offensive chez messieurs les Godons.

Si tentant que fût le projet, Jeanne résista. Jeanne dit non. Pourquoi ?

Elle obéissait à ses voix. Mais ses voix allaient d'accord avec les vues saines de Politique sage qui eussent calculé qu'en définitive l'heureuse aventure du débloquement d'Orléans, accomplie comme elle l'avait été, représentait malgré tout, un beau risque et un beau miracle, mais que, pour le reste, il fallait se plier à la Nature des choses. Or dans cette Nature tout devait demeurer dans cette Nature tout devait demeurer en l'air, tant qu'il n'y aurait pas un commandement politique affermi.

Avant de rien tenter de nouveau, il fallait donc qu'il n'y eût plus de Dauphin, si gentil put-il être, mais bel et bien un Roi, un Roi certain pour tous, un Roi reconnu, acclamé, enfin sacré, le Roi.

La base politique consolidée en premier lieu, les opérations militaires pourraient venir. Elles seraient rapides, ou elles seraient lentes, mais l'essentiel serait fait, le présent arrêté, l'avenir assuré.

Pas de grande entreprise militaire avant cette assurance politique de fond.

Aussi longtemps que le Roi hésiterait, délibérerait sur cette marche nécessaire, Si conforme à son intérêt capital, on pouvait guerroyer ou escarmoucher sur la Loire, ne serait-ce que pour tenir l'armée en haleine. Mais de par Dieu ! répétait Jeanne, point de campagne de Normandie avant que le royaume ait son Roi bien établi, bien reconnu, bien oint I

D'abord la monarchie en règle, devait dire Bismarck dans un autre sentiment, mais dans le même esprit que Jeanne d'Arc.

C'était l'évidence.

L'absurdité qui consistait à mettre la charrue avant les bufs,. éclatait grâce à l'héroïne.

La politique patriote ne passait point par la Normandiea politique patriote ne passait point par la Normandie : elle passait par le moyen ordinaire, par le moyen de l'ordre celui qui a déjà servi et qui servira, de tout temps en France: le Roi.

Au siècle précédent, c'est par le dauphin Charles, depuis nommé le Sage ou le Savant, que l'ordre et la victoire sont revenus au parti français. Au siècle qui suivit celui de Jeanne d'Arc, siècle des furieuses dissensions religieuses, c'est encore autour du Roi que "les politiques" du pays rallieront le peuple et les Grands afin de refaire unité, puissance et prospérité.

Bien avant Charles V, l'anarchie féodale a été débrouillée par la police et par la justice du Roi.

Bien après Charles VII, bien après Henri IV, et alors que vingt-trois ans de guerre terminés par deux invasions auront épuisé le pays, la " RESTAURATION " de la paix intérieure et extérieure, financière et militaire, maritime et diplomatique, sera possible par le Roi.

On pourrait remonter plus haut dans nos origines, et l'on y reverrait que la France, configurée comme elle l'est, languit dans la stagnation, ou s'agite - et se déchire entre les partis, au point d'ouvrir sa porte à l'étranger, tant qu'elle obéit à une gouvernement collectif, tant qu'elle n'est pas gouvernée par Un seul: cet Un qui succède à son père et qui fraie la voie - de son fils.

Aus - de son fils.

Aussi la personnalité politique de la France ne s'est-elle réalisée pleinement, avec ordre et progrès, capitalisant ses acquisitions, que sous la direction du Roi. Ainsi, en s'adressant au droit héritier des Capets, c'est au " moyen " classique et normal, essentiel qu'avait eu recours Jeanne d'Arc.

Moyen de l'ordre ou l'ordinaire.

L'ordre toujours. L'ordre qui a manqué et devait manquer au Résistentialisme séparatiste de M. de Gaulle, comme il avait manqué (nous l'avons déjà vu et dit) à la première Croisade de Pierre l'Ermite et de Gauthier sans Avoir. Celle-ci échoua, au lieu que la Croisade ordonnée des Princes aboutit, prit Jérusalem et y fonda de belles baronnies et principautés.

Jeanne d'Arc réussit à rétablir le saint royaume sans se fier le moins du monde à la révolution, ni a l'indiscipline populaire, ni à l'insurrection individuelle comme écrivait Pujo, l'autre jour, elle ne prit pas le maquis. Son uvre, bien lue, est un modèle de dis cours sur la méthode politique, méthode qu'elle appliqua dans sa lettre et dans son esprit.

V - "EN CE TEMPS-LA....."?

On dit assez sottement que c'était la seule méthode possible de son temps?

- Ouais ! Et la Jacquerie du siècle précédent ? Et les Cabochiens presque contemporains ?

De son temps, le 'républicanisme et le démocratisme ne lui ole 'républicanisme et le démocratisme ne lui ont été interdits que par son bon sens naturel: au XVe siècle on pouvait fort bien être démocrate ou républicain, rien nétait plus courant.

On l'était en France ou hors de France. Ne croyons pas que nos erreurs ou que nos vérités soient nées de la pluie d'hier : il n'y a point d'idée qui n'ait déjà circulé et même un peu tramé dans la pensée de l'homme. Ceux qui pensent qu'il ne pouvait y avoir de parlementarisme vers l'an de grâce 1429 plaisantent. Le parlementarisme est' une institution médiévale, il naquit de l'anarchie médiévale, pour y remédier: c'est l'Angleterre qui l'a fait durer jusqu'à nos jours.

Il était très facile de réveiller cette anarchie dans la France de 1429. Entre les deux couronnes d'Angleterre et de France, le libre esprit de Jeanne pouvait même concevoir une situation radicale : pas de couronne du tout.

L'Europe regorgeait de républiques le long de la mer du Nord et des mers d'Italie.

De même en ces temps Si lointains et Si proches, il y avait en et il devait y avoir encore, comme aujourd'hui, comme demain1 des épidémies de politique mystique. Pour ne citer que le plus illustre de .nos anarchistes chrétiens, Savonarole, moins sage que Jeanne d'Arc, voulut, pour sa patrie florentine, une théocratie directe et ne fut brûlé que tout à la fin du XVe siècle fut brûlé que tout à la fin du XVe siècle : c'est à peine si deux générations dhommes le séparent de notre héroïne.

Son monarchisme conscient et volontaire ne peut faire de doute.

VI. - LA LEGITIMITE

Mais là se pose une question

Qu'y a-t-il de plus important dans l'ordre monarchique'?

Est-ce l'unité de commandement?

Ou l'origine du pouvoir?

Par l'unité est réalisé un bien immense, sans lequel tout va en pagaille et sacrifices inutiles : nous l'avons vu dans l'autre guerre, tant que le pouvoir militaire n'a pas été unifié entre les Alliés et tant que le pouvoir politique français n'a pas été séquestré en de fortes mains. Mais l'unité du pouvoir demeure encore quelque chose de divers et de plural, a" fond, tant qu'elle ne dure pas et tant qu'elle peut demeurer objet de contestation, de compétition régulière, périodique : Si toute notre victoire de 1918 s'en va en fumée, c'est que nos chefs civils se succèdent, se renversent et se remplacent, que pas un n'est certain de sa fonction, que chacun peut vouloir la lui enlever, et que la loi, la loi elle-même, LA LOI SURTOUT, s'est ralliée au parti des compétiteurs, reconnaît, recommande la compétition :

n'y avait que le choc des passions et des intérêts humains s'acharnant à disputer un fauteuil ou une couumains s'acharnant à disputer un fauteuil ou une couronne, il n'y aurait que demi-mal et l'on pourrait rêver de combat décisif au bout duquel il y aurait un vainqueur qui saurait établir un peu de calme et de tranquillité. Mais de nos jours, rien de pareil: par un fou paradoxe, c'est la constitution légale qui autorise et même ordonne ce mouvement perpétuel de remise en' question. Mal périodique de l'Election, qu'elle nomme le Bien, et qui, sous prétexte de tout renouveler, gâche tout !

Nos aïeux, moins vains que nous,. étaient plus pratiques et plus sages.

Ils admettaient que tous les gouvernements ont des défauts et que la perfection n'est pas de ce monde : à la poursuivre par un ôte-toi de là que je m'y mette indéfini,

ils n'auraient abouti, vers l'an mille ou l'an quinze cent, qu'à notre. comble d'incohérence et d'incapacité. Nous ne serions pas là pour leur rendre grâce.

Cependant, on voyait, dans les pays voisins, des dynasties, sanglantes, lourdes de crimes, se muer peu à peu, d'âge en âge, en souverainetés paisibles, sérieuses et, finalement, compétentes, dont leurs peuples se contentaient. C'était le cas de l'Angleterre. A plus forte raison nos b9ns grands-pères devaient-ils s'a l'Angleterre. A plus forte raison nos b9ns grands-pères devaient-ils s'attacher, quant à eux, à ces Capétiens, les plus purs et les plus honnêtes prs, les plus purs et les plus honnêtes princes de l'univers, hommes sages, droits justiciers, souvent débonnaires, esprits modérés et sagaces, amis du petit peuple, quoique très grands seigneurs, le miroir et l'honneur de la chrétienté.

Non seulement nos aïeux s'étaient bien trouvés de tels rois, mais ils le savaient et s'en montraient singulièrement fiers, au témoignage de tous les étrangers. A cet orgueil secret, à ce respect affectueux, à cette véritable foi féodale s'ajoutait ce que Jaurès a appelé un " charme séculaire ", un sentiment presque religieux, noté par Renan, et dont la cérémonie du sacre était devenue le signe vivant.

En sorte que les républiques de l'époque pouvaient se déchirer d'année en année autour de leurs échevins et de leurs podestats; les trônes électifs, brigués par des princes rivaux, pouvaient interrompre à chaque génération les plus beaux desseins politiques : pendant ce temps, assez long temps pour enraciner la confiance des peuples, la loi de succession de la maison de France, par sa simplicité et par sa fermeté> avait permis à son chef, au Roi par excellence, de prolonger sur les hommes mourants son règne immortel. Non, le Roi de France ne mourait pas. La France grandissait. On sentait déjà s'éveiller dans les curs, mémoire ou prescience, une conscience> une reconnaissance confuse de la grande nation que, d'âge en âge, cette politique foue, d'âge en âge, cette politique formait.

L'absence de compétition écarte autant de maux que l'unité de commandement provoque et assure de biens, mais la désignation préalable du chef héritier comporte en outre un bien positif qui lui est propre : il est ainsi promis à l'Homme de se survivre parce que l'Etat peut durer au-delà de l'homme.

La pensée d'un tel bien (si voisin, par analogie, de l'éternité) put éblouir de sa clarté et fasciner de sa vertu l'âme d'une Enfant raisonnable et sainte.

On dit : " Est-ce que Jeanne d'Arc savait ces choses ?... "

Peut-on en douter?

Les bonnes têtes doctrinaires n'étaient pas rares parmi les clercs ès des conseils royaux. Autour de Philippe-Auguste, on avait eu sur l'Allemagne des idées qui manquèrent à M. Briand, à M. Viviani (et à M. Bidault). Autour de Philippe le Bel on créait l'Administration civile. Pourquoi Jeanne n'eût-elle pas reçu, sinon conçu, les idées éternelles de la politique française quillumine son beau génie. Sa langue, nette et forte avec les soldats, prend toutes les hauteurs nécessaires quand il faut affirmer les droits sacrés de la couronne.

A Patay, elle s'écria : " Nous les aurons ", comme un simple bonhomme de 1914. Mais quand il s'agit d'écrire au duc de Bedfort qu'il ne tiendra jamarire au duc de Bedfort qu'il ne tiendra jamais le royaume " de Dieu, le roi du ciel, fils de sainte Marie ", " mais le tiendra le roi Charles, vrai héritier ", c'est un Discours du Trône où la majesté le dispute à la poésie. On n'y trouve pas ombre de faute d'orthographe.

VII - AIDE-TOI, LE CIEL T'AIDERA

Un dernier conflit, fort possible et même éventuel, devait être écarté de l'âme de Jeanne d'Arc. Fut-ce par sa foi ? Par sa raison ? Toutes les deux ont dû jouer daccord.

Jusque dans les conseils royaux, à leur entour, pour peu que les sujets fidèles fussent éloignés ou endormis, manquait-il de voix religieuses, ou même sacristines, pour murmurer à Jeanne un Voyons, Jeanne ! un peu scandalisé?

Elle qui parlait sans cesse du Roi du Ciel, qu'avait-elle à faire de ce roitelet de la terre ? Evidemment, le royaume était malheureux. Mais de quoi? Des péchés de ses rois, sans compter ceux des régnicoles.

La reine-mère, abominable et traîtresse, avait perdu, avec le pays, tous ses droits.

Son fils menait une vie dissolue qui faisait vergogne à la chrétienté.

Et la légende ajouta même : " Cette dame de beauté ? Cette Agnès Sorel !... " Ce qui revient à anticiper au moins de dix ans.

Mais, reprenaient les malignes voix, c="citation">Mais, reprenaient les malignes voix, ce dauphin n'était-il pas triste,, mou, fainéant ? Efféminé? Indolent? Sans valeur morale ? Quelle force avait-il? Et quelles ressources, dans la cour besogneuse où il déjeunait de deux petits poulet sans chair et, de la queue d'un maigre mouton I Non, non, des voix venues du ciel n'avaient pas pu rallier Jeanne d'Arc 'à cette cause perdue d'avance!

Au demeurant, si, pour régner' en France, le Seigneur et, Maître divin ne voulait ni de l'Anglais puissant ni de l'opulent Bourguignon, Si la Providence tenait à relever la couronne, de lys, il fallait commencer par une expiation des Princes et du Peuple, de tous les Princes et de tout le Peuple. Des processions, des pèlerinages, des grand'messes et, des messes basses chantées d'un bout à l'autre du royaume, comme vous nous le demandez, Jeanne, à la bonne heure! Nous ne nous séparons de vous que sur un point: non seulement cela est nécessaire, mais, en outre c'est suffisant. Rien d'autre n'importe. Absolument rien.

Qu'au surplus le Roi commence par devenir un digne fils de Louis IX, le saint Roi; que' ses soldats, un par un, que ses sujets, jusqu'au dernier, deviennent des héros et des saints; que, par leur uvre de mortification et de charité, ils en arrivent à sentrouvrir le cur à toutes les grâces, et vous n'aurez plus le moindre combat à livrer, ô Pucelle sainte ! Qui sait même, ô très e sainte ! Qui sait même, ô très bonne Jeanne, si votre ,oriflamme ne suffira point à la Direction, à l'Administration, au Gouvernement?

Notre peuple d'anges et d'archanges sera tellement droit et pur' qu'il ne sera métier de gendarmes, ni de prévôts, 'ni de' sénéchaux, ni de juges. Dites un mot: un tel paradis sera sur la terre, que tigres d'Angleterre et lions de Bourgogne deviendront, les uns et les autres, agneaux. Voilà, Jeanne, votre mission, la seule juste I Dieu n'a pas besoin des tueries. Dieu n'a pas besoin de soldats! non plus que de princes! non plus que de rois I Arrière lesesoin de soldats! non plus que de princes! non plus que de rois I Arrière les baïonnettes! Et vive le Pape romain!

Doutez-vous que Jeanne ait pu entendre ce discours, ou le discours pareil, de quelque disciple un peu précoce de M. Sangnier? Je ne commets aucun anachronisme. Tels faux mystiques de son temps, qui avaient des rapports avec les hypocrites du même siècle, osèrent bien accuser la libératrice et pacificatrice d'avoir pris goût aux combats auxquels l'avait réduite l'envahisseur-agresseur : dans le texte de la. rétractation prétendue, l'évêque faussaire Cauchon avait introduit une phrase où Jeanne était censée s'accuser davoir désiré cruellement leffusion du sang humain. Telle fut la pensée de bons amis de l'ennemi. Telle elle est sans grands changements. Car, fort ancienne, elle ne man