mercredi, 04 novembre 2009
2 articles sur le Prince Jean d'Orléans
UN PRINCE CHRÉTIEN
« Je pense en prince chrétien. J'agis en prince français » : telle est la devise de l'héritier de nos rois, qui vient de publier un livre d'entretiens.
Si la foi chrétienne est le fil rouge du livre, c'est qu'elle est celui de la vie de Jean de France. Issu d'une famille qui a donné à notre pays plusieurs saintes et saints, il n'est pas de ceux qui considèrent que notre pays doive adopter à l'aube du XXIe siècle profil bas sur ce qui fait sa spécificité - d'aucuns diraient, en ces temps de débat incertain, son identité : « La France est d'abord un pays chrétien. [.] nous devons [au christianisme] ce que nous sommes. Bien des difficultés seront aplanies si les uns s'en souviennent et si les autres l'admettent. Encore faut-il qu'il y ait des dirigeants pour le rappeler. »
D'emblée les termes du débat sont posés : loin de remettre en cause la laïcité, Jean d'Orléans pense qu'il convient de rappeler l'origine chrétienne de cette notion polysémique et souvent polémique. Il ne cherche pas, comme d'autres, à la « positiver » : « Je ne conçois, pour ma part, qu'une laïcité bienveillante, l'État devant reconnaître aux cultes le droit de s'exprimer sur les problèmes contemporains quand le respect de principes fondateurs de notre vie sociale est en jeu. » Aussi les principes chrétiens, de par leur dimension universelle, doivent-ils continuer de vivifier ceux d'une société qui ne doit pas en oublier l'origine : « Quand bien même nous voudrions les laïciser, les valeurs qui ont fondé notre civilisation - à commencer par le respect de la personne humaine - sont issues de cet héritage chrétien. C'est parce que nous l'avons oublié que nous ne savons plus vraiment ce qui nous rassemble aujourd'hui. » S'en souvenir interdira au contraire à la pluralité sur notre sol de tourner à la communautarisation de la société, c'est-à-dire à son éclatement via le multiculturalisme. D'où le refus de la discrimination positive : « Même si nous n'avons pas tous les mêmes convictions ni les mêmes croyances, nous pouvons nous retrouver sur des valeurs communes, dont le respect assure l'ordre juste dont parlait saint Thomas d'Aquin ».
Aussi comprend-on qu'à la suite de Jean-Paul II et du futur Benoît XVI, dont il cite une note de 2002 sur le sujet, la modification chrétienne du pouvoir soit au centre des préoccupations de Jean d'Orléans : elle débouche sur la nécessité, à ses yeux, de l'engagement des chrétiens dans l'action politique car il y va du bien commun : « Le christianisme est une religion trinitaire, donc nécessairement, et depuis toujours, une religion de relations. Les chrétiens ont un rôle à jouer. » En dehors de toute considération politique- le meilleur régime à adopter pour la France -, c'est là que se situe l'urgence : « Les chrétiens ont [.] une immense responsabilité sociale : la charité qui les anime doit les conduire à s'engager dans l'intérêt d'une société qui, sans eux, est menacée de désagrégation. »
Axel Tisserand, pour France Catholique.
http://www.france-catholique.fr/Jean-de-France-un-prince-...
Ce prince-là n’a rien d’un prince à paillettes.

D’une élégante sobriété, en veste de daim et pantalon de velours kaki, Jean de France rejoint ses rendez-vous à bicyclette. « C’est plus pratique. Et ainsi je fais un peu du sport dont j’ai besoin pour évacuer les tensions. » Ces derniers mois, tout est allé vite pour l’héritier de la Maison de France : mariage avec sa femme Philomena, naissance d’un bébé prévue pour la fin de l’année, et sortie de son livre d’entretiens (1). Marié à 43 ans, il s’émerveille : « Dieu veille ; on avance droit avec des parcours sinueux ».
http://www.gensdefrance.com
Jean de France n’a pas vraiment connu la vie de château. Ses yeux bleu clair, légèrement tombants, lui donnent parfois un air grave. « Le départ de mon père du foyer familial quand j’avais 8 ans m’a marqué profondément. » Et il est le troisième d’une famille de cinq enfants dont deux sont handicapés. Il le dit, il l’écrit : « Je dois beaucoup à François et Blanche. Ils m’ont ouvert le cœur par leur handicap, leur simplicité ». Il va régulièrement à Lourdes au service des malades.
Malgré les difficultés familiales, il avance. « Je suis témoin qu’avec l’aide de Dieu, il est possible de se relever », dit-il d’une voix posée. Les rencontres d’éducateurs chrétiens, puis de philosophes comme Jean Guitton ou Marcel Clément, l’aident à se construire. Les discussions acharnées avec son grand-père, feu le comte de Paris, le stimulent. Des lieux privilégiés marquent son enfance : entre autres, le Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure – sa mère, la duchesse de Montpensier, était proche de Marthe Robin et du Père Finet. « Zap, zap ! J’entends encore la lampe à dynamo du Père Finet lorsqu’il l’allumait pour entrer dans la sombre chambre de Marthe. »
Il a beau être prince, il lui faut travailler. Après un MBA d’économie obtenu aux États-Unis, quelques années comme consultant chez Deloitte, Jean de France monte sa société, Avenir et Patrimoine Conseil, destinée à promouvoir le patrimoine français. Ces derniers jours, il était à Francfort pour l’ouverture d’une exposition consacrée à l’ébéniste Boulle ; deux ans de travail. Pour décompresser dans une vie souvent chargée, il regarde des films d’action américains, écoute le groupe irlandais U2, marche sur le chemin de Saint-Jacques…
Réservé, l’héritier des rois de France n’en est pas moins déterminé. Il fait connaître ses convictions. « Je pense en prince chrétien, j’agis en prince français. » Imagine-t-il porter une couronne sur son large front ? Rien d’évident. Il a simplement conscience de la position particulière que lui confère l’Histoire. Elle lui donne le souci de réfléchir à l’identité de la France, à ses racines chrétiennes. « Comment savoir où aller si on ne sait pas d’où l’on vient ? » Il prend le temps de la rencontre avec les Français, de l’analyse. Il travaille d’arrache-pied, enchaîne conférences et voyages à l’étranger. « Le modèle social s’effrite. Les gens ont soif de repères », constate-t-il.
Sans complexe, il se reconnaît de la « génération Jean-Paul II ». Parfois, il rêve d’installer des chapelles dans les centres commerciaux pour annoncer le Christ… Dans son livre, il s’attaque à des sujets tabous : le respect du salarié, le caractère propre de l’école catholique, la banalisation de l’avortement, le soutien aux familles. « L’espace public est souvent occupé par “des grandes gueules et gros bras” qui s’intéressent plus aux égoïsmes particuliers qu’au bien commun. » Et pourquoi lui n’aurait-il rien à dire ?
Bénédicte Drouin
http://www.famillechretienne.fr/agir/temoignages/jean-de-...
09:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société française, prince jean d'orléans, héritier des orléans, chrétienté, princesse philomena, éducateurs chrétiens, difficultés familiales, famille chrétienne, la france catholique |
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