lundi, 20 juillet 2009
Plongeon dans les débuts du Rock au Royaume-Uni
Tommy Steele "Doomsday Rock"Au Royaume Uni le rock nait avec Tommy Steele (né Thomas Hicks William en 1936 à Bermondsey, près de Londres), première "teenage idol" et Rock'nroll star de Grande Bretagne. En 1956 Larry Parnes (1930 - 1989), de son vrai nom Laurence Maurice Palmer, commerçant londonien, s'associe avec John Kennedy, agent théâtral. Celui-ci a découvert au 2I's (un café londonien ou débutèrent nombre de rockers et de groupes de skiffle) un jeune chanteur, Tommy Hicks, il convainc Parnes de le manager avec lui.
Issu d'une famille modeste, Tommy est le deuxième d'une fratrie de sept enfants. En 1952 il embarque à bord du "Scythia" sur lequel il navigue 18 mois, puis malade, il passe plusieurs mois à l'hôpital, ou il apprend à jouer de la guitare. Remis sur pied il embarqué sur un navire de la Furness Withy Line qui fait la liaison New-York Bermudes. Sur le "Mauritanie" il s'emploie à distraire les passagers par ses chansons et ses sketchs. Ces voyages lui fournirent l'occasion de se familiariser avec diverses musiques ; calypso, maori, country et western et Jazz. Durant ses permissions il jouait dans un groupe de country "The Sons of Saddle" qui se produisait dans les bases del'US Army, il lui était strictement interdit d'ouvrir la bouche, son fort accent cockney ne faisant pas très Texas. Il est de retour à Londres fin 1956.

Tommy Steele
Steele, "Britain's First Rock'n roll Star", commenta ainsi son succès "Ils cherchaient quelqu'un qui puisse jouer du Rock, et j'étais la [...] j'étais assez bon guitariste. [...] Je connaissais par cœur les blues de Leadbelly et les chansons de Hank Williams. Je voulais marier ces deux styles; C'est ce qui m'a décidé à composer Rock With The Cavemen, Rock Around The Town, Rebel Rock, Doomsday Rock.. lorsque le mot "rock" est devenu à la mode aux Etats-Unis [...] En Angleterre, ils n'avaient encore jamais vu d'amplificateurs pour guitare". Nik Cohn écrit de lui "Tommy faisait de son mieux pour être à la hauteur. Sur scène il se tortillait et se trémoussait tout ce qu'il pouvait [...] Et pourtant i manquait de carrure. Son problème : il n'avait pas le démon en lui"
Dans les années 60 il entame sa reconversion comme acteur - on le vit au cinéma dans "The Tommy Steele Story" (1957), "The Duke Wore Jeans" (1957), Tommy the Toreador (1959), Light Up the Sky! (1960) ou "It's All Happening" (1963) - vedette de music-hall et animateur de télévision.

Terry Dene - Brain Gregg et Terry Dene
Terry Dene "C'mon and be Loved" The Golden Disc (1958)
A Tommy Steele succéda Terry Dene (né en 1938 à Londres de son vrai nom Terry Williams). Issu lui aussi d'un milieu modeste de Elephant and Castle à Londres, il est repéré en 1957. John Good le programme dans son émission de télévision. Il enregistre pour Decca des morceaux américains comme "Start Movin'" et "A White Sport Coat" qui deviennent des tubes en Angleterre. Devenu une idole Dene connu la vénération des fans qui s'affublaient du badge "I am a Dene-Ager". Garçon faible il perdit rapidement pied et s'adonna à l'alcool et... au bris de vitre et de cabines téléphoniques....
En juillet 1958 il épouse, à 19 ans Edna Savage, qui la nuit de noce l'attendit en vain, Terry étant parti pour une virée de trois semaines en moto. Les disputes du couple devinrent célèbres et donnèrent lieu à un mauvais calembour "Terry Dene rend il Edna Sauvage. ?" Puis il part fièrement effectuer son service militaire. Il déchante rapidement "C'était sinistre mec, tout simplement sinistre. Je me tenais là avec ma gamelle de fer, on me servait ma ration exactement comme à tous les autres. De m'imaginer dans ce petit lit avec quinze gars autour de moi, je me suis vraiment senti mal". Deux mois plus tard il est déclaré inapte, mais ces deux mois auront suffi pour que plus personne ne l'attende ni Edna qui l'a quitté, ni le public qui n'achete plus ses disques. Lors d'un concert de come-back à Blackpool il doit abandonner la scène sous les huées. Pendant un temps il n'arrête pas de tenter le come-back, puis une nuit de 1964 il rencontra Jésus.
Pour Nik Cohn " il était abonné aux ennuis. Ce n'était pas un chanteur hors pair et il lui arrivait souvent de se faire siffler.[...] Il broyait du noir jusqu'a se mettre dans tous ses états [...] ses déprimes et ses come-back à répétition fascinaient la presse qui mit le paquet sur lui. Du coup il jouissait d'une célébrité sans commune mesure avec ce qu'il avait réellement accompli - même selon les critères en vigueur dans la pop".

Edna Savage pose avec "The savages" le groupe de Screaming Lord Sutch

Billy Fury "I Think You're Swell" Billy Fury (de son vrai nom Ronald Wycherley - 1941-1983) originaire de Liverpool, est sans aucun doute le plus sauvage et le plus authentique des rockers anglais. En 1958, il force la porte de la loge de Marty Wilde et joue quelques morceaux, Larry Parnes qui trainait par là l'entend, le rebaptise illico Billy Fury, l'embauche et le propulse sans perdre une minute en première partie du concert de Wilde. Il remporte un triomphe avec une de ses compositions "Maybe Tomorrow". et se joint à la tournée. Ainsi nait une étoile au jeu de scène provocant "au cœur de l'action, il s'enroulait comme un python autour du microphone et le violait. Ce qui lui valut une interdiction de se produire en Irlande et des problèmes en Angleterre" raconte Nik Cohn.
Son chef d'œuvre reste le 25 cm "The sound Of Fury" enregistré avec Joe Brown et Andy White et dont il composa tous les titres. En 1961, à l'apogée de sa carrière il s'installe à la campagne ou il découvres a nouvelle passion l'ornithologie. Il est demeuré une vedette populaire jusqu'en 1966.. au prix de concessions exigés par sa maison de disque qui voulait en faire une idole familiale, jeu de scène très assagi et reprise de ballades américaines. Il fut accompagné par les Blue Flame, puis les Tornados et pour finir par les Gamblers. En 1967 il disparait des hit-parades. En 1972 il sort de sa retraite pour le festival de Rock Revival de Wembley aux côtés de Bill Haley, jerry lee Lewis ou Chuck Berry. En 1973 il tourne dans le film "That'll Be The Day", incarnant un personnage inspiré de sa vie Stormy Tempest. Il meurt à Londres en 1983 à 42 ans.

Gene Vincent, Joe Brown, Billy Fury, Eddie Cochran

Cliff Richard et The ShadowsCliff Richard (de son vrai nom Harry Rodger Webb) est né en 1940 en Inde. Sa famille s'installe en 1947 en Angleterre. En 1957, après avoir découvert Bill Haley, il devient un inconditionnel de Presley. Il apprend à jouer de la guitare, fait ses armes dans un groupe de skiffle le Dick Teague Group, puis en 1958, il forme les Drifters (avec Terry Smart et Ian Samwell) et Harry Webb devient Cliff Richard. En septembre 1958 il passe dans l'émission télévisée de Jack Good "Oh Boy!" avec Move It"" et "School Boy Crush". Du jour au lendemain Cliff, Surnommé l'Elvis Presley britannique, devient une idole. Il inscrit régulièrement son nom au hit-parades avec "Living Doll", "Travellin'Light", "Please Don't Tease", "The Young Ones", "The Next Time", "Summer Holiday" … Toujours soutenu par les fidèles Drifters devenus les Shadows (Hank Marvin et Bruce Welch à la guitare, Jet Harris à la basse et Tony Meehan à la batterie).
"Il avait débuté comme un rocker fabriqué, un sous Elvis rebelle et sexy, sans que ça ait été son style naturel.[...] il irradiait une sorte de propreté rayonnante dont les simples mortels ne pouvaient même pas rêver.[...]Insipide et sirupeux il l'était, mais jamais écœurant. Un gars humble et réfléchi, fondamentalement honnête.[...] Lorsque la Beatlemania a déferlé, Cliff s'est montré bon perdant...Il a gentiment glissé à l'arrière plan" Nik Cohn. Richard connait aussi le succès au cinéma avec tant qu'acteur, dans des films "clean teen" écrits sur mesure comme The Young Ones (1961) et Summer Holiday (1962). En 1965 il devient un fervent baptiste et soutient des organisations et manifestations ultra conservatrices. De nombreux chanteurs français des années 1960 (Dick Rivers, Claude François, Eddy Mitchell...) reprirent les succès de Cliff Richard. Dans son autobiographie My Life, My Way publiée en 2008, Sir Cliff Richard (il a été anobli par la reine en 1995), révèle qu'il partage actuellement la vie d'un prêtre défroqué et fait l'apologie du mariage des homosexuels.

Cliff Richard et The Shadows - 1961
13:52 Publié dans Musique, Cinéma, DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, musique, rock, the shadows, royaume uni, grande bretagne |
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