lundi, 13 juillet 2009

Consommation des français et crise économique. Le premier critère d'achat n'est pas le prix

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Consommation des Français et crise économique


Le premier critère d’achat n’est pas le prix

Quels effets produisent la crise économique actuelle sur la consommation des Français ? Une étude réalisée par BenchmarkGroup*, et présentée le 18 juin, apporte des réponses et montre notamment que le prix n’est pas le premier critère d’achat d’un produit alimentaire.

Comme à chaque crise économique, les Français sont évidemment inquiets pour leurs revenus, et cette inquiétude pèse sur leurs dépenses. Ainsi, ils sont 39 % à juger qu’ils n’ont plus les moyens de dépenser autant qu’avant, et 38 % que la crise incite à être moins dépensiers et plus prévoyants, selon une étude du groupe BenchmarkGroup, rendue publique le 18 juin. Cette inquiétude est plus faible chez les CSP+ (selon la nomenclature INSEE : chefs d’entreprise, cadres, médecins, professions intermédiaires…), que chez les CSP- (ouvriers, employés…), car la crise rattrape plus rapidement les secondes.




Mais, sur l’ensemble, et lors de leurs achats de produits alimentaires, le prix ne va pas être le premier critère de décision des consommateurs. Alors que, pour l’habillement par exemple, l’élasticité prix est importante, pour les produits alimentaires seulement 19 % des personnes sondées disent qu’il n’y a rien de plus important que le prix dans leur choix
. De plus, bonne nouvelle pour les producteurs de produits alimentaires que sont les agriculteurs, si elles devaient réduire certaines dépenses, ces personnes mettent en tête la consommation d’énergie, d’eau, l’achat de DVD et de CD ou celui d’équipements pour la maison, mais l’alimentation arrive en dernière position avec les dépenses de santé. Bref, 54 % des Français ne sont pas prêts à réduire leurs dépenses alimentaires.
Consommation « responsable »
En fait, c’est l’origine française du produit qui est le plus privilégié dans l’achat d’un produit alimentaire (45 %) et la mention d’un label de qualité ou d’une mention « bio » (34 %). 20 % des personnes sondées vont le choisir aussi pour son caractère « commerce équitable » ou « écologique ». Des résultats qui montrent que la consommation dite « responsable » est un phénomène de fond, celui du développement progressif d’un « mieux consommer ». Derrière cette expression, les personnes interrogées mettent à 83 % « ne pas gaspiller, ne pas jeter », à 73 % « consommer mieux », à 64 % « consommer des productions locales qui limitent le transport ». Ce n’est pas l’idée du moins consommer qui l’emporte donc – seulement 19 % des sondés –, mais plutôt consommer de façon plus intelligente.
Dans le détail, on remarque que les CSP+ sont moins contraintes par le prix en ce qui concerne l’alimentation. Pour elles, dont une part importante a voté pour la liste Europe Ecologie lors des dernières élections européennes, le 7 juin, ce qui prime, « quitte à payer plus cher », c’est le label de qualité ou la mention « bio », la marque du fabricant ou la mention « commerce équitable » ou « écologique ».

Importance de l’origine
D’ailleurs, l’étude montre que les préoccupations environnementales arrivent en tête des critères de décision d’achat chez les Français, tout produit confondu. 74 % accordent plus d’importance qu’avant aux consommations d’énergie des produits dans leurs achats, 65 % aux mentions « écologiques » et 55 % aux mentions « commerce équitable ». De plus, il est confirmé que les produits bio ont le vent en poupe – 39 % en achètent plus depuis un an –, et, dans cet achat « bio », le bénéfice « environnement et santé » l’emporte sur la qualité du produit. 57 % en achètent d’abord parce qu’ils sont plus respectueux de l’environnement, 52 % parce qu’ils sont plus sains, et seulement 25 % parce qu’ils sont meilleurs. Les moins de 35 ans, enfin, sont les plus acquis à la cause du bio. En outre, chez les CSP+, on est un peu moins protectionniste dans ces achats alimentaires que chez les CSP-, car on est davantage, nous l’avons vu, sur des considérations environnementales et de santé, plutôt qu’économiques. Mais si on considère l’ensemble des Français, l’origine des produits – qui doit s’entendre en terme économique et non en terme écologique, c’est-à-dire la recherche d’une moindre consommation de carburant pour transporter ces produits – revêt de plus en plus d’importance dans l’acte d’achat. Seuls 20 % des Français interrogés n’accordent absolument aucune importance à l’origine française des produits, et 32 % à leur origine européenne.

* Enquête en ligne réalisée par BenchmarkGroup, au cours du mois d’avril 2009, auprès de 4.073 consommateurs. Ces personnes ont été interrogées sur la perception de la crise, leurs attitudes face à elle, leurs arbitrages en matière de consommation, et la consommation « responsable ».

 

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