mardi, 15 janvier 2008

Emmanuel Ratier (le choix a était dur pour le mettre dans une catégorie pareil pour Michel de Rostolan)

Considéré comme proche des milieux nationalistes, Emmanuel Ratier, né le 29 septembre 1957 à Avignon, est journaliste professionnel depuis 1981, ainsi qu'écrivain et éditeur.

Diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris ainsi que de l'Institut d'études politiques de Paris, il a travaillé pour différents journaux (dont Le Figaro Magazine, Valeurs actuelles et Minute[1] dont il fut rédacteur en chef chargé des grandes enquêtes). Il publie depuis 1996 Faits et documents, lettre d'information bimensuelle de douze pages sur l'actualité politique et culturelle française et internationale, dont il est l'unique rédacteur. En dépit de la multiplicité des informations qui y fourmillent et de sa réputation sulfureuse, cette lettre confidentielle n'a jamais fait l'objet d'aucun procès et pratiquement d'aucun rectificatif.

Il serait, selon Guillaume Dasquié et Jean Guisnel (auteurs de L'effroyable mensonge), l'inspirateur de L'effroyable imposture de Thierry Meyssan, livre qui affirme qu'aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone et que les attentats de New York sont une provocation de l'extrême droite américaine (dans une critique de L'effroyable mensonge, un journaliste de Libération qualifie Ratier d'« extrémiste de droite obsédé par le "complot judéo-maçonnique"[2] »).

Bibliographie

  • Encyclopédie politique française. Tome I, Faits & Documents, Paris, 1992, 858 p. (ISBN 2-909-769-00-3)
  • Encyclopédie politique française. Tome II, Faits & Documents, Paris, 2005, 990 p. (ISBN 2-909-769-12-7)
  • Mystères et secrets du B'naï B'rith : la plus importante organisation juive internationale (publié par Emmanuel Ratier), Facta, Paris, 1993, 416 p. [pas d'ISBN]
  • Le vrai visage de Jacques Chirac : les secrets d'un président (publié par Emmanuel Ratier), Facta, Paris, 1995, 59 p. (ISBN 2-9508318-2-6)
  • Les guerriers d'Israël : enquête sur les milices sionistes, Facta, Paris, 1995, 414 p. + 8 p. de planches (ISBN 2-9508318-1-8)
  • Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France (publié par Emmanuel Ratier), Facta, Paris, 1996, 589 p. (ISBN 2-9508318-3-4)
  • Encyclopédie des changements de noms. Tome I, [1963-juin 1982] (avec une introduction de Clément Rebouliergues), Faits & Documents, Paris, 1995, 320 p. (ISBN 2-909769-03-8)
  • Encyclopédie des changements de noms. Tome II, [Juillet 1982-décembre 1997], Faits & Documents, Paris, 1998, 443 p. (ISBN 2-909769-08-9)
  • Ras l'front : anatomie d'un mouvement antifasciste, la nébuleuse trotskyste, Facta, Paris, 1998, 174 p. (ISBN 2-9508318-4-2)
  • Les chrétiens de gauche (avec une préface de Jean-Marie Paupert), Faits & Documents, Paris, 1998, 300 p. (ISBN 2-909769-07-0)

Patrick Gofman

Patrick Gofman est un journaliste et écrivain français. Il a fait ses premières armes à l'Organisation communiste internationaliste, de laquelle il a été exclu (cet épisode est raconté dans "Cœur de cuir") après avoir écrit le roman "Les Blondes préfèrent les Cons" avec Pierre Marcelle, son camarade d'alors.

Depuis, Gofman, non sans avoir auparavant commis quelques articles pour le quotidien L'Humanité [1], s'est rapproché du Front national et a mis son talent polémiste au service de divers titres de la presse nationaliste, y défendant une vision anti-libérale et anti-mondialiste. Cette vision l'a conduit à dénoncer vigoureusement l'"impérialisme yankee" et à prendre fait et cause pour la" Serbie lors de la guerre du Kosovo (son nom fut même cité dans L'Hebdo de Genève parmi les "avocats cachés" de Slobodan Milošević).

Il est actuellement secrétaire de rédaction du Libre Journal de la France Courtoise de Serge de Beketch, qu'il assiste sur Radio Courtoisie. Anecdote amusanteréf. nécessaire le grand-père de Patrick Gofman, d'origine "allemande de Russie" (son nom est la russification d'Hoffmann), fut aide de camp de l'amiral Piotr Vrangel quand celui de Serge de Beketch était aide de camp du général Anton Ivanovitch Dénikine.

Patrick Gofman fut par ailleurs secrétaire de la campagne victorieuse "Liberté pour Edouard Limonov". Selon Didier Daeninckx, ce polémiste atypique est un pilier du réseau "rouge-brun" national-bolchévique.

 

Citations

  • « France, tu fais une morte plus belle que bien des vivantes, et tes derniers soldats, revenus de tout et de partout, ne se rendront jamais. » [2]
  • « (...)la France vit, la France vivra. Libre. Avec ses vrais alliés, l’Allemagne et la Russie, elle remettra l’Amérique à sa place (d’arrière-cour de l’Europe) et elle renverra l’Islam dans ses sables. Leurs collaborateurs respectifs trouveront leur Sigmaringen, mais ce n’y sera pas la vie de château. » [3]
  • « Quand je suis à jeun, je prends parfois conscience de la sagesse - et de la chance - que j’ai eues d’épouser une vierge élevée à N.-D. de Grâce de Passy. Naturellement, elle m’a rendu à peu près enragé, et complètement dépouillé avant de m’abandonner comme trop vieux et trop pauvre (et trop facho)... » [4]

Œuvres

  • Les Blondes préfèrent les Cons, roman, en collaboration avec Pierre Marcelle, Ed. Des Autres, 1979.
  • Jean Dutourd, essai, Ed. du Rocher, 1994.
  • Cœur-de-Cuir, roman, Flammarion, 1998.
  • Le Cauchemar américain raconté à mon cheval, pamphlet, L'Âge d'Homme, 2000.
  • L'Affaire Limonov, dossier, Dualpha, 2003.
  • Bats ta femme tous les jours !, pamphlet, Librairie Nationale, 2004.
  • Diverses droites, recueil d'articles, Dualpha, 2005.

lundi, 22 octobre 2007

Le capitaine Sergent

Le capitaine Pierre Sergent (1926-1992) fut le chef de la branche métropolitaine de l'Organisation armée secrète (OAS-métro).

Proche des milieux solidaristes, en particulier du Mouvement jeune révolution et de Jean-Pierre Stirbois, il fut élu en 1986 député des Pyrénées-Orientales sous l'étiquette du Front national, après un passage au Centre national des indépendants et paysans. Auteur de nombreux livres sur la légion étrangère et sur la guerre d'Algérie, Pierre Sergent est décédé en 1992.

 

Georges Bidault, Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent constituent le comité exécutif du Conseil National de la Résistance (CNR) le 20 mai 1962 à Rome désignant comme président Georges Bidault.

Bibliographie

  • Ma peau au bout de mes idées, La table ronde, 1967
  • La bataille, La table ronde, 1968
  • Je ne regrette rien, Fayard, 1972
  • Le malentendu algérien, Fayard, 1974
  • Lettre aux officiers, Fayard, 1975
  • Les maréchaux de la Légion : l'odyssée du 5e étranger, Fayard, 1977
  • Michel Debré, le clairon impudique, Régine Desforges, 1978
  • La Légion saute sur Kolwezi, Presses de la cité, 1978

l'ancien résistant Pierre Faillant de Villemarest qui résiste toujours

Ancien résistant, Pierre Faillant de Villemarest (Chalon sur Saône, 10 décembre 1922) est un ancien des services secrets SDECE devenu journaliste et écrivain.

Principalement connu en France dans les milieux d'extrême droite, il prétend combattre la désinformation à travers des thèses conspirationnistes.

Sa vie

En septembre 1940, il participe à la création de "La Dernière Colonne", un petit groupe de résistants dont les fondateurs étaient Emmanuel d'Astier de la Vigerie et Edouard Corniglion-Molinier. On y trouve également Lucie Aubrac, Charles d'Aragon et André Philip. Ce groupe deviendra "Libération Sud".

Sur la base d'un différent politique, Villemarest rejoindra l'Armée Secrète dont il commandera en 1943 un groupe franc dans le Vercors. Il participera au réseau de renseignement Kléber. Il participa à la dénazification de l'Allemagne et nourrit des liens avec les services américains et anglais dès cette époque. De 1945 à 1950, il sera membre du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionage (SDECE).

Controverses

Il se marie avec Danièle Martin, fille du fameux Docteur Martin co-fondateur de La Cagoule et fervent de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS). Villemarest sera emprisonné pendant la guerre d'Algérie pour son appartenance à l'OAS, après son passage au Mouvement Populaire du 13 mai (MP-13) de Robert Martel qui fustigeait "les légions de Satan" (les impies, les athées, les francs-maçons et les marxistes). Son beau-fils est Denis Daude, ancien frontiste responsable du DPS et militant du GRECE.

Pierre Faillant de Villemarest s'inquiète des communistes et d'un "complot mondialiste" organisé par des groupes comme la Commission Trilatérale et le Groupe Bilderberg qu'il dénonce dans sa lettre d'information publié par son Centre d'Informations Européen (CEI) basé à Vierry dans l'Eure (29).

Selon le Réseau Voltaire il aurait déclaré le Jeudi 20 mars 1997, lors de l’émission " Le Libre journal de Claude Giraud " diffusée en direct sur Radio Courtoisie de 18 h à 21 h, que " les chambres à gaz n’avait pas existé ", qu’il assumait son propos et acceptait l’éventualité d’un procès, auquel il ferait venir " des témoins du monde entier (...) y compris d’Allemagne ". Le 15 avril, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) a sanctionné ces propos.

Journalisme

Depuis 1950 il a collaboré avec de nombreuses publications dont Défense de l'Occident, l'Aurore, Valeurs Actuelles, La Vie Française, Le Quotidien de Paris. Il a également travaillé au service étranger de l'Agence France Presse (AFP). Il a aussi figuré partie du comité de rédaction du journal lefebvriste Monde et Vie, bi-mensuel Catholique et National de Mme Claude Giraud, animatrice de Radio Courtoisie. Avec sa femme Danièle Martin, Villemarest y anima l'émission "Libre Journal".

Il est membre de la Société des Auteurs et Créateurs de Normandie. Ses livres sont très diffusés dans certains pays d'Europe de l'est, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Bibliographie

  • Le Dossier Saragosse
  • Martin Bohrman et Gestapo-Muller après 1945, dans la collection Renseignement & Guerre Secrète des Editions Lavauzelle.
  • Exploits et bavures de l'espionnage américain
  • GRU le plus secret des services soviétiques 1918-1998
  • Histoire Intérieur de l'URSS depuis 1944
  • L'espionage soviètique en France 1944-1969
  • Les sources financières du Communisme, quand l'URSS était l'alliée des nazis

mardi, 02 octobre 2007

René de la Tour du Pin

Le lieutenant colonel René de la Tour du Pin Chambly, marquis de la Charce, est né le 1er avril 1834 à Arrancy (Aisne), non loin de Laon en Picardie.

Il est issu d’une vieille famille dauphinoise, catholique et royaliste, il entre à Saint-Cyr en 1852. Jeune officier, il sert sous le Second Empire en Crimée, en Italie et en Algérie avant de participer à la guerre contre la Prusse en 1870. Fait prisonnier cette même année, lors de la chute de Metz, il sympathise en captivité avec Albert de Mun. En septembre 1871, de la Commune, alors qu’il est encore capitaine aide de camp du gouverneur militaire de Paris, il s’engage, à la demande de Maurice Maignen (des Frères de Saint Vincent de Paul) dans l’ « Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers » avec son ami de Mun. Son action est alors inspirée des travaux de Frédéric Le Play. C'est alors qu'il est touché par la situation des ouvriers. Ses écrits politiques sont marqués par cette situation. Plus encore que Lamennais, il est à la source du courant du catholicisme social en France.

En 1877 il est nommé attaché militaire en Autriche Hongrie et rencontre le « comte de Chambord », prétendant légitimiste au trône de France, dans son exil de Frohsdorf. À Vienne il est également marqué par l’influence des catholiques sociaux autrichiens, le plus représentatif d’entre eux étant le baron Karl von Vogelsang (1818-1890) qui anime la revue Vaterland. En 1881, il démissionne de l’Armée et se retire sur ses terres d’Arrancy, dont il sera maire. À la mort du « comte de Chambord », en 1883, La Tour du Pin reporte sa fidélité royaliste sur l'aîné des Orléans, Philippe d’Orléans, « comte de Paris » qu’il rencontre à Eu. Au début 1885, de passage à Rome, il est reçu par le Pape Léon XIII. En 1891, contrairement à Albert de Mun, il refuse le Ralliement des catholiques français à la République. Le futur maréchal Lyautey, qui publie au même moment son Rôle social de l’officier, largement inspiré de l’expérience des « cercles catholiques » demeurera pareillement fidèle à ses idées royalistes.

En 1892 le marquis épouse sa cousine, Marie de La Tour du Pin Montauban. La même année, il rencontre pour la première fois le jeune Charles Maurras, encore républicain, amorce d’une correspondance qui devait se poursuivre jusqu’à la mort du colonel. Une fois l’Action française fondée en 1899, La Tour du Pin apporte son concours. Il livrera ainsi trois études à la Revue grise d’AF entre 1904 et 1906, sur la noblesse, la représentation professionnelle et l’organisation territoriale de la France. En 1907 il publie son maître livre, imposant recueil d’articles écrits à partir de 1882 : Vers un ordre social chrétien. Le marquis René de La Tour du Pin meurt à Lausanne le 4 décembre 1924 à 90 ans révolus.

Firmin Bacconnier puis l’Action française constitueront la principale postérité de la pensée de La Tour du Pin. Comme dira Charles Maurras : « Ce n’est pas La Tour du Pin qui est à l’Action française, c’est l’Action française qui est à La Tour du Pin. » La pensée de la Tour du Pin marquera également le général de Gaulle. En 1970, Edmond Michelet, ministre du général, faisait remarquer à ce sujet « s’il est un personnage que le général de Gaulle connaît mieux que Marx, c’est peut être le très ignoré aujourd’hui La Tour du Pin ».

mardi, 25 septembre 2007

Barrès ou le rossignol nationaliste

Barrès ou le rossignol nationaliste

Figures de la littérature de droite

Bruno de Cessole, le 10-08-2007
En l’inventeur du nationalisme français se réunissent l’héritage romantique de Chateaubriand et le culte de l’énergie stendhalien.   La taille cambrée, le port altier, le menton pointé, la mèche aile de corbeau retombant sur l’oeil qu’on devine fiévreux, voici Barrès, tel que l’éternité le fige, entre la colline inspirée de Sion-Vaudémont, haut lieu de l’âme lorraine, et la montagne de Tolède, patrie du Greco, dont il semble un modèle ascétique, descendu de son cadre. Tel que le montrent son portrait par Zuloaga et les photos où il prend la pose, Barrès, cet aigle impérieux qui savait moduler les trilles du rossignol, a la prestance, l’autorité, et la séduction d’un prince. 

 

Et c’est bien ainsi que le virent ses contemporains, comme Thibaudet : «Ce grand bourgeois dans le style où l’on serait grand d’Espagne, était un prince, un prince immémorial.[…]Il vit que le fond d’une cour, aujourd’hui, c’est un parti politique, s’essaya avec celui de gauche, se tenta socialiste national, reconnut l’impasse, évolua souplement à la française, trouva son assiette et les planches de son trône dans le monde du centre droit.[…]Le boulangisme et l’affaire Dreyfus lui furent d’incomparables Frondes, des convulsions fécondes d’où pouvait être accouché le règne miraculeux d’une pensée nationaliste. »Perspicace, Thibaudet pointait, toutefois, que si cette royauté de Barrès avait pu prendre une forme politique, « son principe venait de Dieu, et c’était une royauté littéraire ». De même que Chateaubriand donna au légitimisme et au royalisme une poésie et un style, de même Barrès conféra au nationalisme, plus qu’une doctrine, son chant profond, sa dimension lyrique, qui excèdent de beaucoup ses diverses et éphémères incarnations. Et leur survivent, quand celles-ci sont retournées à la poussière. 

Barrès, c’est l’estuaire où viennent confluer les deux fleuves de la littérature de droite post-révolutionnaire. Deux courants à la fois idéologiques et stylistiques. Deux familles d’esprit : la lignée du vicomte et la lignée du consul. D’un côté, le culte du passé et des morts, la grande houle du lyrisme et de la sensibilité romantique ;de l’autre, le culte de l’égotisme et de l’hédonisme mêlé au goût de l’énergie, la sèche intelligence de l’analyse psychologique. Héritier de Chateaubriand, Barrès l’est par la conscience que « la destinée d’un grand homme est une muse » – il se voulut et il fut cette figure de proue ; il l’est aussi par « l’ennui foncier de la vie, qui était le fond de son âme romantique » (Blum) et qui lui fit trouver dans les passions politiques un “divertissement” pascalien, bienvenu ; il l’est, bien sûr, par la volonté de jouer un rôle sur la place publique, d’infléchir le sens de l’Histoire du côté de ses préférences ou de ses préjugés ; il l’est, encore, par l’exercice de responsabilités politiques, du temps fiévreux des Ligues au temps plus serein du Bloc national, et l’on sait combien il fut un parlementaire assidu et consciencieux, après avoir été un fougueux journaliste de combat ; il l’est enfin par l’échec de son aventure, à la fois individuelle et collective, et par la confusion finale du politique et de l’esthétique, dans laquelle celle-ci trouva une issue,pour la plus grande gloire de la littérature. 

Mais Barrès n’en est pas moins le disciple de Stendhal, le consul paradoxal, écartelé entre son tempérament droitier et ses convictions de gauche, l’autre source pérenne de la sensibilité littéraire de droite. Lorsque les deux héros de Sous l’oeil des barbares, Simon et Philippe, définissent leur ligne de vie, «Nous ne sommes jamais si heureux que dans l’exaltation […] ce qui augmente beaucoup le plaisir de l’exaltation, c’est de l’analyser. […] Conséquence : il faut sentir le plus possible en analysant le plus possible », c’est à l’auteur des Souvenirs d’égotisme qu’ils font écho. Pareillement, c’est de l’auteur du Rouge et le noir et des Chroniques italiennes que procède le culte de l’énergie, dont Barrès célébra les variantes dans l’Espagne, ardente et triste, où « tout est brusque, et d’un accent qui mord »,dans le pèlerinage à Sparte, foyer de discipline, de maîtrise de soi et de sacrifice, dans l’ambition qui élève au-dessus d’eux-mêmes et de l’étiage commun les personnages des Déracinés,de l’Appel au soldat et de Leurs Figures, les trois livres qui composent le Roman de l’énergie nationale, dont Aragon a pu écrire qu’ils sont « les premiers exemples, en France, du roman politique moderne ». Quant au césarisme barrésien, cet appel à un homme providentiel que Barrès, à l’instar de nombre de ses contemporains, crut trouver dans le général Boulanger, ce fantoche démagogue qui, selon le mot cruel de Séverine, « s’annonça comme César, vécut comme Catilina et succomba comme Roméo », comment ne pas y voir un écho à l’admiration de Stendhal pour Napoléon ? De sorte qu’avec Barrès s’incarne en littérature la troisième famille politique de la droite, le bonapartisme, que l’on pourrait baptiser césarisme ou démocratie autoritaire, et dont les avatars seront non pas le fascisme à la française, cet ectoplasme qui hante les fantasmes de l’historien Zeev Sternhell, du philosophe Bernard- Henri Lévy, mais le gaullisme et aujourd’hui, peut-être, le sarkozysme… 

Quand il voulut stigmatiser Barrès, Lucien Herr, qui convertit au socialisme nombre d’élèves de Normale sup., le qualifia d’« enfant typique de petite ville ».Épithète revendiquée avec fierté par le jeune Lorrain, né à Charmes, d’une famille auvergnate fixée depuis deux générations dans les marches de l’Est. Avec l’auteur de la Colline inspirée, le régionalisme – non pas sous les espèces nostalgiques et folkloriques célébrées par certains romantiques mais sous la forme du fédéralisme et de la décentralisation – fait son entrée en littérature et en politique. Ce régionalisme, inspiré de Mistral puis de Maurras, est chez Barrès émotionnel et médité. S’il fut, dès l’enfance, sensible à l’histoire, aux paysages et aux légendes de sa province, le jeune homme s’y sentait parfois en exil, attiré qu’il était par les sirènes de l’ailleurs et les prestiges du cosmopolitisme. 

« Je n’ai jamais cessé de désirer l’Orient, mais à l’usage j’ai vu que je n’aimais dans ces pays-là que la terre des morts, des ancêtres et de la rêverie. Dans ce même moment, je comprenais qu’il faut toujours en rabattre de nos velléités, de nos chimères… » Éternel balancement de ce t homme de désir entre les pôles contradictoires de sa nature et de sa sensibilité : l’Orient et l’Occident, la volupté et la discipline, l’égotisme et l’engagement, le dilettantisme et la passion, le plaisir aristocratique de déplaire et le goût bourgeois des honneurs, l’homme libre et le patriote au service d’une cause qui le dépasse. C’est dans ce balancement, dans l’incessante quête d’un « équilibre entre la culture et la vie », qu’il faut chercher l’unité de conduite de Barrès, et le secret de sa pérenne influence. 

Par goût de la simplification, la critique paresseuse a décliné le cliché de deux Barrès successifs et distincts. Il y aurait d’abord le héraut du culte du moi, de l’individualisme exacerbé jusqu’à l’anarchisme, de l’analyse psychologique raffinée,des “stations de psychothérapies” et des pèlerinages morbides aux sources d’une sensibilité romantique, Venise, l’Espagne, l’Orient. Autrement dit, l’auteur de Sous l’oeil des barbares, Un homme librele Jardin de Bérénice, l’Ennemi des loisToute licence sauf contre l’amour, et, aussi, d’Amori et dolori sacrum, Du sang, de la volupté, de la mort

Puis, reniant ce qu’il avait adoré, lui aurait succédé le Barrès nationaliste et doctrinaire, chantre de la terre et des morts, gardien des bastions de l’Est, chevalier de l’intégrité nationale et du renouveau de la patrie. Celui des Déracinés, de l’Appel au soldat,de Leurs Figures, de Colette Baudoche, des Amitiés françaises, de Scènes et doctrines du nationalisme, de la Colline inspirée, et des quatorze volumes de la Chronique de la Grande Guerre

Rien de moins vrai. Ses biographes, comme Yves Chiron et François Broche, ont bien montré que, pas plus qu’il ne faut voir en l’affaire Dreyfus le moment de ce revirement, la ligne de partage des eaux entre les deux versants de son oeuvre, il n’y a eu reniement par Barrès de ses convictions de jeunesse, de ses inclinations romantiques,et même anarchistes. 

L’homme était d’une nature assez riche pour faire coexister en lui plusieurs êtres. Semblable au platane de Taine, célébré dans les Déracinés, l’écrivain s’est développé à la fois vers le ciel, poussant ses branches et son feuillage vers la lumière, et dans les profondeurs du sol,projetant toujours plus loin ses racines. La célèbre oraison qui clôt Sous l’oeil des barbares (« Toi seul, ô mon maître, je te supplie que, par une suprême tutelle, tu me choisisses le sentier où s’accomplira ma destinée. Toi seul, ô maître, si tu existes quelque part, axiome, religion ou prince des hommes ») n’a pas trouvé son apaisement définitif dans l’adhésion au boulangisme puis au nationalisme. Certes, Barrès a tenté de donner une logique à son évolution. En 1904, dans la préface à la seconde édition d’Un homme libre, il écrivait : « L’Homme libre racontait une recherche sans donner de résultat, mais cette conclusion suspendue, les Déracinés la fourbissent. Dans les Déracinés, l’homme libre distingue et accepte son déterminisme. Un candidat au nihilisme poursuit son apprentissage et, d’analyse en analyse, il éprouve le néant du Moi, jusqu’à prendre le sens social. La tradition retrouvée par l’analyse du Moi, c’est la moralité que renfermait l’Homme libre, et qu’allait prouver le Roman de l’énergie nationale ». Soit, mais Barrès n’a pas éradiqué une partie de son moi, il l’a seulement refoulée. 

Au moment de son investiture comme candidat boulangiste à Nancy, l’écrivain confessait que rien ne le désignait pour aucun parti, qu’il fallait qu’il se fasse une doctrine, mais « pourvu qu’elle soit fixe, je ne crois pas nécessaire d’en avoir la conviction… » ! À l’instar de Philippe, le héros du Culte du moi, Barrès se serait-il contenté, cynique, de « s’amuser aux moyens, sans souci du but » ? Ses convictions n’auraient-elles été que de façade ? Serait-il resté ce dangereux « anarchiste en escarpins vernis » dénoncé par certains contemporains ? Son évolution, de l’anarchisme au socialisme puis au nationalisme, ne serait-elle qu’un jeu intellectuel ? Sans doute, la curiosité, le désir d’engranger des émotions et des matériaux pour son oeuvre littéraire ont-ils motivé, plus que la conviction, l’engagement de Barrès en politique. 

Dans l’un de ces accès de neurasthénie qui le plongeaient souvent dans le doute et la mélancolie, il avouait que la haine de la vie était au principe de son agitation, « qui ne fut jamais une course vers quelque chose, mais une fuite vers ailleurs ».Mais, à Zola, le même homme confiait que la vie politique lui avait donné « le sens des réalités, des vérités, le sentiment de ce qui est commun à tous les hommes, la compréhension de l’histoire aussi ».Ce sens des réalités lui fit garder,malgré son admiration pour Maurras et sa logique implacable, sa fidélité à la République, au suffrage universel, et au souvenir de la Révolution. Romantique malgré tout, Barrès voulait que les assises de la France reposent non sur la seule raison mais sur la sensibilité. Reste qu’il s’est, pour reprendre une expression de Montherlant, « forgé des répugnances », qu’il a délibérément sacrifié une part de son oeuvre et de sa vie, de ses inclinations profondes, au profit de ce qu’il pensait être le bien commun – l’intégrité et la grandeur de la nation, la reconstitution des “amitiés françaises”, l’harmonie entre les diverses familles spirituelles du pays. 

De la part de l’homme libre, qu’il n’a jamais cessé d’être, de l’amoureux de « toute beauté qui s’en va vers la mort », cela est digne de respect, d’admiration même. Mais là n’est pas la victoire posthume de Barrès, dont la royauté fut et demeure littéraire plus que politique. C’est à la musique et au ton de l’écrivain, à sa merveilleuse insolence, à l’acuité de son intelligence,qui l’empêchait de conclure l’éternel dialogue de la Chapelle et de la Prairie – « Je suis, dit la Prairie, l’esprit de la terre et des ancêtres, la liberté, l’inspiration. Et la Chapelle répond : je suis la règle, l’autorité, le lien, je suis un corps de pensées fixes et la cité ordonnée des âmes. À laquelle obéir ? Et faut-il choisir entre elles ? Ah ! Plutôt qu’elles puissent, ces deux forces antagonistes, s’éprouver éternellement, ne jamais se vaincre, et s’amplifier par leur lutte même ! » –, c’est à ce Janus bifrons, « le plus déconcertant et le plus prodigieux écrivain français du siècle », selon Jacques Laurent, que sont redevables des auteurs aussi différents que Montherlant et Aragon, Mauriac et Drieu Malraux, Nimier et Camus, et jusqu’à, de nos jours, un Guy Dupré et un Daniel Rondeau.  

mercredi, 22 août 2007

Henri Vaugeois républicain de gauche qui devient monarchiste grace à bainville et à maurras

Henri Vaugeois (1864-1916) était cofondateur de l'Action française (1898) avec Maurice Pujo.

Henri Vaugeois était d'abord un professeur de philosophie de centre gauche, républicain (d'ailleurs descendant d'un conventionnel régicide). Il appartient à une cercle d'intellectuels de gauche, l'Union pour l'action morale, qui prit parti pour la défense du capitaine Dreyfus. A ce moment, par réaction nationaliste, Henri Vaugeois et Maurice Pujo quittèrent ce cercle pour fonder, le 8 avril 1898, le premier comité d'Action française qui deviendra Action française.

 

vendredi, 17 août 2007

Le Colonel Chateau Jobert dit Conan

CHATEAU-JOBERTChateau-Jobert en Lybie

Un homme modeste, avec une carrière exceptionnelle. Dans l'Armée, c'est un nom; chez les Paras, c'est un "profil pour une médaille". "Deuxième classe" en 1936, colonel en 1956. Campagnes d'Erythrée, Syrie, Libye. En 1943, il commande le 3° "French S.A.S. Régiment, parachuté en France de la Bretagne à la frontière suisse (1944). En 1945, il crée les Ecoles parachutistes de Lannion et Pau-Idron. Deux séjours en Indochine, de 1947 à 1952, au commandement de la Demi-Brigade de Paras Coloniaux. En Algérie (1955 à 1957), il commande le 2° Régiment de Parachutistes de l'Infanterie de Marine, qui fut parachuté à Port-Saïd - Port-Fouad. De 1957 à 1959, il commande à Bayonne la Brigade de Parachutistes d'Outre-Mer. En 1960, il est auditeur à l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale et au Centre des Hautes Etudes Militaires ("l'école des maréchaux"). Il est promis aux plus hauts échelons militaires mais, fervent défenseur de l'Algérie française, et fidéle à ses convictions, il déserte en janvier 1962 pour réapparaître au commandement de l'O.A.S. de l'Est algérien. Condamné à mort en 1965, il passera sept ans de clandestinité à l'étranger en y mettant au point le fruit de ses études personnelles. Le 3 novembre 1968, il a pu rejoindre Morlaix, sa ville natale, après sept ans de clandestinité depuis son départ de France.

Commandeur de la Légion d'honneur, compagnon de la Libération, Croix de guerre, dix palmes, D.S.O.,médaille de l'Aéronautique, médaille d'or de l'éducation physique, quinze autres décorations.

"Feux et Lumière sur ma trace" auteur Colonel CHATEAU-JOBERT

sa deviseLe Colonel Chateau-Jobert "alias CONAN" est décédé le 29 décembre 2005, à la maison de retraite de CAUMONT l'Eventé vers 6h30. Il était le parrain de la Section U.N.P de la Réunion en 1987.Il allait fêter ses 94 ans. Voici quelques photos.SuezLa réunionLe BaptêmeLa Réunion  1987

Carte de rechercheDécembre 2004

Décembre 2004

Pierre Chateau-Jobert, né le 3 février 1912 à Morlaix (Finistère), mort le 29 décembre 2005, était un militaire français.

Pupille de la nation à l'âge de trois ans, il s'engagea dans l'armée comme simple soldat. Sous-officier, il est blessé en juin 1940 et rejoint les Forces françaises libres, s'illustrant notamment parmi les parachutistes et combattant à la tête d'une unité de S.A.S.. Il fut décoré de la Croix de Guerre 39/45 avec 11 Citations, fait Compagnon de la Libération en mai 1945 par le général de Gaulle, et décoré de la Légion d'honneur (chevalier puis officier et enfin commandeur).

Poursuivant sa carrière militaire, il gravit les échelons jusqu'à devenir colonel en 1956. Il participa aux guerres d'Indochine et d'Algérie.

Lors de l'abandon de l'Algérie française par De Gaulle, Chateau-Jobert déserta et rejoignit l'OAS. Condamné à mort par contumace en 1965 par la Cour de sûreté de l'État, il mit à profit ses années de clandestinité pour étudier la Contre-révolution. Grâcié en 1968, il se consacra à l'écriture de livres politiques.

Lors de l'élection présidentielle de 2002, il soutint la candidature de Bruno Mégret.

jeudi, 01 février 2007

Léon de Montesquiou

Léon de Montesquiou-Fézensac (comte) (1873-1915) était un essayiste et militant monarchiste et nationaliste français. Le comte de Montesquiou fut l'un des principaux collaborateurs de l'Action française jusqu'à la Grande Guerre avec, notamment, Georges Valois, Jacques Bainville, Louis Dimier, Marie de Roux et Léon Daudet. Il a également été le secrétaire général de la Ligue d'Action française.

On lui doit plusieurs ouvrages patriotiques (anti-dreyfusards, anti-germanistes) des plaidoyers pour un nationalisme intransigeant et des ouvrages de type révisionnistes sur la défaite de 1870. Montesquiou défend la restauration monarchique (la raison d'État) comme seule solution aux "dérives" démocratiques et à la montée de l'individualisme qui caractérise, selon lui, la Troisième République.

À l'instar de Charles Maurras, le comte de Montesquiou tente de concilier le système politique d'Auguste Comte à ses idéaux royalistes et au catholicisme. Son interprétation du positivisme associe l'"ordre" comtien et la "sociocratie" à un conservatisme qu'il rapproche des idées des penseurs de la contre-révolution et à l'oeuvre du sociologue Frédéric LePlay. Montesquiou fait sienne certaines maximes du père du positivisme telles : « La soumission est la base du perfectionnement » ou « Les vivants seront toujours et de plus en plus gouvernés nécessairement par les morts » qui, sans leur contexte d'origine, viennent renforcer l'argumentaire de la doctrine d'Action française et lui conférer un statut scientifique.

Propagandiste infatigable, défenseur des traditions et exégète d'Auguste Comte reconnu par ses pairs (comme Pierre Lasserre), Montesquiou meurt prématurément au champ d'honneur en 1915.

 

Publications

  • Le Salut public, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1901.
  • La Raison d’État, Paris, Plon, 1902.
  • La Thèse sociale de ″l'Étape″. Conférence donnée aux matinées littéraires, artistiques et scientifiques de Bruxelles, le 25 février 1903 (sur le roman L’Étape de Paul Bourget), Paris, F. Levé, 1903.
  • (et al.) Nos Traditions nationales, comment les défendre ? Avec le compte rendu de la 1re réunion de l'″Entente nationale″ tenue à la salle de la Société de géographie, le 8 juillet 1904. Lettre de M. Paul Bourget. Conférence de M. Léon de Montesquiou. Discours de MM. le Dr Le Fur, Rondeau, Marc Sangnier, Copin-Albancelli, H. de Larègle, de Lamarzelle, Paris, Tardy-Pigelet, 1904.
  • Les Raisons du nationalisme, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1905.
  • Ma révocation, Paris, Éditions de l’Action française, 1907.
  • « Préface », Louis de Bonald, Considérations sur la Révolution française. L'émigration. L'aristocratie et la noblesse. Le gouvernement représentatif. Le traité de Westphalie. L'équilibre européen. La fin de la Pologne. Notice sur Louis XVI. La question du divorce. La société et ses développements. Pensées, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1907.
  • L'Antipatriotisme et la République dans les manuels scolaires. Conférence faite à Lille le 5 mars 1910, Paris, Bureaux de l’Action française, 1910.
  • Le système politique d’Auguste Comte, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1910.
  • Le réalisme de Bonald, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1911.
  • De l'Anarchie à la Monarchie, Paris, Bureaux de l’Action française, 1911.
  • Auguste Comte. Quelques principes de conservation sociale, Paris, Bureaux de l’Action française, 1911.
  • La Noblesse. Suivi d'extraits de Blanc de Saint-Bonnet sur le même sujet, Paris, Bureaux de l’Action française, 1911.
  • L’œuvre de Frédéric LePlay. Suivie de pensées choisies de nos maîtres : Joseph de Maistre - Bonald - Auguste Comte - Balzac - Taine – Renan, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1912.
  • Le Contrat social de J.-J. Rousseau, Paris, Institut d’Action française, 1912.
  • Bonald. Une philosophie contre-révolutionnaire, Paris, Bureaux de l’Action française, 1913.
  • Les consécrations positivistes de la vie humaine, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1913.
  • Notes sur la Roumanie, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1914.
  • 1870. Les causes politiques du désastre, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1914.
  • Les débats sur l’armée en France (1867-1870) et en Prusse (1860-1866), Paris, Ligue d’Action française, 1917.
  • Les origines et la doctrine de l'Action française, Paris, Ligue d’Action française, 1918.

Eugène de Lur-Saluces

Eugène de Lur-Saluces (comte de, Cte) (né vers 1850, mort vers 1930), avocat, militant monarchiste et journaliste français. Proche de Paul Déroulède et de la Ligue de la patrie française, le comte de Lur-Saluces fréquente les milieux royalistes et patriotiques au tournant du siècle. À partir de 1900, il se joint à l'Action française et contribue à l'activité de propagande antidreyfusarde, antisémite et nationaliste du mouvement.

Eugène de Lur-Saluces est issu d'une riche famille d'ancienne noblesse qui possédait depuis le règne de Louis XVI le domaine d'Yquem de même que le château et l'église richement décorée d'Uza. (À noter: aujourd'hui, le Château d'Yquem est bien connu par les amateurs de vin liquoreux, il s'agit d'un vignoble de 148 hectares qui s'étend sur la plus haute colline de Sauternes).

En 1870, Lur-Saluces sort de l'École militaire pour faire la campagne de 1870. Durant la guerre franco-prussienne, il prend part à la bataille de Coulmiers. Il se marie en 1882 avec une héritière de la famille Mac-Mahon à l'église d'Yquem (qui était dédiée à saint Louis IX).

En 1899, il participe - aux côtés du royaliste André Buffet - au coup d'État manqué organisé par Déroulède et plusieurs membres de la Ligue de la patrie française. Il est condamné à dix ans de bannissement par la Haute Cour sous le chef de complot contre l'État en 1900.

Comme son confrère Buffet, Lur-Saluces est contraint de s'exiler à Bruxelles. Pendant ce temps, il collabore aux activités du bureau politique du duc d'Orléans (famille d'Orléans). Toujours en 1900, Lur-Saluces se fait connaître des milieux monarchistes grâce à l'Enquête sur la monarchie (Gazette de France, 1900, puis édité en volume) de Charles Maurras. Ce dernier l'avait rencontré en Belgique et avait reproduit des extraits de ses entretiens dans le "premier livre" de son "enquête".

Lur-Saluces s'y montre en faveur de la restauration d'une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée. Ses idées, tout comme celles de Buffet, seront reprises par Maurras pour la rédaction de son programme monarchiste "Dictateur et Roi". Par l'intermédiaire de Maurras, Lur-Saluces est érigé au rang des royalistes intègres et intransigeants de l'époque. Sa contribution à l'"enquête" fait de lui un maître à penser de l'Action française et de l'orléanisme. Il était d'ailleurs le président du comité royaliste français du Sud-Ouest.

Proche de Georges Valois, d'Henri Vaugeois et des Camelots du roi, Lur-Saluces a contribué à la propagande monarchiste de l'Action française pendant vingt-cinq ans. Il était membre du conseil d'administration de la maison d'édition principale du mouvement: La Nouvelle librairie nationale.

En 1925, lorsque Valois quitte l'AF pour fonder le Faisceau, Lur-Saluces est exclu du mouvement par Maurras qui acceptait mal de perdre la Nouvelle librairie nationale (dirigée par Valois depuis 1912). Le comte poursuivra son activité journalistique sans renoncer à ses convictions royalistes et contre-révolutionnaires jusqu'à sa mort vers 1930.

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