Les managers de ces très grandes entreprises se sont engagés dans des prises de risque totalement insensées. Ils ont mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient leurs cadres à rechercher la performance au-delà du raisonnable. Ils ont contourné la législation, par exemple en développant à très grande échelle la pratique des activités ‘hors bilan’.
Il n’en reste pas moins que, partout dans le monde, il n’y a sans doute pas de profession plus réglementée que la banque. Ce serait une erreur de croire que ces pratiques se seraient répandues à l’insu des autorités responsables de la surveillance. Charles Calomiris, professeur à l’Université de Columbia, rappelle par exemple que c’est avec l’aval conscient des autorités US que les techniques de titrisation ‘hors bilan’ de portefeuilles de cartes de crédit ou de prêts hypothécaires subprime se sont répandues dans les établissements américains [i].
Pendant plusieurs années les dirigeants des banques et de la finance ont sans aucun doute joué avec le feu. Mais il serait absurde d’imaginer qu’un coup de folie se serait soudainement emparé d’eux, sans cause. On ne peut critiquer leur comportement sans tenir compte de la manière dont l’environnement institutionnel et réglementaire conditionne leurs systèmes de décision en jouant sur les contraintes et les motivations des organisations.






















