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vendredi, 03 juillet 2009

99 Luftballons par Nina

Voilà les explications de cette chanson contre la guerre froide

C'est dans ce sentiment de révolte et d'exaspération que Nena va créer 99 Luftballons. Les paroles sont très engagées contre la Guerre Froide. Le thème général est l'histoire de 99 ballons qui flottent dans le ciel et qui sont identifiés par les forces militaires comme une attaque. Ainsi toute l'armée et tous les armements sont mobilisés pour neutraliser les ballons et provoquent une gigantesque explosion destructrice qui dévaste la planète. Dans sa chanson, Nena se moque des dirigeants de l'époque qui étaient constamment sur le point de déclencher une guerre mondiale et de la quantité faramineuse des armements avec lesquels on aurait pu détruire un nombre incalculable de fois la planète. La chanson reflète également parfaitement le climat de tension et de terreur de cette période.

la version des années 80

 

la nouvelle version celle faite pour Arte

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Du Loup Garou ou Varou par Louis du Bois


Fit lupus, et veteris servat vestigia formæ,
Canities eadem est, eadem violentia vultu,
Iidem oculi lucent, eadem feritatis imago.
OVIDE, Mét. liv. I, v. 237.


On trouve le Loup-Garou dans les contes superstitieux de la pluplart des peuples : car les erreurs et les sottises ont pour ainsi dire fait le tour du globe, et se sont assises en souveraines sur le trône de l’univers.

Il est bien probable que ce scélérat de Lycaon que dans son propre palais Jupiter prit la peine de changer en loup, fut un des premiers et sera toujours le plus célèbre des loups-garous anciens et modernes.

Sans doute ce nom de loup-garou signifie le loup dont il importe beaucoup de se garrer ; peut-être aussi cette dénomination vient-elle du mot gare, employé par les paysans pour bigarré, de plusieurs couleurs : le loup-garou étant quelquefois de couleurs variées. On disait autrefois être en garrouage pour dire être en débauche, et la conduite du loup-garou en effet n’est pas une conduite à suivre ; c’est dans ce sens que La Fontaine a dit :

Que Jupiter était en garrouage,
De quoi Junon était en grande rage.

Du Cange dérive le mot garou de l’Anglais Were, primitif celtique d’où les latins ont fait Vir, homme ; Were à la même signification : ainsi le loup-garou serait un loup homme ou un homme changé en loup. De Were on a fait Garou, comme de William on a fait Guillaume, de Vespa guêpe, de Vadum gué, de Viscum gui, etc. Si l’on en croit Mitalier, le mot de Garou est juif ; Saumaise le dérive de Varare, passer, courir. Pasquier dit en parlant des loups-garous (VIII, 61), que Pline (liv. 8) « se moque de ceux qui de son tems croyaient que quelques hommes étaient transformés en loups : erreur qui s’est transmise jusque à nous quand nous les appelons loups-garous. Vrai que, pour en user proprement, il le faudrait rapporter à la lycanthropie, maladie discourue par les médecins, quand une personne, affligée d’une imagination furieuse, pense être transformée en loup. »

Le loup-garou, le guérou ou varou, est une sorte de loup par excellence qui, dans les longues nuits de l’hiver, surtout pendant l’avent de Noël, infeste principalement les campagnes, répand l’alarme et l’épouvante dans les cerveaux assez bien disposés des paysans.

Le loup-garou a donné naissance à une encyclopédie d’histoires répétées d’âge en âge, et transmises soigneusement par les crédules grand’mères à leurs petits-enfans épouvantés. Il est le héros très actif de presque tous les contes merveilleux ; il est le grand moteur de tout ce qu’il y a de mieux dans ce genre.

Des loups cruels, jadis très communs à cause de la grande quantité de forêts qui couvrait la Gaule, profitant des longues nuits pour commettre plus sûrement leurs brigandages, ont probablement donné l’être à l’histoire des loups-garous ; et, comme l’ignorant est surtout avide de prodiges, il a bien fallu supposer que des loups aussi carnassiers étaient des loups surnaturels : ce qui offrait à la peur une excuse et aux contes extravagans une source intarissable d’intérêt, de fictions et de développemens. Ces mauvais principes qui ne règnent que pendant les longues nuits d’hiver, ces génies soit du bien, soit du mal, qu’on retrouve partout où le mal est mêlé de bien, où la rigueur des hivers succède au charme de l’été, où le jour fait place à la nuit, ces idées qui avaient fait adopter par les Perses un Oromase et un Arimane, n’ont pas peu contribué à mettre en crédit les loups-garous, les sorciers, les laitices, les larves, et cette foule d’esprits bienveillans ou pervers qui sont censés exposer les hommes à tant de chances diverses.

Le loup-garou est en Normandie un homme dont le diable s’est emparé et que, tous les soirs après le coucher du soleil, il revêt d’une peau de loup, de chèvre ou de mouton. Cette peau s’appèle une hure. Le diable, auquel ce malheureux est échu en partage, le traite fort durement ; les coups de bâton trottent, les croquignoles et les nasardes ne sont point épargnées ; les gourmades et les horions pleuvent à foison ; le pauvre patient est fouetté cruellement. C’est ce qui arrive surtout, si à l’heure que Satan lui a fixée, le possédé ne se trouve pas exactement au rendez-vous qui est ordinairement le pied d’un if ; le malin va trouver chez lui le retardataire, l’entraîne rapidement par les oreilles, et l’étrille d’importance, et pour le bon exemple, au centre de chaque carrefour, et devant toutes les croix du voisinage.

Si un homme courageux rencontre le loup-garou et qu’il ait pour lui de bonnes intentions, il peut arracher au diable sa proie ; mais il faut ou que le diable soit aussi fin qu’on le dit, ou que les hommes courageux soient passablement rares : car on raconte fort peu d’histoires de loups-garous délivrés.

Il est vrai que la délivrance d’un loup-garou n’est pas une affaire aussi facile qu’on peut l’imaginer ; il faut beaucoup d’adresse pour amener à bon port cette périlleuse entreprise. Quoi qu’il en soit, voici la recette la plus certaine ou au moins la plus accréditée parmi les paysans. Lorsque on rencontre le loup-garou et qu’on veut l’arracher à la puissance du diable, il faut lui porter dans le front trois coups de couteau bien appliqués. Si le sang coule, le loup-garou est sauvé, sa peine lui est remise, sa hure tombe, comme celle d’Azor rendu à la tendre Zémire ; il redevient ce qu’il était auparavant. Dans quelques cantons on prétend qu’il faut tirer trois gouttes de sang. On n’est pas bien sûr que les loups-garous ne soient condamnés à courir que pendant quatre ans : suivant les autorités les plus authentiques, la pénitence d’un loup-garou dure sept années. Cette pénitence rigoureuse peut être abrégée : elle finit au moment où le malheureux est délivré. Mais si, en cherchant à l’affranchir du pouvoir infernal, on a le malheur de le manquer, c’est-à-dire de ne pas faire couler de son sang les gouttes requises ou de ne pas l’atteindre au front, il s’opère une sorte de tacite réconduction et le bail et la peine recommencent pour sept ans entiers. Il faut que le malheureux coure sur de nouveaux frais.

Les loups-garous ont quelquefois été l’objet de poursuites judiciaires. En 1574, le parlement de Dôle (Recueil C. p. 175) rendit un arrêt qui condamna au feu un anthropophage qui, déguisé en loup-garou, avait dévoré des enfans ; en général il est beaucoup moins féroce dans nos contrées et de nos jours.

Voici l’origine des loups-garous selon les paysans. Avant la révolution on était dans l’usage de publier des monitoires dans les églises contre les malfaiteurs qui n’avaient pu être découverts par des moyens naturels, et contre ceux qui, ayant connaissance du crime et du criminel, ne les dénonçaient pas. Ces monitoires recevaient aussi le nom de Quérémonies ou de Quérimonies. Les paysans étaient persuadés que, si, malgré les différentes publications des monitoires au prône de la messe, le criminel restait inconnu et laissait passer la troisième publication, il appartenait au diable et était obligé de courir le loup-garou. Il en était de même de ceux qui avaient refusé de faire la dénonciation du coupable.

Comme c’est pendant l’hiver et à travers les mauvais chemins des campagnes que court le loup-garou, il doit être couvert de boue : c’est à cause de cet accident, qu’on dit, proverbialement, d’une personne qui se trouve en cet état, qu’elle est crottée comme un varou.

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Le Prieuré des Deux amants par Jacques Normand

Le prieuré des deux amants
conte de Noël
par
Jacques Normand

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Noir de peau, gris de poil, rude de corps et de coeur chasseur infatigable, ne croyant ni à Dieu ni au démon, le sire de Malaunay était l'effroi du pays normand. Hors ses chevaux et ses chiens, il n'aimait qu'une chose au monde : sa fille, la belle Geneviève ; mais encore l'aimait-il d'une tendresse égoïste et férocement jalouse. A la pensée qu'un autre homme pourrait, un jour, lui être préféré, il palissait de rage et, dans ses gantelets de fer, ses poings noueux se serraient...

Non, de par le diable ! jamais, lui vivant, Geneviève n'entrerait en mariage ! Pour lui seul ces cheveux d'or filé, ces longs yeux pers, cette taille frêle, ce sourire doux comme le miel, ces baisers frais qui, au retour de quelque ardente chevauchée, tombaient sur son front comme une délicieuse rosée.... Car, malgré sa rudesse, le vieil homme était choyé, gâté par l'enfant. Assurément, Geneviève souffrait de la triste vie qui lui était imposée : mais elle tâchait d'oublier que son père l'aimait mal, pour se souvenir seulement qu'il l'aimait.

Et pourtant elle aurait eu le droit de lui en vouloir, la pauvrette, car depuis longtemps déjà elle avait donné son coeur à un jeune chevalier du nom de Baudouin.

Dans le sommeil comme dans la veille, dans le songe comme dans la réalité, Geneviève croyait toujours le voir, son cher bien-aimé, plein de force et de grâce, avec ses larges épaules, sa figure pâle, son regard franc comme un éclair d'épée. Et si bon avec cela, si tendre ! En vain avait-il été en terre sainte, guerroyer contre les Infidèles ; en vain le tenait-on dans toute la contrée pour le plus grand donneur de coups de lance et d'estoc ; il avait, en causerie, les suaves douceurs d'une femme, et c'était joie de l'entendre parler d'amour.

Aussi, malgré les défenses du baron, Geneviève n'avait-elle pu renoncer à ouïr cette douce musique. Plus d'une fois, pendant que le terrible et hargneux sire de Malaunay s’absentait pour forcer quelque loup, cerf ou sanglier, la jeune fille avait reçu le cher Baudouin en cachette.

Oh ! qu'elles passaient vite, ces belles heures du rendez-vous ! Oh ! les beaux serments échangés ! les rêves mirifiques, où l'on se promenait main à main, coeur à coeur, comme dans un jardin merveilleux, fermé aux chagrins et aux peines... Ils oubliaient leurs amours contrariées, la mauvaiseté du vieux seigneur, ses refus entêtés, les terrifiantes menaces qu'il ne cessait de proférer contre Baudouin... Oui, tout cela s'effaçait, disparaissait, s'envolait : ils se sentaient heureux d'une félicité suprême, unis l'un à l'autre pour la vie et, s il l'eût fallu, dans la mort.

*
**

Or, ce jour-là, c'est jour de Noël, En vrai mécréant peu soucieux des lois de l'Église, le sire de Malaunay, dès avant l'aube, est parti en chasse. Une neige épaisse couvre la terre, mais le soleil brille dans le ciel pur.

Et c'est un très détectable spectacle et très réjouissant que celui du manoir de Malaunay avec ses murailles crénelées, ses toits pointus, ses échauguettes évidées, ses fins pyramidions de pierre, tout cela couvert comme d’une poussière sucrée et au-dessous, semblable à des poules frileuses serrées les unes contre les autres, les maisons et chaumières du village d'où sortent de minces filets de fumée.

Haut très haut, plus haut encore que le château et lui faisant vis-à-vis, sur un roc escarpé, accessible seulement par un étroit et rude sentier, noir tout le long de la côte blanche de neige, la chapelle se dresse, toute bruissante du chant des cloches. A cet appel matinal, les habitants, hommes et femmes, sortent de leur logis, en se frottant les mains et battant du pied, car le froid est piquant. Ils se réunissent sur la grande place par groupes, et devisent entre eux avant de se rendre aux saints offices. Dans un coin, sur une mare gelée, des garçons glissent avec force bousculades et horions.

Mais voici que tout ce monde s'arrête à la fois de marcher, causer et glisser. La poterne du château s'est ouverte et Geneviève sort, suivie de deux chambrières. On regarde, on salue. Qu'elle est svelte et mignonne, la jeune châtelaine, en son long manteau de velours doublé de menu vair, un gracieux hennin sur la tête, les mains frileusement cachées dans un manchon d'hermine, d'où sort la pointe rouge de son livre d'heures. Elle marche, légère, et ses petits pieds laissent à peine de trace sur la neige ; elle marche jetant un sourire à celui-ci, une bonne parole à celui-là, et elle se sent aimée, admirée, heureuse... oui, heureuse ! Car, non loin d'elle, perdu dans la foule des vassaux, elle vient d'apercevoir Baudouin. Le chevalier, rôdant sans cesse autour de Malaunay, a vu, ce matin, le baron partant en chasse : il a profité de l'occasion pour venir trouver Geneviève et il est là, tremblant, féru d'amour, attendant qu'un regard lui permette d'approcher...

Il ne tarde guère, ce regard, et si chastement passionné, si coquettement engageant ! Que peut craindre Geneviève ?... Son père est loin et ne reviendra pas avant le soir ; autour d'elle, rien que des vassaux fidèles qui l'adorent et ne souhaitent rien plus au monde que son mariage avec Baudouin... Et d'ailleurs elle l'aime, elle le voit devant elle, tout près d'elle... Est-il prudence au monde qui puisse empêcher son coeur de voler à lui ?

D'un bond, le jeune homme est à ses genoux, lui rendant hommage, Elle le relève d'une main et, doucement :

- Vous plairait-il, messire, me donner votre bras pour aller jusqu'à la chapelle ? Par cette neige, la montée est malaisée et ce serait grande charité de votre part !

Grande charité !... Baudouin sourit en lui-même... Grande joie, joie infinie, veut-elle dire, la futée, et comme elle le sait bien ! Avec un frisson de joie satisfaite, la voilà appuyée au bras du chevalier. Traversant la grande place, ils se dirigent vers le sentier qu'on aperçoit au pied du roc.

Certes, la montée est longue et malaisée, comme l'a dit Geneviève; mais s'en plaindront-ils, les deux amants ?... Que ne peuvent-ils, au contraire, monter ainsi, l'un près de l'autre, toujours, toujours, jusqu'au ciel !

*
**

Tout à coup, ils s'arrêtent, terrifiés : débouchant brusquement sur la place, le sire de Malaunay est devant eux, droit sur son cheval haletant, suivi de ses valets et de ses chiens. La chasse a été heureuse et plus promptement terminée que d'habitude. Sur des épieux croisés, quatre hommes portent un grand loup hérissé, tout souillé de boue, les pattes molles, les veux voilés. la langue tuméfiée... Et de cette troupe de rudes chasseurs, animés par l'ardeur de la course et la joie de la victoire, monte comme une chaude buée de sueur et de sang.

A peine le baron a-t-il aperçu les deux amoureux, qu'il pique droit à eux et, du haut de son cheval, les yeux méchants, la voix sifflante :

- Or ça, dit-il, voilà le cas que vous faites de mes défenses ? Par l'enfer, messire Baudouin, puisque la mémoire vous échappe, je vais vous la renfoncer dans la gorge !

Il tire son couteau de chasse, rouge encore du sang de la bête...

- Avec moi ! fait Geneviève, couvrant de son corps le corps de Baudouin.

Devant cette poitrine chérie, l'arme s abaisse... Mais le baron a vite trouvé sa vengeance ; il jette son couteau de chasse, descend de cheval, appuie sa main sur l'épaule du jeune homme :

- Soit ! dit-il, puisque vous vous aimez, point n'ai désir de vous sépare, mais de vous réunir, au contraire...

Et, lui montrant, avec un sourire féroce, la chapelle qui s'élève là-haut, très haut, sur le sommet de la roche escarpée :

- Vous conduisiez ma fille à l'office, messire ? Fi ! laisser marcher si gente damoiselle en cette neige est indigne d'un chevalier ! Faites mieux : prenez-la dans vos bras - je vous en donne licence - et portez-la jusqu'à la chapelle. Si vous le pouvez faire sans vous arrêter ou reposer même un instant, je jure Dieu que, pour prix de votre courtoisie, Geneviève est à vous - et vous l'épousez dès demain devant ce même autel où vous l'aurez portée. Mais, si vos forces vous font défaut, si vous ne montez d’un trait jusqu'au sommet, alors c'est vous qui me jurez sur les Saints de renoncer à elle et vous mettez en ma merci.

A ces paroles, tout le monde frémit. Accepter un pareil marché, c'est être vaincu d'avance. Jamais homme vivant ne pourrait, avec une femme dans les bras, gravir ce sentier raide, glissant, qu'on met plus d'un quart d'heure à monter, et sans fardeau encore !

Mais qu'importe à Baudouin ? Un moyen s'offre à lui d'épouser sa bien-aimée... Il ne sait, ne comprend rien d'autre,... Il se sent jeune, plein d'énergie et de courage. Il aime, enfin ! Et si la force lui manque, l'amour lui en donnera !

- J'accepte! dit-il simplement. Puis, allant à la jeune fille :

- Dans mes bras, ma mie, et donnez-moi vos yeux !.......................................................................

Le haut du corps en arrière, les jarrets fermes, il monte, monte, portant son précieux fardeau. Enlacée à son cou, Geneviève se fait légère, oh ! légère ! et, doucement, l'encourage de la voix ; Baudouin sourit et, avec l'assurance que donne l'amour et la jeunesse :

- J'y parviendrai, répète-t-il, j'y parviendrai !

Le voilà à mi-chemin, et chacun, d'en bas, admire sa force et son adresse. Mais la seconde partie de la côte est plus rapide encore que la première, la neige plus profonde et plus drue... Baudouin sent ses forces faiblir ; le corps chéri, si léger tout à l'heure, commence à peser à ses bras engourdis... Mais il n'en veut rien laisser paraître, et, d'une voix qu'il s'efforce de rendre ferme :

- Chère amante, répète-moi si tu m'aimes ; attache tes yeux aux miens, que j'y boive la vie !

Il monte, monte toujours... Chaque pas l'approche du but souhaité... Hélas ! ses pieds meurtris deviennent moins assurés, sa poitrine halète, le sang bouillonne dans ses oreilles, sa vue se trouble... Oh ! rien qu'un moment de repos, un seul ! et il est sûr de la victoire, il atteindra le sommet... Mais il sent le regard du baron qui s'attache à lui, qui le suit dans sa terrible montée... Non, non, par tous les saints du paradis, il ne faiblira pas ! Près de toucher au but, il ne s'arrêtera pas en route. Geneviève tremble avec lui... souffre avec lui... Ce corps, qu'elle sent lui peser si fort, que ne peut-il s'amoindrir, se fondre !...

Chose horrible ! c'est elle, elle qui l'adore, qui va être la cause de sa perte.

- Courage, mon bien-aimé, courage !

- J'y parviendrai, répète-t-il, j'y parviendrai !

*
**

D'en bas, une grande clameur s'élève - L'y voilà ! l'y voilà !

Oui, plus fort que tout, l'amour a triomphé... La haute taille de Baudouin se dresse au sommet du rocher avec Geneviève dans ses bras.

- Noël noël ! crie la foule en joie.

Mais, d'un coup, les cris s'arrêtent. A peine arrivé au but, Baudouin est tombé lourdement... Et l'on aperçoit Geneviève, relevée aussitôt, se pencher vers lui, le presser dans ses bras… Sans doute, brisé par cette fatigue surhumaine, le chevalier n'a pu aller plus loin... Qu'importe ! il a accompli la tâche imposée, il est vainqueur, il épousera celle qu'il aime...

Lointain, lointain, mais traversant comme un trait l'air glacé, un long cri de désespoir frappe l'oreille des assistants... et voici Geneviève qui, tout éplorée, les cheveux, au vent, lève les bras vers le ciel et tombe sur la poitrine de Baudouin.

Suivi de tous, le baron de Malaunay s'élance vers le rocher, le gravit, court à sa fille...

- Geneviève ! Geneviève ! parle ! réponds-moi !

Geneviève entrouvre les yeux ; mais ne peut parler encore.

- Mon enfant... mon enfant bien-aimée... Tu seras sa femme... tout ce que tu voudras, tu l'auras.... Mais ranime-toi... regarde-moi... réponds-moi !....

La jeune fille se dresse sur ses genoux, et, montrant le bien-aimé étendu :

- Vous l'avez tué, mon père, et j'en meurs !

... Un regard autour d'elle, un faible soupir... et elle retombe morte, sur le corps de celui qui n'est plus.

*
**

A se faire pardonner cette double mort le baron de Malaunay employa tout le reste de sa vie.

Sur le rocher même, au prix de peines infinies, il fit construire - lui, le mécréant maudit - un superbe prieuré, et dans ce prieuré un tombeau de marbre et d'or où l'on ensevelit Geneviève et Baudouin, côte à côte, afin qu'ils fussent unis dans l'éternité.

Le sire de Malaunay prit part lui-même à tous ces travaux, creusant la terre, gâchant le plâtre, faisant sauter à coups de pic les lourds quartiers de roc ; puis, cinq ans après, la besogne finie, il se coupa la barbe et les cheveux, se couvrit la tête de cendres et entra en religion.

Devenu prieur du couvent, il vécut jusqu'à un âge fort avancé, dans la prière, le jeûne et les macérations. Quand il mourut, on l'enterra, suivant sa volonté, au pied même du tombeau somptueux de Geneviève et de Baudouin, sous une simple pierre, sans devise ni inscription.

Et, dans le pays, pendant de longues années, le prieuré s'appela :

« Le prieuré des Deux Amants. »

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Initiation à la Langue Normande et à certains noms d'origine Nordique

article de Thibault

C’est dans son vocabulaire que la langue normande a gardé une réelle empreinte norroise, même si celle-ci reste assez limitée. On ne compte plus en effet aujourd’hui qu’une bonne centaine de mots d’origine scandinave :

Vocabulaire lié à la vie dans les campagnes :

- le mot "acre", mesure agraire normande, est apparenté du norrois "akr" (au sens plus vaste de champ)

- "cotin", petite maison du mot norrois "kot" qui a le même sens, a donné le mot normand "cotie" : rangée de maisons.

- "viquet", petite porte est à rapprocher du mot norrois "vikjask" (s’esquiver)

- la "hague" dans le nord du cotentin et à Jersey est le fruit de l’aubépine, du norrois "hag" dans le mot composé "hagborn" (aubépine)

- les "grades" sont des groseilles à grappes, du norrois "graddr" (épine)

- le "tierre" qui décrit la corde servant à attacher les chevaux, du norrois "tjoor" (même sens) d’où les verbes "tierrer" et "déterrier"

- "mucre", le moisi, du norrois "mygla" (même sens)...

Vocabulaire maritime :

- les "houlles" sont des trous où l’on pêche dans les rochers, du norrois "hol" ou "hola" (trou).

- la "bête" est l’appât qu’on met à l’hameçon, du norrois "beita" (appât).

- la "rogue", c’est à dire les œufs du poisson, vient de "hrogn" (même sens), à ce nom correspond l’adjectif "rogu", œuvé.

- le poisson, appelé "orfi", aiguille de mer, du norrois "hornfiskr" (même sens).

En fait la Normandie a servi d’intermédiaire pour d’autres emprunts au norrois par la langue française. Il s’agit surtout d’un vocabulaire maritime. Une crique, un raz, un nez, un havre sont respectivement issus de "kriki" (petite baie), "ras" (courant, chenal), "nes" (cap), "hafn" (port). La houle vient sans doute de "hola" (creux). Une vague, c’est le norrois "vagr" (même sens), le varech, c’est "reki" ou "vagrek" (littéralement : ce qui est apporté par les vagues).

Parmi les crustacés, citons le crabe et le homard (respectivement de "krabbi" et "humarr", même sens)...

Le vocabulaire de la marine française est encore imprégné de mots d’origine scandinave. Un officier ayant relevé en 1935 que sur 80 mots employés couramment à bord, 53 étaient d’origine scandinave directe :

- bâbord "bak-boroi"
- bitte "biti"
- bord "boro"
- bouline "boglina"
- écoute "skaut"
- étrave "stafn"
- gréer "greioa"
- hauban "höfuo"
- quille "kjölr"
- sombrer "sumla"
- tanguer "tangi"
- tribord "stiorboro"


PROVERBES SE RAPPORTANT AUX SAISONS, AUX MOIS, AUX JOURS.

A la saint Vincent,
Tout gèle et tout fend.

A la Chandeleur, les grandes douleurs ;
Les jours sont rallongés d'une heure.

Février remplit la fossés, mars les vide.

L'hiver n'est jamais bâtard ;
S'il ne vient tôt, il viendra tard.

Sil pleut le jour saint Marc,
Il ne faut ni pouque ni sac.

Quand il pleut en avril,
Appréte ton baril.

Jamais le mois d'avril
Ne s'en va sans épi,
Et le mois de mai
Sans épi de blé.

A l'Ascension, mâque de la chai tout tan saoul,
Pour étre plus fort au mois d'août.

S'il pleut le jour de saint Médard,
Il pleut quarante jours plus tard.

A la Madeleine,
Les noix seront pleines ;
A la Saint-Laurent,
Regarde dedans.

A la fête de sainte Luce,
Le jour croit du saut d'une puce.

Aujourd'hui jour de saint Thomas,
Cuis ton pain et lave tes draps ;
Dans huit jours Noël tu auras.

Il n'y a point de samedi,
Où le soleil ne luit.

Noms Normands

Article de Marc

Il y a une antique tradition Normande qui voulait que les nobles Normands portent deux noms, un de baptême chrétien donc Français, et un autre en Norrois (langue viking) utilisé entre Normands et avec les "cousins" Danois et Norvégiens. Donc je vous donnes une petite liste de noms Normand "Norrois" que je vous encourages à utiliser. Encore plus si vous êtes futur papa ou futur maman ^^ ( Certains noms métisses du franc sont ajoutés )

A
Prénoms masculins
ALVIN / ALWIN (scandinave, franc) - « un ami de noble origine ».
ANSFRID (franc) - voir Osfrid - 3 mai - « celui qui apporte la paix, la victoire avec l'aide divine » - attesté en Normandie dans le nom de famille « Onfroy ».
ANSWALD (franc) - voir Osvald - « celui qui gouverne sous la protection de la divinité » - «Oswald Hamel» près de Néhou, Cotentin, en Normandie.

ARILD (scandinave) - voir Arnold.

ARNALD (scandinave) - voir Arnold.

ARNBJÖRN (pron. arnbioeurn) - (scandinave) - « qui a les qualités de l'aigle et de l'ours».

ARNE (scandinave) - « semblable à l'aigle ».

ARNKETIL (scandinave) - « le chaudron de l'aigle » (le chaudron dans le sens du Graal nordique) - attesté en Normandie dans le nom de lieu «St-Pierre-d'Arthéglise», Cotentin.
ARNULF (pron. Arnoulf - scandinave) - « l'aigle-loup » - probablement à l'origine du nom de famille normand « Ernouf » (mais peut-être aussi franc ou saxon).

ARNVALD (scandinave) - voir Arnold.

ARVID / ARWED (scandinave, suédois) - « un aigle dans la tempête (?) ».

ASBJÖRN (pron. asbioeurn) -(scandinave) - « l'ours (le guerrier) des dieux ».

ASGEIR (pron. Asgueïr - scandinave) - « la lance divine, des Ases » - Nom d'un des premiers chefs vikings ayant pris Rouen et s'étant installé en Normandie (milieu du IXème siècle); il a effectué des raids en Gascogne, en Aquitaine, dans le Beauvaisis, en Neustrie, jusque Paris. Attesté dans le nom de famille normand « Anger ». Voir Osgeir.

ASKETILL (scandinave) - «le chaudron des dieux» (le Graal nordique).

ASLAK (scandinave) - « le jeu des dieux » - attesté en Normandie dans des noms de lieux tels que « Anneville ».

ASULF (pron. azoulf - scandinave) - « le loup-guerrier des dieux » - attesté en Normandie avec le nom de famille Azouf. Variante anglo-scandinave : « Osulf » (voir ce nom).

Prénoms féminins
ALRUN (franc, scandinave) - « noble et sage
ARNHILD (franc, scandinave) - « la guerrière qui a les qualités, l'acuité de l'aigle».

ASTRID (scandinave) - 28 février - « la cavalière divine » - une Valkyrie.
B
Prénoms masculins
BERNULF (pron. Bernoulf - franc, saxon) - « l'ours-loup »

BERTIL (scandinave, suédois) - « celui qui est brillant ».
BIARNI (scandinave) - voir Bjarni.

BJARNI / BIARNI (scandinave, islandais) - « semblable à un ours, fort comme un ours » - à Tourlaville, dans le Cotentin, «Bjarni Letourneur ».

BJARNULF / BJÖRNULF (scandinave) - « l'ours-loup, guerrier » - attesté en Normandie dans le nom de lieu Bénouville.

BJÖRN (pron. bioeurn) - (scandinave) - « fort comme un ours ».

BRAND (scandinave) - « lame d'épée » - attesté en Normandie dans le nom de lieu «Branville» (Cotentin).
BRYNJOLF (pron. bruniolf - scandinave) - « le loup (le guerrier) cuirassé » - probablment à l'origine du nom de famille normand Burnouf (mais peut aussi provenir de « Bernulf » - voir ce nom).

Prénoms féminins
BODIL (scandinave, suédois) - « la combattante ».

BOTILDE (scandinave, danois) - voir Bodil.

BORGHILD (scandinave, norvégien) - « la guerrière protectrice ».

BORGLINDE (franc, scandinave) - « celle qui protège et apaise ».
BRUNHILDE (franc) - 7 novembre - « la guerrière cuirassée» - en Normandie, utilisé dans le Cotentin.

BRYNHILD (scandinave) - voir Brunhilde.
D
Prénoms masculins
DAGMAR (scandinave) - « brillante comme le jour » - ce prénom peut être aussi féminin.
Prénoms féminins
DAGMAR (scandinave) - « brillante comme le jour » - ce prénom peut être aussi masculin.
DIDDA (danois) - diminutif féminin des noms en dit-.
E
Prénoms masculins
EDOUARD / EDWARD (anglo-normand) - « celui qui veille sur l'Odal, l'héritage »
EINAR (pron. eïnar - scandinave) -« hardi, audacieux ».

EIVIND (pron. eïvinnd - scandinave) - « celui qui est toujours victorieux ».

ERIK / EIRIK (scandinave) - « tout puissant » en scandinave ou « puissant par l'honneur » en francique - nom très usuel : Erik Hamel (Cotentin), Erik Gallouin (Bessin), Erik Patte (Roumois), et bien d'autres...

ERLING (danois) - « de noble descendance - fils de Jarl » - Erling Skakke, célèbre Jarl norvégien (mort en 1179).
ESKIL (scandinave) - 15 septembre - « le chaudron des Ases, des dieux » (le Graal nordique).
Prénoms féminins
ELBORG (scandinave) - 7 juillet - « la noble protectrice ».

ELDRID (scandinave) - « celle qui chevauche le feu - Valkyrie ».
EMMA (franc-normand) - diminutif féminin des noms en Irm- - Emma Bovary dans le célèbre roman du Normand Gustave Flaubert.

ERIKA (danois, franc) - forme féminine d'Erik, voir ce nom.
F
Prénoms masculins
FOLKER (scandinave) - vient du francique (folk-hari) : « un guerrier, un homme du peuple ».

FOLMER (scandinave) - « célèbre dans le peuple » - correspond au francique « Folk-mar ».
FREDERIK (scandinave, franc) - « puissant protecteur » (frid-richi).
FRITHJOF (prononcer fritioff) - (scandinave) - « seigneur protecteur » (islandais: fridrthjolfr) - Le célèbre explorateur Frithjof Nansen.

FRODE (scandinave) - « intelligent, avisé ».

Prénoms féminins
FRIDA (scandinave et franc) - 19 octobre - diminutif des noms en frid-.

FRIDEBORG (scandinave) - « la protectrice ».
G
Prénoms masculins
GERMUND (prononcer Guèrmounde) - (scandinave) - « sous la protection de la lance » - attesté en Normandie dans le nom de lieu Grémonville.
GEROLF (prononcer guèrolfe) - variante du nom « Gerulf », voir ce nom.

GERULF (prononcer guéroulf) - (franc) - 21 septembre - « combattant comme un loup avec l'épieu » - très courant en Normandie dans le nom de famille Groult (surtout en Cotentin).
GODFRED/GODFRID (forme nordique d'un nom franc) - fut très usuel en France où l'on connaît surtout Godefroi de Bouillon (1061-1100). Très usuel aussi en Normandie où il est attesté dans le nom de famille Godefroy - il se dit «Godfré» en normand, prononciation très scandinave. « God-frid » signifie « celui qui protège, pacifie avec l'aide de la divinité ».
GRIM (scandinave) - « celui qui est casqué, masqué » - attesté en Normandie dans le nom de lieu Grainville.

GUDBJÖRN (prononcer goudbieurn) - (scandinave) - « l'ours de la divinité ».

GUDMUND (scandinave) - « sous la protection des dieux », attesté en Normandie.

GUNNAR (scandinave) - « guerrier, seigneur combattant ».

GUNNOLF / GUNNULF (scandinave) - « le loup combattant » - attesté en Normandie dans les noms de lieux Gonneville, Guénouville.
GUSTAF (scandinave) - 2 août - « le support de la divinité » - nom d'une lignée de rois suédois, dont on connaît surtout Gustaf Vasa (1496-1560).

Prénoms féminins
GERDA (scandinave et franc) - diminutif des noms en gerd-.
GUDRUN (prononcer goudroun) - (scandinave) - « le secret des dieux », ou « gardant le secret au combat » (gund-rûna).

GUNHILD (scandinave) - « la guerrière » - en Normandie, dans le Cotentin, Gunhild Letourneur.

GUNVOR (scandinave) - « l'avisée au combat ».
H
Prénoms masculins
HAGBARD (scandinave) - signification incertaine - Voir l'histoire de Hagbard et de Signe, fille de roi.

HAGEN (prononcer Haguènn) - (franc, scandinave) - « protection », identique au nom Hakon. Hagen est un personnage de l'épopée des Nibelungen.

HAKON (prononcer Hakonne) - (scandinave) - « haut protecteur » - nom de nombreux rois de Norvège.

HALDOR (scandinave) - « la pierre de Thor » - ce prénom est porté par le célèbre romancier islandais Halldor Laxness (né en 1902).

HALFDAN (scandinave) - «le demi-Danois» - nom de nombreux rois légendaires danois - porté par l'écrivain danois Halfdan Rasmussen (né en 1915). Nom très valable en Normandie où la population est « mi-neustrienne, mi-danoise ». ..

HALFRED (scandinave) - « protection ».

HALVARD (norvégien) - 15 mai - signifierait « protecteur » ou « homme libre ». L'autre forme de ce nom est « Halvor ». Le ministre des affaires étrangères norvégien Halvard Lange (né en 1902). saint Halvard (mort en 1043) est l'un des patrons d'Oslo. En Normandie : Halvard Mabire né à Cherbourg, navigateur.

HALVOR - voir Halvard.

HARALD (scandinave) - 1er octobre - « celui qui commande l'armée », équivalent scandinave du nom franc Hervald (que l'on trouve en Normandie dans le nom de famille Héroult). En Normandie : Harald Pinabel dans le Cotentin.

HARDING (anglo-scandinave) : « celui qui est dur, solide, fort » - attesté en Normandie dans le nom de lieu Hardinvast.

HAROLD (anglo-scandinave) - forme anglaise de Harald - attesté en Normandie : Harold Beuve, l'un les descendants du grand poète cotentinais Louis Beuve.

HARTMOD (franco-scandinave) - « courage-intrépide ».

HASTEIN (scandinave) - « la pierre éminente » - Nom d'un grand chef viking qui a pris Paris en 859 - variante : Hasting.

HAVARD (scandinave) - « le haut gardien, protecteur ». A l'époque des Vikings, il est attesté en Norvège et en Islande, ainsi que dans les Iles Britanniques - attesté en Normandie dans le nom de famille Havard (qui peut aussi venir du francique Haward, même sens).

HEINTJE (prononcer Haïntieu) - (néerlandais) - diminutif de Henrik, voir ce nom.

HELGE (prononcer Hèlgue) - (scandinave) - « sacré, consacré aux dieux » - attesté en Normandie dans les noms de lieux tels que Herquetot, Herqueville, Heugueville, Herquemoulin (en fait, il faudrait dire « Helguemoulin »).

HELGI (prononcer Hèlgui) - forme ancienne attestée à l'époque des Vikings du nom précédent.

HENNING (scandinave) - « le libre fondateur »

HENRIK (franc/scandinave) - 13 juillet - « puissante protection ».
HERLUF (scandinave) - « fils de héros ».
HERMOD (scandinave) - « courageux dans l'armée ».
HERULF (prononcer Héroulf) - (scandinave) - « le loup-guerrier de l'armée » - attesté en Normandie dans le nom de famille Hérou et des noms de lieux (Hérouville, Hérouvillette).
HILDING (scandinave) - « le combattant ».

HILMAR (scandinave ou franc) - scandinave: voir Hjalmar - franc: « célèbre au combat ».

HINDRIK (néerlandais) - forme néerlandaise de Henrik.

HJALMAR (prononcer Hialmar) - (scandinave) - « le porteur de casque ».

HOLGER (prononcer Holguèr) - (scandinave) - « puissant avec l'épieu » - connu en France sous la forme Ogier (il suffit de penser à Ogier le Danois de la Chanson de Roland), la forme franque étant Odger et Otger (avec un sens différent - voir plus loin).

HOLMGEIR (prononcer Holmguéïr) - (scandinave) - « le javelot de l'îlot du duel ». Ce nom remonte à l'époque des Vikings et il est attesté en Normandie dans le nom de lieu Hougerville. C'est un nom danois qui, d'après Jean Adigard des Gautries, serait la forme originelle de Holger.

HROLF (scandinave) - forme ancienne de Rolf, voir ce nom.

Prénoms féminins
HELGA (scandinave) - forme féminine de Helge - « consacrée aux dieux ».
HILDA (scandinave, franc) - « la guerrière » - attesté en Cotentin.
HILDE - variante du précédent, attesté en Cotentin : Hilde Hamel à Saint-Jacques-de-Néhou.

HILDEBORG (scandinave, franc) - « la guerrière protectrice ».
HOLDA (scandinave, franc) - « gracieuse, indulgente, favorable ».
I
Prénoms masculins
INGEMANN (prononcer Inneguemann) - (scandinave) - « l'homme du dieu Ing ».

INGMAR (scandinave, franc) - « célèbre par le dieu Ing ».

INGOLF (scandinave) - « le loup (guerrier) du dieu Ing », attesté en Normandie dans les noms de lieux dans les noms de famille Igouf, Ingouf, Ygouf, Yngouf, Youf (particulièrement dans le Bessin).

INGVALD (scandinave, franc) - « puissant par le dieu Ing »

INGVAR (scandinave) - « le jeune ». Attesté en Normandie dans le nom de famille Inguier.

IVAR (scandinave) - attesté en Normandie dans les noms de famille Yver et Yvard - Nom d'un célèbre chef viking qui a régné sur Dublin.

Prénoms féminins
IDA (scandinave et franc) - « jeune et puissante ».

INGA - voir Inge.

INGE (prononcer Innegue - scandinave) - « la jeune » ou « celle qui est dédiée au dieu Ing ».

INGEBORG (prononcer Innegueborg) - (scandinave) - « sous la protection du dieu Ing » - nom de plusieurs princesses scandinaves - attesté en Cotentin. Ingeburge, princesse danoise, avait été la malheureuse épouse de Philippe-Auguste.

INGRID (prononcer Innegride) - (scandinave) - « la jeune cavalière » ou « la cavalière du dieu Ing », nom de Valkyrie - utilisé en Normandie : Ingrid Mabire, entre autres.
K
Prénoms masculins
KARL (franc, scandinave) - « l'homme libre » - très usuel en France sous la forme Charles.

KETIL (scandinave) - « le chaudron les Ases, des dieux » (le Graal nordique) - attesté en Normandie dans les noms de lieux Quettetot, Quettreville..., et dans les noms de famille (Quétil, Quétel, Quétier).

KJELD (prononcer Kièl - scandinave) - forme plus moderne de Ketil.
KNUD - voir Knut.

KNUT (scandinave) - nom de plusieurs rois danois - Knud est la Forme danoise et Knut la forme norvégienne et suédoise.
L
Prénoms masculins
LEIF (prononcer Leïf - norvégien) - « descendant, fils ». Leif Erikson (mort en 1025), fils d'Érik le Rouge, partit du Groënland et découvrit l'Amérique. Les Américains fêtent cette découverte de l'Amérique par les Vikings chaque année avec le «Leif Erikson Day», le 9 octobre.

LENNART (scandinave) - forme scandinave du franc Leonhard (« dur comme un lion »).
N
Prénoms masculins
NJALL (iro-scandinave) - nom de l'époque des Vikings amené en Normandie par les Norvégiens d'Irlande. Attesté en Normandie dans le nom de lieu Néhou et le nom de famille Néel (et peut-être Noël).
NORDAHL (norvégien) - à l'origine un nom de lieu, il est devenu un prénom connu surtout par l'écrivain norvégien Nordahl Grieg(1906-1945). Attesté en Normandie : Nordahl Mabire, Nordahl Letourneur.
O
Prénoms masculins
ODOMAR (franc, scandinave) - franc : « célèbre par l'héritage » - scandinave : « descendant » - nom de plusieurs rois de Norvège - 29 juillet.

OLAF (norvégien) - forme norvégienne du précédent - Olaf Favier à Quettehou en Cotentin.

OLE (scandinave) - autre forme d'Olaf en Scandinavie.

OLOF (suédois) - variante suédoise d'Olaf.

OLRIK (scandinave) - forme contractée d'Odalrik, correspond au nom médiéval Ulric.

OLUF (danois) - variante danoise d'Olaf.

OSBERN (anglo-scandinave, normand) - « l'ours des dieux - guerrier » - attesté en Normandie dans les noms de lieux (Auberbosc, Aubermare, etc...), dans les noms de famille avec Auber. Très courant à l'époque ducale.

OSFRID (anglo-scandinave, normand) - « la protection des dieux » -attesté en Normandie dans les noms de lieux comme Amfréville et dans le nom de famille Onfroy.

OSGEIR (prononcer Osgueïr) - (anglo-scandinave, normand) - « l'épieu des dieux - guerrier » - attesté en Normandie dans les noms de familles et les noms de lieux (Angerville, Le Thuit-Anger). Voir Asgeir.

OSMOND / OSMUND (anglo-scandinave, normand) - « sous la protection des dieux » - attesté en Normandie dans les noms de lieux tels que Omonville et les noms de famille Omont, Osmont, Aumond, Aumont, Esmond.

OSULF (prononcer Ozoulf) - (anglo-scandinave) - « le loup-guerrier des dieux » - variante anglo-scandinave de « Asulf » (voir ce nom) - attesté en Normandie dans les noms de familles Auzouf et Ozouf.

OSVALD (anglo-scandinave, normand) - 5 août - « la puissance des dieux ». a été très courant en Angleterre. En Normandie: Oswald Hamel, né à Saint-Jacques-de-Néhou en Cotentin.

OTMAR - variante d'Odomar, voir ce nom.
R
Prénoms masculins
RADULF (franc) - 7 juillet - « le loup (guerrier) conseiller » - très usuel, autre forme : Raoul.

RAGNAR (scandinave) - 17 juin - « conseiller dans l'armée » - forme scandinave du francique Reginhard. Attesté en Normandie. On connaît la Saga de Ragnar Lodbrok.

RAGNVALD (scandinave) - voir Renold.

RANULF / RAGNULF (prononcer Ragueunoulf) - (scandinave) - « le loup (guerrier) conseiller » - nom répandu dans la Normandie ducale, avec entre autres Ranulf de Briquessart, seigneur de la Vicomté de Bayeux, opposé au Duc Guillaume lors de la bataille de Val-ès-Dunes (1047). Ce nom est encore attesté en Normandie dans le nom de famille Renouf.

RALF - forme scandinave de Radulf, voir ce nom.
ROALD (scandinave) - « puissant par la renommée ». Roald Amundsen ; célèbre explorateur polaire norvégien.
ROLF (scandinave) - bien connu en à Normandie, ce fut le nom du premier duc francisé en «Rollon». Il signifie « le loup (guerrier) renommé », c'est une contraction du nom Hrodulf en Hrolf ou Rolf. En Normandie: Rolf Thorin.
RUNI (scandinave) - diminutif de Runolf : « la rune du loup » ou « le loup confident », attesté en Normandie dans des noms de lieux (Runetot).

RURIK (scandinave) - « puissant et glorieux » - nom d'un chef viking.
* Prénoms féminins
RAGNHILD (scandinave) - « la guerrière des dieux ». Nom porté en Norvège : la Princesse Ragnhild de Norvège (née en 1930).

RANDI (scandinave) - « le bouclier ».

RIGBORG (scandinave) - « puissante protectrice ».
S
Prénoms masculins
SEJER (prononcer séïèr) - (danois) - forme danoise, du Jutland, du nom Siger, voir ce nom.

SIGER (prononcer siguerre - scandinave) - « le vainqueur ».

SIGFRED (scandinave) - forme scandinave de Sigfrid. Ce nom est bien attesté en Normandie, en particulier dans les noms de lieux : Chiffrevast (Cotentin), Chiffretot (Pays d'Auge); « Chiffre » étant la forme francisée de ce nom.
SIGMUND (scandinave, franc, burgonde) - 1er mai - « un protecteur par la victoire ». Dans l'épopée des Nibelungen, Sigmund est le père de Sigfrid. Nom en faveur chez les Burgondes où la forme Sigismund, plus ancienne, fut utilisée. Le roi de Bourgogne, saint Sigismond, fut battu et tué par les fils de Clovis en 523.

SIGURD (scandinave) - « un gardien par la victoire ». Dans la Saga des Voelsungs, qui est la forme nordique de l'épopée des Nibelungen, le héros tueur du dragon est Sigurd (ce nom remplace ici celui de Sigfrid).

SIGVALD (scandinave) - « puissant par la victoire ».

SIGVARD (scandinave) - « un gardien par la victoire ».

SKEGGI (scandinave) - « le barbu, le flamboyant, le viril » - attesté en Normandie dans les noms de lieux (Equetot);

SNORRE (islandais) - « celui qui combat ».

SNORRI (islandais) - forme ancienne du nom précédent. En Normandie: Snorri Groult à Cherbourg. Ce nom a été porté par un personnage islandais de l'époque des Sagas décrit dans la «Saga de Snorri le Godi».

STIG (scandinave) - « le voyageur ».

STIGAND (scandinave) - « le voyageur, le marcheur ». Nom attesté en Normandie. A l'époque de Guillaume, le futur «Conquérant», c'est l'archevêque Stigand qui a couronné roi d'Angleterre le parjure Harold.

SVARTING (scandinave) - « le noiraud », nom de l'époque des Vikings attesté en Normandie dans le nom de lieu Surtainville (Cotentin).

SVEIN (scandinave) - forme ancienne de Sven, voir ce nom. En Normandie: Svein Sochon.

SVEN (danois) - 5 décembre « jeune homme ».

SVEND (scandinave) - variante du nom précédent.

SVENN (scandinave) - autre variante de Svein.

SVENNING (scandinave) - diminutif de Svein.

SVERRE (scandinave) - « fier ».

Prénoms féminins
SIGHILD (franc, scandinave) - « la guerrière victorieuse ».
SIGLINDE (franc) - « un bouclier pour la victoire ».
SIGNE (scandinave) - « la victorieuse ».

SIGNI (scandinave) - variante du nom précédent.

SIGNILD (scandinave) - variante scandinave de Siglinde.

SIGRID (scandinave) - 15 septembre - version féminine de Sigfrid, « la protection par la victoire », nom de Valkyrie. La romancière norvégienne Sigrid Udset (1882-1949) qui fut, en 1929, prix Nobel de littérature.
SOLVEIG (prononcer Soulveï) - (scandinave) - 3 septembre - « la force de la maison » (autre étymologie possible, mais moins avérée : « la force du Soleil »). Personnage féminin de Peer-Gynt (1891), pièce de Henrik Ibsen, mise en musique par Edward Grieg. En Normandie : Solveig Groult à Cherbourg, entre autres, assez courant actuellement en Normandie.

SOLVEJ (scandinave) - variante du nom précédent.

SOLVEJG (scandinave) - autre variante de Solveig.

SUNILDA (norvégien) - « la guerrière du Soleil »?

SVANHILDE (scandinave) - « la guerrière au cygne », nom d'une Valkyrie. En Normandie : Erika Svanhilde Emma Bernage à Bayeux.
SVENBORG (« la jeune protectrice »), SVENHILD (« la jeune guerrière »), SVENJA - (scandinave) : forme féminine du nom Sven ou constructions à partir de ce nom.

SUNNIVA (iro-norvégien) - « le don du Soleil » - Nom très en vogue en Norvège.
T

Prénoms masculins

TANKRED (normand) - 9 avril et 15 juin - « conseil et pensée » - forme normande du nom franc Dankrad. Il a été très usité chez les Normands de Sicile : Tankrède de Hauteville, père de Roger Ier de Sicile et de Robert Guiscard, Tankrède de Lecce, petit-fils de Roger II de Sicile; Tancrède le Croisé, petit-fils de Robert Guiscard.


TERJE (scandinave) - forme moderne, d'après le nom Thorgeir.


TERKEL (scandinave) - forme moderne, d'après le nom Thorkel.


THORBJÖRN (prononcer Torbieurn) - (scandinave) - « l'ours de Thor », nom de guerrier.


THORFRID (scandinave) - « (sous) la protection de Thor » ou « celui qui apporte la paix avec l'aide de Thor » - attesté en Normandie dans le toponyme « Touffreville »


THORGEIR (scandinave) - « l'épieu de Thor ».


THORGIS (normand, scandinave) - « voué à Thor, doué par Thor » - largement répandu en Normandie à l'époque viking, encore attesté par le nom de famille normand très courant «Turgis», et enfin dans les noms de lieux, tel Tourgéville. Nom d'un grand chef viking ayant conquis et régné sur l'Irlande au début du IXème siècle


THORKEL (scandinave) -voir Thorketil - attesté en Normandie.


THORKETIL (scandinave) - « le chaudron du dieu Thor » (« chaudron » dans le sens de Graal nordique), nom de I'époque des Vikings attesté en Normandie dans les noms de lieux et les noms de famille (Turquéty, Tourquétil).


THORKIL (scandinave) - 12 novembre - « le casque de Thor », usuel au Danemark.


THORLAK (scandinave) - 23 décembre - « le jeu de Thor ». Attesté en Normandie dans le nom de lieu Tourlaville.


THORLEIF (scandinave) - « le descendant de Thor ».


THORMOD (scandinave) - « le courage de Thor » - attesté en Normandie dans les noms de lieux : Tourmauville.


THOROLF (scandinave) - « le loup de Thor, guerrier ».


THORSTEIN (scandinave) - « la pierre de Thor » - nom de l'époque des Vikings largement attesté en Normandie dans les noms de lieux (Toutainville) et dans les noms de famille (Tostain, Toutain, etc...). C'était l'un des noms scandinaves les plus courants (avec Osbern et Thorvald) dans la Normandie ducale.


THORSTEN - forme plus moderne du précédent.


THORVALD (scandinave) - « la puissance de Thor » - largement attesté en Normandie à l'époque ducale dans les noms de lieux, s'est conservé dans les noms de famille suivants : Théroulde, Troude, Théroude, Thouroude, Trudeau...


TUROLD (normand) - variante normande de Thorvald (voir ce nom).


* Prénoms féminins

THORGARD (scandinave) - « sous la protection de Thor ».

TOVE (scandinave) - diminutifs des noms en Thor. Attesté en Normandie dans le nom de lieu « Le Mesnil Tove ».

U

Prénoms masculins

ULF (scandinave) - « le loup » - attesté en Normandie, particulièrement dans les noms de lieux comme Oudalle.

ULV (scandinave) - variante d'Ulf.

V

Prénoms masculins

VALTER (scandinave) - forme scandinave du nom franc Walther (voir ce nom).


VELAND (scandinave) - « la terre de l'enclos sacré » - Nom d'un grand chef viking qui a attaqué la Basse-Seine en 861-862.


VEMUND / VIMUND (scandinave) - « la protection de l'enclos, du territoire sacré » - attesté en Normandie avec le nom de famille Vimond.


VILFRID (scandinave) - forme scandinave du nom franc Wilfrid (voir ce nom).

Prénoms féminins

VALBORG (scandinave) - vient du francique Walburg : «la protectrice étrangère » ou « la protectrice des guerriers morts ». C'est un nom bien connu en Normandie : la sainte Walburge ou sainte Gauburge. Sa fête a lieu le ler mai d'où le nom de la fameuse nuit de Walpurgis.


VIGDIS (norvégien) - « la déesse combattante »?


VILMA (scandinave) - diminutif de Vilhelmine.


VILHELMINE (scandinave) - forme scandinave du nom franc Wilhelmine, « le heaume de volonté, la guerrière porteuse de casque ».

W

Prénoms masculins

WILHELM (franc) - « le heaume de volonté, le guerrier porteur de casque ». Nom en faveur sous la Normandie ducale. C'est ce rom que porte Guillaume le Conquérant sur la Tapisserie de Bayeux avec une forme voisine sur certains passages de la fameuse « Telle du Conquest » : « Willelm ».


WILHJELM (prononcer vilielme) - (scandinave) - forme norroise de Wilhelm.

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Prénoms normands et scandinaves (lettre D)

Prénoms masculins

DANKRAD (franc) - « sage conseiller » - voir Tankred, la forme normande.

DELF - diminutif de Detlef, voir ce nom.

DETLEF (saxon) - « Le fils du peuple ».

DIDRIK (franc) - « celui qui est puissant dans le peuple » - le roi Théodoric de Ravenne passa dans la légende où on le connaît sous le nom de « Dietrich von Bern » - Usuel en France sous la forme « Thierry » (qui vient de « Tiodrik »).

DIRK (franc) - forme néerlandaise de Didrik - utilisé dans les Flandres.

DITBERT (franc) - « brillant dans le peuple ».

DITER (franc) - « un guerrier dans le peuple ».

DITFRID (franc) - « le protecteur du peuple ».

DITMAR (franc) - « célèbre dans le peuple »

DlTWIN (franc) - 30 juillet -« l'ami du peuple ».

Prénoms féminins

DAGHILD (franc) - « la guerrière brillante comme le jour ».

DAGMAR (scandinave) - « brillante comme le jour » - ce prénom peut être aussi masculin.

DEETJE (pron. Détieu - frison) - diminutif des noms en dit-.

DIDDA (danois) - diminutif féminin des noms en dit-.

DILLE (franc) - diminutif d'Ottilia, voir ce nom.

DITA (franc) - diminutif féminin des noms en dit-.

DITGARDE (franc) - « celle qui protège le peuple ».

DITHILDE (franc) - 28 juin - « celle qui combat pour le peuple ».

DITLINDE (franc) - 22 janvier - « celle qui est sage dans le peuple ».

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La Lettre P en Normand

P


PACADET (s. f.) : sorte de pigeon dont les yeux sont bordés de rouge. De bagdadala.
PACAMMENT : en pacant, lourdement.
PACAN : paysan grossier. De paganus. Patois Walon. L.
PACHOT : pas des gros bestiaux empreint profondément dans le gazon L.
PAER : balayer (Cherbourg). C'est le p pour le b.
PAGÉE ; PAGIE : espace entre deux colombes, que l'on remplit d'argile, dans les constructions en bois.
PAGNE (adj.) : bête à cornes, à poil blanc et fauve.
PAGNIANT : lourdaud. Voyez PACAN.
PAGNOLÉE : luzerne (Medicago sativa). B.
PAHOUR : lourdaud.
PAICRE : aigre.
PAIE (s. f.) : débiteur. D'une mauvaise paie on tire ce qu'on peut.
PAILLE : balle des céréales. Balle d'avoine.
PAILLETOT ; PAILLOT : petite paillasse remplie de balle d'avoine, à l'usage des petits enfants. En patois de Grenoble, suivant Champollion-Figeac, la paillassière est un « lange dont on enveloppe un enfant nouveau-né ».
PAIMPALETTE (EN) (locution adverbiale). Lorsqu'un enfant est placé sur le dos d'une personne, de manière que ses mains entourent le cou de cette personne, et que les mains de celle-ci, tournées en arrière, retiennent, en se croisant, les jambes de l'enfant, l'enfant est porté en pimpalette. Feu Lamarche.
PAIN DE COUCOU : Alléluia (Oxalis acetosella). Patois Walon.
PAIN DE CRAPAUD : sorte de champignon. B.
PAIN-M'NIT : pain bénit. M. l'abbé Decorde.
PAGNE (s. m.) : quartier de lard qu'assez généralement on suspend au plancher, et dont on coupe des morceaux au fur et à mesure du besoin.
PAIR (s. m.) : pis de la mamelle. , en patois Walon.
PAIRE : poire. L.
PAIRER : égaliser. L. De pair, qui vient de par.
PAIRIER ; PÉRIER : poirier. Perî, en patois Walon. L.
PAIROTTER (v. a.) : pairer minutieusement ; arranger avec une symétrie recherchée.
PAIS : pays. Le bas-pais : le bas-pays.
PAISSER : poisser ; enduire de -poix, de résine, etc.
PAISSON : poisson.
PAISSU : pu. Du verbe paître.
PAITER : bouger. O.
l'AITIS : pâtis. Du latin pascere.
PALEDI (interj.) : parle, dis ! pardieu !
PALÉE : plein une palle ; pelletée.
PALER : parler. En Roman, ampallerie signifiait fonction d'avocat ; action de parler. S.-I.
PALET (s. m.) : petite pièce de bois d'environ 30 centimètres de longueur sur 3 centimètres de diamètre, qu'on place sur les rouis pour supporter le massais ou la massée dont on garnit les planchers. M. Lepingard.
PALETTE : petite pelle; pelle à feu.
PALLE (s. f.) ; PALIS (s. m.) : pelle.
PALEUX : parleur. Biau paleux : orateur. S.-I.
PALMAN : empan (Cherbourg). De palma, paume.
PALME ; LAURIER-PALME (s. m.) : laurier-cerise (Cerasus , Lauro-Cerasus). A.
PALOT : ami, camarade. S.-I.
PAMI : flétri par défaut d'eau, en parlant des fleurs et des plantes. Dans le patois de Grenoble, paimo signifie accablé de fatigue. A.
PAN ! (interj. ). Onomatopée. Se dit à propos d'une explosion bruyante, ou d'un coup appliqué.
PANAGER : négliger ; soigner mal. C'est le contraire d'apanager.
PANCHE : panse.
PANCHÉE (S'en donner une) : manger avec excès.
PANCHU : qui a une grosse panche.
PANÉE : pan d'un habit. H. N.
PANÉE (s. f.) : foie de porc. Peut-être parce que ce foie, étant cuit, s'émie comme le pain ; peut-être parce qu'il offre la forme d'un petit pain ; peut-être aussi cette expression vient-elle d'offa penita, qui était un ragoût de porc, mentionné dans Festus. A.
PANETTE : tache de rousseur.
PANI. Le bois pâni est le bois mort, arrivé à une sorte de pourriture sèche. En cet état, il projette dans l'obscurité une lueur phosphorescente.
PANLAIRE ; PANLÈRE : fainéant, lâche. M. Duméril définit ainsi ce qualificatif : « double voleur; du vieux français pan : vol, et lérelaër signifie larron.
PANNAS; PENNAS : plumeau, penne de volaille. Ce mot se retrouve dans les divers patois de la France.
PANNÉ : ruiné.
PANNET ; PANNEAU : sorte de bât ou de selle. Du vieux français pennel ; du latin panellus.
PANNETÉE : plein un panier.
PANTOISE (s. f.) : terrain marécageux dont la surface paraît solide. A.
PAPER : ouvrir la bouche pour respirer, en parlant des poissons. Onomatopée.
PAPI : coquelicot (Papaver rhaeas). B.
PAPIN : bouillie pour les enfants.
PAPOT : groin de cochon. De l'onomatopée pap pap, bruit que fait cet animal quand il prend quelque liquide.
PAPOTER : donner un baiser bruyant, d'une manière désagréable. Mimologisme qui exprime bien cette action. Le simple mouvement des lèvres rend le son : pap pap. C'est pour cela que le premier mot qu'articulent les enfants est papa ; cette expression purement labiale n'exige l'emploi que du plus agile des instruments vocaux. A.
PAPOUTE (s. f.) : soupe bouillie que l'enfant. reçoit en faisant pap pap. La pâpoute se nomme pana, en patois Bourguignon. Nonnius, citant Varron, se sert du mot papa. Puls, en latin, signifie bouillie. C'est de là que vient pous d'avoine, et pous lavés : gruau d'avoine, et coulis de ce gruau. A.    .
PAQUER : fait ses Pâques.
PAQUERET (s. m.) : cadeau fait à Pâques ; oeufs de Pâques. L.
PAQUETTE; PAQUERETTE : petite marguerite des prés (Bellis perennis).
PAR EN SONT : outre cela ; au-delà de.

(latro) : voleur ». Ajoutons qu'en Celtique-Breton

Pu d'chent lieus par en sont La Bouille,


dit la Suite du Coup-d'oeil purin. S.-I.
PARADIS : sorte de petit filet pour prendre des petits poissons, tels que le vairon, le goujon. L.
PARAI ; PAREI (s. f.) : paroi, mur intérieur. De paries.
PAR APRÈS ; PAR APREUX : ensuite.
PARALÉSIE : paralysie.
PARAVIRET : soufflet sur la joue. Voyez CHATOURNE.
PARBOUCHÉ (s. m.) : morceau délicat que l'on réserve pour la dernière bouchée, pour la bonne bouche. Par exprime ici la perfection, comme dans parachevé, parfait.
PARCHONNIER ; PARSONNIER : associé, qui ne forme à deux qu'une seule personne. MM. Duméril.
PARUE ; PERCIE : fête de la moisson. Voyez REPASSÉE D'AOUT. B.
PARCIN-PEU : extrêmement peu,
PARDIENNE ! Juron qui adoucit pardieu!
PAREILLE : oseille (Rumex acetosa). Voyez SURELLE.
PARER (v. a.) : enduire la trame d'un tissu avec un apprêt ; mettre par paires, par couples.
PARER : peler. Pare ta pomme.
PAREMENTS (DE FAGOT) : rondins qui se placent à la surf:ace du fagot pour lui donner belle apparence. le parer.
PAR-ENSONS : par-dessus.
PARER (v. n.), eu parlant du cidre ou du poiré, passer de la fermentation sucrée à la fermentation alcoolique. En Bretagne, on dit : cidre cuit pour cidre paré.
PARÉSINE ; PÉRÉSINE. Corruption et réunion des mots poix et résine.
PARÉSINER se dit de celui dont la main tremble. M. l'abbé Decorde.
PARFIN (A LA) : enfin.
PARFINIR : parachever. L.
PARFOND : fond extrême.
PARIURE (s. f.) : pari, gageure. Patois Lorrain. L.
PARJENNE : pardienne ! peut-être par Jeanne !
PARLER QUELQU'UN : parler à quelqu'un ; - faire l'amour. - Bien parlant : affable. L.
PARLOCHER ; PARLOQUER; PARLUISER ; SE PARLORER. : parler d'une manière affectée et ridicule.
PARMI (LE) : milieu. Le parmi d'un panier d'œufs.
PAROLER : parler avec affectation. SE PAROLER : s'engager verbalement, en paroles.
PARONE (s. f.) : collier pour le trait ; partie du harnais qui pare ou garantit d'écorchures. A.
PAROTTE (s. f.) : copeau léger que produit la varlope. Du verbe parer qui, en terme de maréchalerie, signifie unir ; polir ; préparer. A.
PARPLEURE (v. n.) : achever de pleuvoir.
PARPLUIE : fin de la pluie.
PARPOINTER : piquer à l'aiguille une étoffe, en serrant beaucoup les points. Parpointer une couverture en chaume, c'est y pointer du glui pour la rendre plus solide.
PARTERRER : jeter par terre. Ce verbe est actif et réfléchi.
PARTIE : séparation, départ, (Manche.)
PARTIR : expédier ; envoyer. L.
PARTIR (EN) : venir de faire. J'en pars : j'en viens.
PAS : marche d'escalier. A Valognes, on dit : pâret ou pasret.
PASCARADE : carotte, panais. De pastinago. Du Celtique-Breton pastounadez.
PASCRIRE : prescrire ; frapper de prescription. Au figuré, pascrit : perdu, anéanti, mort. L.
PAS-DE-CAT : lierre terrestre ; -- gaffe à trois dents.
PAS-DE-LION (Ranunculus repens). B.
PAS-FILS : fils d'un premier lit. Expression dont se servent le beau-père et la belle-mère. Jacques est le pas-fils de Louis : Jacques est sorti d'un premier lit de la veuve que Louis a épousée. Ailleurs on dit fillâtre. A.
PAS GUÈRE : fort peu.
PAS MOINS : cependant. L.
PAS PLUTOT : au contraire.
PASQUENADES : carottes. L'expression : tirer des carottes mène de pasquenades à pasquinades.
PASSAGER, ÈRE : où l'on passe fréquemment. Rue passagère.
PASSE (s. f.) : moineau. Du latin passer. Apocope de passereau.
PASSE-DIABLE : espiègle ; malin ; qui surpasse le Diable en malice. L.
PASSÉE (s. f.) : passage.
PASSÉE (s. f.) : cellier près de la cuisine.
PASSER (v. n.), en parlant du fromage : se parfaire. En patois Lorrain, on dit, dans le même sens, que des fruits sont passés, pour signifier qu'ils sont mûrs et bons à manger.
PASSIER (s. m.) : passage devant la maison.
PASSIER : paille pourrie et devenue fumier devant la maison et les bâtiments d'exploitation.
PASTOU ; PATOUR : pâtre, berger.
PATAFIOLER. On dit proverbialement : Que le bon Dieu vous patafiole ! C'est à peu près, mais ironiquement : Que le bon Dieu vous bénisse !
PATARAPHE (s. f.) : paraphe.
PATARAUD : vaurien, coureur.
PATARD : sou. Grospatard : deux sous. Ancienne monnaie.
PATARER : marcher ; courir dans l'eau, dans la boue.
PATARET (s. m.) : espèce de soupe faite avec des pommes. Dans la Manche, c'est une soupe de pain et de lait caillé, bouillis ensemble.
PATAST : pataud, lourdaud.
PATATRAS ! PATACLAN ! Cette interjection est une onomatopée pour exprimer le bruit d'une chute avec fracas. On dit, dans le Midi, pataflasc ! et, dans le patois des Vosges, patafrô et patatra ! Regnard, dans ses Folies amoureuses, fait dire par Lisette à Albert :


Je n'y fus pas longtems qu'aussitôt, patatras !
Avec un fort grand bruit voilà l'esprit à bas.

PATAUDÉE : mélange d'aliments réunis sans plus de façon que pour un chien.
PATAUDER (SE) : s'enivrer ignoblement, comme un pataud.
PATAUT ou PATAUD : pied. De patte. Au figuré, lourdaud. Les Chouans donnaient aux patriotes le sobriquet de patauds par une sorte de calembourg. Au surplus, pris dans son acception usitée, ce sobriquet appartenait plus exactement aux Chouans, généralement lourdauds, grossiers et brutaux. A.
PATEGAUD ; PATIGAUD : secret, VENDRE LE PATIGAUD. On dit ailleurs : vendre la calebasse. C'est à peu près la même chose que : découvrir le pot aux roses. A.
PATENOTES : patenôtres. De Pater noster.
PATENOTRICE : amas d'objets sans valeur.
PATERONNER : manier malproprement. De patte.
PATICHON : qui aime à patichonner.
PATICHONNER : porter sans cesse la main à ; caresser incessamment.
PATIGOUSSER : patauger. Voyez PATOUILLER. O.
PATIRAS (s. m.) : souffre-douleur. Du latin pati, A. PATOCHER. Voyez PATERONNER.
PATOIRE (s. f.) : pâtis. Du latin pascere, paître.
PATOUF : pataud, lourdaud.
PATOUILLAGE (s. m.) : action de patouiller.
PATOUILLE ; PATROUILLE : torchon mouillé, fixé au bout d'un long manche, et qui sert à nettoyer le four.
PATOUILLER : patauger ; marcher dans la boue liquide. Pag'dté, en patois Walon. Voyez CLAPOTTER. L.
PATOUILLIS (s. m.) : boue liquide.
PATRAFIAS : bruit d'une chute. Voyez PATATRAS.
PATRAILLÉE : quantité surabondante.
PATRAILLER (v. n.) : travailler péniblement ; se donner beaucoup de peine. C'est peut-être une altération de batailler, dans les luttes de la vie.
PATRAQUES : paperasses.
PATRASSER : tomber bruyamment. De patatras.
PATRÉE : farine délayée dans de l'eau pour garnir le viquet d'un tonneau, et empêcher le liquide de fuir.
PATTE-D'OIE (Heracleum Spondilium). B.
PATTE DE RAINE (Ranunculus repens). On l'appelle aussi pied-de-chat. L.
PATTÉ : pattu, dont les pattes sont garnies de plumes.
PATURE : entrave qu'on met au pâturon des animaux, pour les retenir.
PAUCHE : chaussée.
PAULE (s. f.) : longe de cuir, forte courroie pour contenir une charge.
PAUPER (v. n.) : perdre son temps à attendre ; tomber de fatigue.
PAUPILLES : cils, paupières.
PAUPILLER : agiter les paupilles.
PAURE : pauvre.
PAUT ou POT : pôteau. Id., en patois Walon.
PAUTONNER : manger avec gloutonnerie, en réservant toutefois des aliments pour le lendemain ; en emporter même chez soi. M. Lepingard.
PAUVERTÉ : pauvreté.
PAVAT : collier de harnais fait de glaieul, ou iris des marais.
PAVE (Iris pseudo- acarus).
PAVOT : nénuphar (Nymphaea alba). A.
PAYS D'AMONT : la plaine de Caen et la Haute-Normandie. B.
PAYS DE BAS : le Bocage et le Cotentin. Voyez BAISSIN. L.
PEC : but ; point de départ. B.
PEC ; PECQUE : acariâtre, qui a bec et ongles.
PÊCAILLE (s. f.) : mauvais petit poisson. Du Celtique pesk : poisson. Du latin piscis. L.
PÉCANCIÈRE. Voyez BÉCANCIÈRE. L.
PÉCAUDER, ou plutôt PATAUDER : mettre les mains (les pattes) dans le plat.
PÊCHARD : gris tirant sur la couleur de la fleur du pêcher.
PECQUE : cheval de rebut. - Vieille brebis ; - vieille femme de mauvaises mœurs.
PECQUIER : mesurer ; se mettre au point, à la distance déterminée. As-tu pecquié : as-tu mesuré ? Pecque-toi : mets-toi à la distance voulue.
PÉCUN (s. m.) ; PÉCUNE (s. f. ) : argent, monnaie. Du latin pecunia. A. On lit, dans une ballade du XVe. siècle


Or est ainsy que, durant ma pécune,
Je fus traité comme amy précieux.


PÉELE : poêle de cuisine.
PÉELIER : fabricant de péeles.
PÉELON : petite péele ; poêlon.
PEIGNE (s. m.) : cardiaire des prés (Dipsacus pratensis).
PEIGNÉE (s. f.) : coups donnés à quelqu'un ; batterie. Patois Lorrain. L.
PEIGNER (v. a.) : battre ; maltraiter. L.
PEINE. J'ai eu peine de : j'ai été obligé de. L.
PEINER : donner la peine de faire; affliger.
PÉIOT (s. m.) : ligne dormante. B.
PEISSON ; PEISSONNERIE : poisson ; poissonnerie. L.
PEISSONNIER, ÈRE : poissonnier, poissonnière.
PELAUDER ; PELOTTER : battre; secouer la peau. De pellis.
PELÉE : ce qu'on peut porter sur une pelle.
PÈLERON (de l'épaule) : l'omoplate.
PELETTE, ou PELLETTE (s. f.) : morceau de peau de mouton, garnie de sa laine, que l'on place sur les sabots pour garantir le coude-pied, et tenir les pieds chauds. L.
PELEURE : pelure.
PELEUTRE. Voyez PLEUTRE.
PELICHE : petite peau ; portion de gazon. Enlevez c't'e peliche de terre.
PELICHON : petite pelette pour le sabot.
PELLE : bêche ; parce qu'en effet la bêche est une sorte de pelle. Pale, en patois Walon. A.
PELLE-FERRÉE : pelle de bois, garnie de fer. Voyez TRUBLE. L.
PELLE-FRUTIÈRE ; PELLE A MARC : pelle en bois d'une seule pièce, qui sert à remuer les grains, les fruits et le marc du pressoir. L.
PELLERESSE : la forbicine, insecte qui ronge le papier.
PELOTTER (FAIRE) une chienne : la faire couvrir.
PELOT : palet.
FELOUQUE (s. f.) : perruque de laine.
PELLOUE : sorte de houe ; écobue pour peler le gazon.
PELUET (s. m.) : le derrière, les fesses. A.
PELUNE : légère chiquenaude sur le nez.
PELURER : peler ; enlever la pelure d'un fruit, d'une branche.
PENDANTÉE. Voyez EMPANDANTÉE.
PENDRE QUE DE (NE) : rester à faire. Exemple : La table est servie, il ne pend que de dîner. M. Decorde.
PENTECOTE (s. f.) : orchis fleurissant vers la fête de la Pentecôte.
PENT'OREILLES : pendants d'oreilles ; boucles d'oreilles. En patois Lorrain, pend'oreilles. L.
PENTOIR (s m.) : perche fixée à une fenêtre pour y attacher du linge à sécher. L.
PEPIN-FAVART : pomme à couteau, espèce de Calville.
PÉPINIER : pépiniériste.
PÉPION : excroissance de chair fongueuse.
PÈQUE (s. f.) : bec.
PÊQUE ; PÊQUER ; PÊQUEUX : pèche ; pêcher ; pêcheur.
PÊQUE (s. f.) chiffon.
PÈQUENCER : bavarder.
PÉQUER ; PÉQUIER. Voyez PECQUER.
PÈQUIÈRE (s. f.) : femme qui ramasse les chiffons. B.
PÈRANCUNE (s. f.) (Hypericum androsœmum). B.
PERCE : trou dans le linge. Ce vêtement n'a ni trou, ni perce. Du verbe percer. On dit aussi : il y a de la perce pour il y a des trous.
PERCE-POUQUE (s. f.) (Scandix pecten). B.
PERCETTE : vrille. De percer.
PERCHOUX : fainéant; immobile comme l'oiseau sur son perchoir.
PERCIES ( s. f. pl.) : grand dîner, donné à tous ceux qui ont aidé à faire la moisson.
PERLOT: petit perchoir.
PERDRIAS (s. m. pl.) : pertes de jeu et autres.
PERDROLE (s. f.) : perdrix. A.
PÈRE : poire.
PERÉ , ou PRÉ : poiré.
PÉRÉMONIE ; PERMONIE : pulmonie. L.
PÉRÉMONIQUE ; PERMONIQUE : pulmonique. L.
PERFAIT : parfait. De perfectus. S.-I.
PÉRI : péril.
PERICAUCHÉE : paresse. B.
PERJOU ! Juron. C'est un reste de paganisme. Per Jovem : par Jupiter. B.
PERMINS : permis. S.-I.
PERLICOQUET : objet placé sur un point élevé et détaché, où il se balance à la moindre secousse, et semble y être placé par coquetterie. Le vais-tu là-hât, affouorqui su c'té branque, comme un perlicoquet ? M. Lepingard.
PERLIFICOQUET. C'est le superlatif de perlicoquet.
PERCE : perle. C'est l'n pour l'l, comme dans nentille au lieu de lentille.
PERNE-MAILLE (s. f.) : tire-lire. D'épargne maille. A.
PEROSINE : poix-résine. B.
PERQUE : perche.
PERRÉ ; PERREI ; PERREY : lieu plein de pierres ; chaussée pavée de pierres. Beaucoup de voies romaines ont conservé le nom de chemin perré.
PERRETTE : femelle de l'oie.
PERRETTE : femme dont saint Pierre est le patron. Perronelle.
PERRÉYEUR : ouvrier qui extrait de la pierre et qui la taille.
PERRIÉRE (s. f.) : carrière de pierre. Peréïro, dans le patois de Grenoble.
PERROQUET-DE-HAIE : le dur-bec.
PERSIR : presser. Déplacement de consonnes. Persir, c'est pressir pour presser.
PERSIN : persil.
PERSONNERIE (s. f.) : association, communauté de personnes. A.
PERSOU ; PERSOUX : pressoir. Par métathèse. (Vire. )
PERTU : trou, pertuis. Pertuisier, en patois de Grenoble, signifie percer.
PÉSACHIS : semailles et récoltes de pois, vesce , etc.
PÉSAS ; PÉSAT : tige sèche des pois. De pisum. L.
PÉSERI : champ où l'on a récolté des pois.
PESROUETTE : fillette évaporée. (Vire.)
PESTER (v. n.) : courir sans raison.
PÉTEPETUN (s. m.) : cri et nom de la caille.
PÉTER : mesurer. S.-I. MM. Duméril.
PÉTERELLE : étincelle qui jaillit du feu qui pétille.
PÉTÉRIAS (s. m. pl.) : sauts et gambades des animaux dans les herbages.
PÉTÉRIAU ; PÉTERON : rejetons du pied d'un arbre.
PÉTEUX : péteur ; mal élevé ; poltron.
PETIOT ; PETIOTE : petit, petite ; peu.
PETIOTIN, E : tout petit , toute petite. On dit même PETIOTINET , et PETIOTINETTE.
PETIT (UN) : un peu.
PETIT-HOUX (Ruscus aculeatus). Voyez VERGANDIEIL
PETOCHE (s. f.) : chandelle de résine de mélèze. Se dit métaphoriquement de toute lumière qui éclaire mal. De la basse latinité petiuncula : futilité ; peu de chose. En effet, la petoche est un objet de peu de valeur. Voyez ORIBUS, et ROUSINE. A.
PÉTOIRE. Voyez CANNE-PÉTOIRE.
PÉTONNIÈRE. Voyez CANNE-PÉTOIRE.
PÉTOUIN : cause de souci, d'inquiétude. On dit: Un bon pétouin donne un bon tintouin. - PÉTOUINER : être agité d'inquiétude.
PÉTOUIN : écarrisseur, écorcheur.
PÉTRA ; PÉTRAS ; PÉTRAT : villageois grossier. Pétra est le nom d'une ancienne ouverture à la partie postérieure de la ceinture des culottes et des pantalons , ouverture munie d'un cordon qui permettait de l'agrandir ou de la diminuer.
PÈTRE : paresseux; qui ne se meut, ni ne s'émeut. De piger. Peut-être de petra, pierre.
PÉTRON-JACQUET ; PÉTRON-MINET : aube du jour.
PÉTRO ; PÉTROT ; PRÊTROT : rossignol de muraille. C;e sont aussi les noms du pistil, fait comme le battant d'une cloche, du pied-de-veau (Arum maculatum). L.
PETUN : tabac. C'est l'ancien nom de la Nicotiana tabacum. A.
PEU: moins. Un liard peu de 2 sous: 2 sous moins 1 liard. Un écu peu de 100 fr. : 97 fr. Un petit peu : très-peu.
PEUFFE ; PEUFFRE : friperie ; boutique de fripier. De l'islandais pelf. dépouilles.
PEUFI ; flétri , fripé.
PEUFIER ; PEUFRIER : fripier. L.
PEUFRIE ; PEUFERIE : commerce de la peuffre.
PEULIE : gauche, maladroit, décontenancé. De peu et de lie (laetus) : joyeux.
PEUPLE: peuplier. H.-N.
PEUS ; PEUX ; POUX (s. f.) : peur. L.
PEZET : étoupe.
PHÉBÉ (s. m.) : pécule, bien. Peut-être de l'islandais : troupeau, qui avait pris la signification d'argent, parce qu'on ne connaissait pas d'autre richesse. MM. Duméril.
PHILOMIE : physionomie. L.
PHLIPOT (s. m.) : bouton d'or champêtre ; - Philippe.
PHILIPS (s. m.) : sorte de punch, composé d'eau-de-vie, de cidre et de sucre, bouillis ensemble.
PHORMACIEN : pharmacien, apothicaire. L.
PIACRAS : aliments mal apprêtés, indigeste s; boue épaisse. De plâtras.
PIAFFEUR, SE : qui se pare avec recherche.
PIANCHE; PIANCHON : enfant, fillette.
PIANER : crier, en parlant des dindons. Onomatopée.
PIANOPLAN : piane-piane, lentement.
PIANT ; PIANTEUR ; PIANTIR : puant ; puanteur ; devenir puant.
PIAR (s. m.) : précipité rouge de mercure pour tuer les poux. Rouge comme piar.
PIARD (cheval) : blanc et noir, comme la pie.
PIAU : peau.
PIAUCÉ : couché. MM. Duméril.
PIAUCER : pleurer;  piailler ; crier ; - écorcher ; enlever la piau d'un animal.
PIAUCER (v. n.) : embrasser avec force accolades.
PIAULARD ; PIAULER : pleurnicheur ; pleurnicher ; - glousser.
PIAUME ; PIOMME : pivoine.
PIAUSSER (SE) : se mettre au lit. De piau ou piot, lit, dans l'ancien Argot. A.
PIAUTER (en parlant d'une fleur) : l'effeuiller pétale à pétale. A.
PIAUTRE : cheuil. Va-t-en aux piautres : va te coucher.
PIC (PAR) ET PAR MIC : par petites pièces données à regret. De mica, miette. B.
PIC (OEUFS AU) : oeufs à la mouillette. L.
PIC. Voyez PIQUETTE et PIQUOIS.
PICANE (s. f.) : bruyère, lande. (Pont-Audemer.)
PICANIÈRE (s. f.) : mauvais terrain inculte. L.
PICARDE : espèce de coiffure de femme.
PICAUDÉE (s. f.) : mauvais mets mal préparé, bon pour la pie. Du latin pica.
PICHET : petite cruche de terre cuite pour servir le cidre ou le poiré. Du Celtique picher. Pitcher, en anglais. A.
PICHETER : boire à coups redoublés. A.
PICLER : parler aigu. Voyez VIPER.
PICOT : coq-dinde. De son cri piau ! piau ! L.
PICOT : espèce de pholade, qui pique dans la pierre calcaire pour s'y creuser un trou. B.
PICOT : filet pour prendre les poissons plats.
PICOT : poisson plat, du genre des plies. De quelques points colorés dont la peau de son dos est tachetée, picotée.
PICOT-DINDON : imbécille ; bête comme un dindon, un picot. L.
PICOTTE (s. f.) : femelle du picot ; - imbécille.
PICTRIE (s. f.). Ce mot ne s'emploie que dans la phrase : être dans la pictrie, qui signifie être ivre. MM. Duméril.
PIE (s. f.) : tourte aux fruits. Voyez BOURDIN.
PIEÇA : depuis cela, depuis long-temps.
PIE-CRUELLE : pie-grièche. B.
PIÈCE; PIÈCHE : nul, aucun ; - point. L.
PIEDSENTE : sentier par lequel on ne passe qu'à pied.
PIÉGNER; PIÉGNIER ; PIÉGNIR : peigner. L.
PIENCE ; PIENCH E : fille ou femme maligne, hargneuse, etc., que l'on qualifie par cette épithète, souvent renforcée d'une seconde.
PIÉRE ; PIÈRE : pire.
PIERRER (v. a.) : jeter des pierres à.
PIERROT : espèce de coiffure de femme.
PIÉTÉ : pourvu de pieds. Malpiété : qui a de mauvais pieds. Épiété : dont les pieds ne peuvent continuer de marcher.
PIÈTRE; PIÉTRESSE : boiteux; boiteuse. De l'ancien français piètre : mesquin. Il s'entend ici d'un individu qui a le pied contrefait au point d'être forcé de boiter. Argot. A.
PIF; PIFE (s. m.). Voyez PIFRE.
PIFFET, TE : qui aime trop la parure. De piaffe. A.
PIFFETER (SE) : piaffer; s'habiller avec prétention.
PIFFETEUSE ou PIFFETTE. Voyez PIFFET. A.
PIFRE (s. m.) : gros nez désagréable.
PIFUS ; PIPHUS : troëne.
PIGACHE (s. f.) : pointe de terre. B.
PIGACER ; PIGACHIER : écrire en formant des lettres maigres, allongées, enchevêtrées, peu lisibles.
PIGE (s. f.) : oie, femelle du jars. Voyez PIROTE.
PIGEONNER : germer ; pousser ; pulluler ; - faire l'aimable auprès d'une femme ; - convoiter. B.
PIGLER : pousser des cris perçants. Voyez PIGNER.
PIGNARD : celui qui pigne ; qui pleure et se plaint.
PIGNER : geindre ; se plaindre à petits cris comme font les enfants. De plangere. Dans le patois Rennais, pigner signifie grogner. Voyez CUSSER. A.
PIGNETTE (s. f.) : fausset au propre et au figuré. L.
PIGNEUX : peigneur de laine. S.-I.
PIGNOCHE. Voyez ÉPIGNOCHE. L
PIGNOLE (TOURNER) : tourner le dos ; fuir. On dit, à Bayeux : retrousser pignole.
PIGNONNER : percer.
PIGNOTER ; PIGNOCHER : manger peu, à petits morceaux, avec dégoût.
PIGRAS ; PIGRAT (s. m.) : boue visqueuse. De pied et gras ; gras au pied. - A PIGRAS : en grand nombre. O.
PIGUENETTE : fillette acariâtre, méchante.
PIHOUE : femme débauchée.
PILAGE : brassage du cidre.
PILAUDER : marcher sur ; fouler sans précaution. A.
PILE (s. f.) : volée de coups. Patois Berruyer. L.
PILÈCHE ; PILÈGE : farine d'avoine torréfiée ; gruau ; grain pilé et grué. (Manche.)
PILER SUR : marcher sur ; effacer avec les pieds.
PILER : pressurer des fruits au pressoir.
PILETTE : ancienne pièce de billon de 10 centimes.
PILORI : lieu où l'on a long-temps stationné, où l'on a long-temps marché, pilé.
PILTETE : pistil de la fleur de l'Arum on pied-de-veau. Ce pistil ressemble à un pilon.
PIMAILLER : chicaner ; s'agacer comme des pies qui ont maille à partir.
PIMENT (s. m.) : mélisse on citronnelle (Melissa officinalis). L.
PIMPERLOTTÉ : tacheté de points divers. Ce mot vient de pimpant. O.
PINCES ; PINCHES : pincettes de cheminée. L.
PINCHARD : pinson.
PINCHÉE : pincée ; - PINCHIER : pincer.
PINELLES : bas, chausses. S.-I.
PINGE : propre, lisse. A.
PINGER : plonger ; mouiller ; puiser. A.
PINGEON : pigeon. H.-N.
PINGET ; PINGEOT : sillage circulaire que fait la chute d'un corps sur la surface de l'eau.
PINGRE : avare sordide. En patois des Vosges, pingre signifie acariâtre, sournois, railleur. A.
PINGUIER : étui pour déposer les épingues (épingles).
PINGUIER : plonger. PINGUET : plongeon.
PINTON : sorte de cruche à cidre. Du mot pinte. Du grec πίυειυ : boire. Du latin potus. L.
PINVOLE (s. m.) : hanneton. Les enfants, en faisant voltiger un hanneton attaché, chantent

Pinvole,
Vole, vole !
Fais trois tours, et puis t'envole.
Tintaribaud !     L.

PION : ivre. De potus.
PIONS ( s. f.) : pivoine (Pœonia offcinalis). On dit en anglais piony. Voyez PIAUME.
PIOT : ivre ; - boisson. De potus. A.
PIOT : pivot d'un dévidoir.
PIOTER (SE) : s'enivrer.
PIOU : poussin , le plus petit de la couvée.
PIPER : aspirer avec un chalumeau ; boire ; aimer à boire.
PIPERNEAU ; PIMPERNEAU ; PIPERNET : anguille de mer.
PIPET : chalumeau employé pour aspirer un liquide ; - sorte de sifflet. C'est dans ce dernier sens qu'en patois Walon, on dit : pipé
PIPIE : pépie.
PIQUÉ : debout comme un piquet. A.
PIQUER : planter non avec la bêche, mais en faisant des trous pour planter avec un piquet.
PIQUERAI : terrain couvert de galets roulés.
PIQUERÉE : ce qu'enlève une fourchette en s'enfonçant dans un plat de comestibles.
PIQUEREULE ; PIQUEROLE : petite vérole.
PIQUET : dard de l'épine du rosier, etc. ; pieu.
PIQUETONNER : raccommoder une vieille étoffe qui l'a déjà été plusieurs fois. Voyez RABOUÊNER. A.
PIQUETTE : lait caillé et séparé du sérum, dans lequel on met du lait frais et de la crème. Voyez BATTU (LAIT).
PIQUETTE : mouillette. Oeufs à la piquette ou oeufs au pic : neufs à la mouillette. - PIQUETS, dans la HauteNormandie.
PIQUETTES (s. f. pl.) : dettes criardes, qui font l'effet des piquets enfoncés dans les chairs.
PIQUOIR : outil pour piquer ou mettre en terre les plantes qui ne peuvent pas y être placées à la bêche.
PIQUOUX : celui qui pique les plantes. Voyez PIQUER.
PIRE : pis. Tant pire : tant pis. Aussi pire : aussi mal ; aussi mauvais.
PIRETTE : jeune oie. A.
PIRIPI : marionnette. A.
PIRLI : petit bâton pour jouer. A.
PIRO : petite lessive. MM. Duméril.
PIROT : jeune oison. A.
PIROT : eau ou sang qui coule à gros filets. Suer à pirots : suer excessivement. Le sang lui coule du nez à pirots : comme le lait du pis de la vache.
PIROTON : petit oison. A.
PIROTTE : oie. Dans la Mayenne, on dit pire et pirette. A.
PIRVIRE (s. f.) : sorte de tabatière longue, en forme de poire. A.
PIS ; PITS : puits. - PIS : puis. DU DEPIS : depuis.
PISCALE (s. f.) : terme de mépris, en parlant d'une femme.
PISCANTINE. Voyez BISCANTINE et CLACASSE.
PISQUE : puisque. L.
PISSAT ; PISSON ; PISSOT : urine. On dit proverbialeinent : rouge comme pissat d'âne. L.
PISSE (s. f.) : urine humaine. A.
PISSE-VINAIGRE : acariatre, aigre. De vinaigre, liqueur sure. Voyez MARIE-SURELLE. L.
PISSOUIN (s. m.) : urine humaine. L.
PITANCHIER : s'impatienter. De dépit. B.
PITER. Le fil ou la toile se pitent quand ils blanchissent inégalement. O.
PITIEUX : qui excite la pitié ; sensible. A.
PITOIS : PITOU : putois. Palais Lorrain. L.
PITONNER : piétiner ; - vêtir ; orner ; rechercher les moyens de fixer l'attention d'autrui.
PIVAT : boue liquide. S. -I. - Urine. Voyez PISSAT.
PIVELLIER : fourreau du penis d'un verrat. A.
PIVOLETTE (s. f.) : papillon. Voyez BAVOLETTE. M.
PLACE (s. f.) : le plancher, l'aire d'un appartement. Balayer la place. L.
PLACHE ; PLACHER : place ; placer.
PLACHEUX : offrant des places où il n'y a rien. Ce blé est placheux. M. Decorde.
PLAFIER ; PLAFRIER : celui qui prépare les peaux de mouton, les tanne, les blanchit, etc.    .
PLAIDEUX : plaideur.
PLAISI (AU) : au plaisir (sous-entendu : de vous revoir) !
PLANCHE DU PIED : plante du pied. H.-N.
PLANCHÉ : planchéié.
PLANCHET ; PLANTIAU : coquelicot (Papaver rhaeas).
PLANCHON : sauvageon ; branche de saule ou de peuplier propre à pousser de bouture. De plant.
PLANITRE : place où l'on s'assemble ; esplanade ; lieu plane en avant d'une église, d'un château, etc.
PLANQUE; PLIANQUE : planche ; pont de bois. On dit aussi PLANQUETTE.
PLANTE (s. f.) : haie vive.
PLANTÉ (A) : en abondance.
PLANTIÈRE : noeuds coulants, en crin pour prendre les oiseaux.
PLAQUE (s. f.) : pièce de 2 liards. Je n'en donnerais pas une plaque.
PLAQUER : mettre ; placer. S.-I.
PLATÈNE : patène.
PLATINE : langue qui ne cesse de parler.
PLAUDE ; PLAUDER. Voyez BLAUDE ; PIAUCER.
PLEIGER : protéger ; excuser ; faire fort pour.
PLEIN (TOUT) : beaucoup.
PLESSE : branche à moitié coupée et que l'on garnit de terre pour faire épaissir une haie, ou boucher une brèche.
PLESSER : entrelacer des branches pour faire une clôture. Du latin plexus. A.
PLESSIS (s. m.) ; PLESSE (s. f.) : clôture faite de branches entrelacées ; - bois taillis; forêt.
PLEU-PLEU (s. m.) : pivert, parce qu'on prétend que son cri annonce des pluies prochaines. L.
PLEURE ; PLEUVER ; PLOUVER : pleuvoir.
PLEURMICHE. Voyez PLEURNICHE.
PLEURMICHER : pleurnicher. Voyez MICHER.
PLEURNICHE : pleurnicheur; qui fait semblant de pleurer, ou qui pleure pour peu de chose.
PLEUROUX, SE : pleureur, se. A.
PLEUTRE : homme de mauvaise mine ; misérable sans considération ; indigne d'égards. De pelé.
PLIACOUX : sol humide.
PLIE , pluie. S.-I.
PLIÈCHE : place. L'l se mouille et fait entendre le son de l'i, et même d'ie dans quelques mots dont nous citerons les suivants : plienplieume pour plume ; plieurer pour pleurer ; pliomb pour plomb.
PLIÉCHERON : ouvrier qui se loue, sur la place, pour la journée, principalement au temps de la moisson.
PLION : pièce de bois qui sert à maintenir le coutre d'une charrue dans la position nécessaire. On change le plion de côté à chaque sillon. M. Decorde.
PLOMBÉE : PLOMBEÉE : machine pour peser, composée d'une verge en bois, d'anneaux, d'un crochet et d'un plomb mobile ; - instrument où se trouve une balle de plomb suspendue à un fil pour déterminer l'aplomb.
PLOQUER (en parlant d'une fleur) : la fatiguer au point de l'effeuiller. A.
PLOUFRE : bouffi. S.-I.
PLOUTRE : pêne d'une serrure.
PLUC : ce que l'on peut éplucher. On dit aussi : pluquette pour épluchure; plucoter, pluchoter pour éplucher. MM. Duméril.
PLUMAS: plumeau. A.
PLUMÉE. Voyez PLOMBÉE.
PLUQUETTE. Voyez ÉPLUQUETTE.
PLURER pour PELURER : ôter la pelure ; peler.
POCANE (s. f. ) : mot pour rire. L.
POCHARD (s. m.) : pâté d'encre sur le papier ; - ivrogne.
POCHARDER (SE) : s'enivrer habituellement d'une manière ignoble.
POCHAS : pâté d'encre. A.
POCHER (v. n.) : faire un pâté d'encre. L.
POCHER : espèce de jeu de pair ou non, où l'on gagne des noix et du pain d'épice aux fêtes de village. M. Decorde.
POCHET : pâté d'encre. L.
POCONNET : petit pot. Possinet, en patois Walon.
POCRAS : gâchis.
POCRASSER : manier avec des mains crasseuses. Voyez POQUE. A.
POCRASSIER : qui pocrasse. A.
POE ; PO: peur. Autrefois, paour.
POETÉ : puissance, autorité.
POÈLE A LAIT : terrine où on le verse pour l'y laisser élaborer sa crème. L.
POGNAFLER ; POGNASSER ; POIGNASSER : manier salement à poignée ; pétrir avec les poings.
POGNE ;  POIGNE (s. f.) : poignet ; main ; main qui serre. Patois Walon.
POGNÈE ; POGNIE : poignée.
POICRINIER ; POUCRINIER (v. a. ) : coiffer mal; mêler les cheveux.
POIGEAT ; POUGEAT. Voyez POUJAS.
POINE : peine.
POINTE DE GOTÉ : point de côté. L.
POIRE DE TERRE : topinambour (Helianthus tuberosus).
POIRETTE ; PORETTE : poireau ; jeunes poireaux à repiquer.
POIRIONS : verrues.
POIS. On confond généralement sous ce mot unique les pois (Pisum sativum) et les haricots (Phaseolus). On appelle les haricots pois blancs, et plus communément pois de mai (à Alençon, pois de mer) ; on les nomme encore petites fèves. Confusion fâcheuse et ridicule, tandis qu'il est si simple de désigner par leur véritable nom les fèves, les haricots et les pois. Voyez FÈVES.
POIS ANGLAIS: haricot grimpant ou à rames. En Dauphiné, on appelle les haricots pois lombards. B.
POIS CHAUD: pois Michaux. Par aphérèse.
POIS DE MAI ; POIS DE MER: haricot, soit nain, soit grimpant. Mai est le mois où on les sème.
POIS DE PIED: haricot nain. L.
POIS A RAMES : haricot grimpant.
POIS ROND : pois.
POISON (s. f. ) : chose ou personne mauvaise, capable de produire les pernicieux effets du poison. C'est de la poison : ce mets, cette boisson est détestable. C'est une poison : c'est une femme dont le contact est dangereux.
POISSON DE St.-PIERRE : dorade commune. B.
POITIT, E : petit, e. A.
POITRINER : vêtir, habiller sans goût.
POIVRIER (Daphne mezereon) ; parce que ses fruits ont le piquant du poivre.
POLACRE (s. f.) : gilet.
POLETTE : courroie de cuir, servant à maintenir le chargement d'une bête de somme.
POLITEMENT : poliment, proprement. S.-I.
POLITIQUE : dissimulé. L.
POLON : Napoléon.
POLYTE : Hippolyte.
POMMAGE : espèce, nature, qualité de pommes ou de poires à pressurer. Ces fruits sont d'un même pommage : sont d'une même variété. Voyez SOLAGE.
POMMELIÈRE (s. f.) : ellébore noir, pied-de-griffon (Elleborus niger).
POMMEAU ; POMMET ; POMMEAU : gras de jambe ; mollet. Cet homme n'a joué de pommiau : cet homme n'a guère de mollet. A.
POMMEROLLE ; POMEROLE : primevère jaune, non rameuse. Voyez COUCOU. L.
POMON : poumon. - POMONIQUE : pulmonique.
PONCEL ; PONCHET : coquelicot. De ponceau.
PONCER ; PONSER : presser ; exprimer. Poncez ce citron dans l'eau pour en obtenir le jus.
PONCEUX : sorte de petit pressoir en plein air.
POND : pondu. La poule a pond pour a pondu.
PONE : ventre, bedaine.
PONICHER : ajuster sans goût.
PONNELÉE : fumier de poule, et, par extension, des autres volailles.
PONNELER : pouliner.
PONNENT : pondent ; - PONNU : pondu. An figuré ironiquement : bien ponnu pour mal inventé, mal arrangé ! On dit : Les poules ponnent pour pondent. Ponnu est dans Rabelais ; ponnent, dans Amyot.
PONSOUX : petit pressoir facile à changer de place.
POPOT : poupon ; petit garçon. Féminin, popote.
POQUARD, E ; POQUET ; POQUETON : celui ou celle qui a la main estropiée ; qui se sert difficilement de ses mains. De poque.
POQUE (s. f.) : grosse et vilaine main. Pocre, dans la Mayenne et dans l'Ille-et-Vilaine. A.
POQUER : pocheter (Valognes.)
POQUETON : qui a des pocres, de grosses mains maladroites.
POR : pour.
PORCHET : morceau de porc frais, ou récemment salé. Pourchet, dans le patois de Grenoble. L.
PORCHIN ; PORCHAIN : cochon d'un an.
PORE (qualif.) : pauvre. Ce pore éfant : ce pauvre enfant. Du Celtique paur. L.
PORÉE (s. f. ) : légumes. Jardin à porée : potager. A.
PORÉSINE : poix-résine.
PORFRIRE : enduire de mortier. Voyez POULFRIR.
PORICHINEL : polichinel. De l'italien pulchinello.
PORIE : bouquet de porions.
PORION : narcisse jaune. Du latin porrum, poireau ; parce que cette plante ressemble par sa feuille à celle des poireaux.
PORJET; PORGET : revêtement, avec du mortier, des interstices d'un mur.
PORJOLER (SE) : prendre ses aises, ses ébats.
PORMAIS QUE : lorsque, après que.
PORQUER; PORCHER : celui qui garde les porcs.
PORQUERIE : porcherie, étable à porcs. Voyez SOU.
PORRETTE (s. f.) : jeune porreau pour transplanter. L.
PORSUIVRE : poursuivre. D'où porsuisi, porsueusi : poursuivi.
PORTAIL : porte-cochère. Patois Rouchi. A.
PORTE-COS : espèce de joug qui sert aux servantes de ferme à porter des seaux. M. l'abbé Decorde.
PORTEMENT : manière dont on se porte ; état de la janté. Il lui a demandé le portement.
PORTER A : ressembler à. L.
PORTEUX : porteur. Porteux de lettres : facteur.
POT : pièce de charpente qui supporte les sommiers. H.-N.
POT, TE : engourdi de froid. Main potte : main qui a l'onglée. Il a la goule potte : il ne sait que dire. L.
POT-BOUILLE (s. f.) : petite et mauvaise cuisine, composée ordinairement d'un chétif pot-au-feu et de quelques légumes. C'est là que je fais ma pot-bouille : c'est là que je prépare mes aliments. L.
POTABLE : praticable, en parlant d'un chemin.
POTARÉE ; POTICHE (s. f.) : potage fait sans soin; cuisine de pauvres gens ; mauvaise bouillie. L.
POTAYE : potée.
POTIN (s. m.) : fonte de fer pour ustensiles de cuisine, etc.
POTIN (s. m.) : babil, rabâchage. L.
POTINE : pot de terre à bords rentrants, qui sert de chaufferette. De poterie.
POTINER (v. n.) : rabâcher ; faire des remontrances à contre-temps. L.
POTINIER, ÈRE : qui potine. L.
POTONNER (v. a.) : manier salement. A.
POTS : trous que les pieds des gros animaux font, d'enjambée en enjambée, dans les mauvais chemins.
POTTE (s. f.) : sorte de chaufferette en terre cuite comme les pots ; - petite fosse. O.
POTUIT : porte d'une cour placée entre deux pôts, et surmontée d'une petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied. M. Decorde.
POU : peur. Pour, dans les Chansons du roi de Navarre. Du Latin paror ; du Roman paour. Poü, dans le patois de Grenoble. L.
POU : pour. S.-I. ; - élévation. De podium.
POUACRE : sale, dégoûtant. Patois Lorrain. De pouah.
POUAMMENT : puissamment.
POUANT :puant ; faiseur d'embarras ; malpropre.
POUAS : noyau , parce qu'il est souvent rond comme un pois. B.
POUCEROT : doigtier de cuir pour contenir un pouce malade.
POUCHE (s. f.) : sac. Du vieux mot poucha : pou-d'avoine. Pouch, en anglais.
POUCHIN : poussin. Puzi, piouzi, à Grenoble.
POUCHINÈE (s. f.) : couvée d'une poule ; poussinière. L.
POU-D'AVOINE (s. m.) : balle d'avoine. De poucha, qui, dans les anciens monuments de notre langue, signifie une poche. En effet, le pou dont il s'agit ici est une sorte de petit sac ou poche qui renferme le grain d'avoine. A.
POUEIL (s. m.) : poil. A.
POUEILLU : poilu, velu. A.
POUFFI : bouffi. C'est le p pour le b, comme dans pénancière, pèque et piscantine. L.
POUI, IS : pou, poux. L. On disait autrefois pouils ; on a retranché l'i, et l'on a dit pouls ; enfin on a retranché l'l , et l'on a trop arbitrairement substitué l'x à l's.
POUILLARD, E : pouilleux ; misérable ; vaurien: - perdreau trop jeune pour être tué.
POUILLER : vêtir. A.
POUILLERIE : misère profonde, sale et dégoûtante. De pou, insecte. On appelle aussi pouillerie un taudis habité par des pouilleux, et, par extension, tout logement pauvre et sale. - Pouillerie de gueux : objets de nulle valeur.
POUILLES : injures. Chanter pouilles, comme il arrive dans un pouillis ou pouillier (mauvais cabaret).
POUILLOT : petit vêtement de laine pour enfant; sorte de corset ; - l'oiseau troglodyte.
POUILLU : nonchalant, fainéant. Voyez POUILLARD.
POUJA S (s. m.) : poix noire, non épurée.
POULAILLES : volailles.
POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un neuf cuit dans les cendres, quand la chaleur fait crever la coque. M. Decorde.
POULAIN : châssis en bois, sur lequel on fait glisser les tonneaux pour les changer de place.
POULENÉE (s. f.). Voyez PONNELÉE.
POULET : noyau ; amande du noyau ; pepin. M.
POULETTE AU BON DIEU : roitelet. Voyez REBETTE.
POULETTE : petite ampoule. L.
POULETTE (GRASSE-) : arroche sauvage ; arroche puante (Chenopodium vulvaria).
POULFRI : enduit d'argile , de chaux, etc. De poul-pri (fosse d'argile), mots bretons, cités par Lobineau, dans son Hist. de Bret., t. II, p. 1814.
POULFRIR : enduire. De poulfri, ou du verbe latin perfricare.
POULFRISSEUR : plafonneur.
POU LGINÉE (s. f.) : poussinière. De poule et de génération : famille de poulets ; ou de l'italien pulcinello : poulet.
POULIER : poulailler.
POULIER (v. a.) : élever au moyen d'une poulie.
POULIER (v. a.) : promener mal à propos Voyez CHIBOLLER.
POULINÉE : fiente des poules. H.-N.
POULIOT : pièce de bois mobile, placée à l'extrémité d'un chariot ou d'une charette, sur laquelle s'enroule la hache. M. Decorde. Voyez LIACHE et COMBLE, au Supplément.
POULOT, TE : jeune enfant. De pullus.
POULS ; POULCES ; POUSSES (s. m. pl.). Dans l'arrondissement de Cherbourg, on appelle de ce nom la bouillie faite avec de la farine de sarrasin et cuite à l'eau ; et, dans les environs de St.-Lo, surtout vers Torigny, une bouillie faite avec de la farine d'avoine et cuite à l'eau ou au lait. On donne aussi à cette dernière bouillie le nom de craolle. Feu Lamarche.
POULTON : poltron. S.-I.
POULTRAIT : portrait. L.
POULTRE (s. f.) : pouliche qui n'a pas encore porté.
POULTRON : poltron. Du Celtique-Breton, pouilltron : lâche. L.
POULVAISÉ : couvert de pustules.
POUMON : terrain fangeux, mou comme le poumon.
POUMONIQUE : pulmonique ; malade du poumon. L.
POUPÉE (s. f.) : chanvre peigné et préparé en cordons pour être filé.
POUPINEMENT (adv.) : avec affectation. La Fresnaye disait, dans ses Foresteries :
pour siffler. pour plein;


Et frisé par devant assez poupinement.

POUPINER (v. a.) : attifer comme un poupin, caresser comme un poupon.
POUPRE : humide.
POUQUE (s. f.) : sac. Dans le XIIIe. siècle, on appelait pouqueteurs les marchands de sacs. - Faire la pouque (en parlant des oiseaux) : laisser tomber et traîner les ailes et hausser le dos ; ce qui annonce la maladie, le dépérissement de l'animal. De l'islandais poki : sac, poche. L.
POUQUET : petit sac.
POUQUETTE : petite poche ; poche d'un vêtement. Faire pouquette : cacher dans sa poche.
POUQUIE : le contenu d'une poche.
POURCACHER : poursuivre. En français, pourchasser signifie rechercher ardemment. Il se dit, dans la S.-I., des animaux qui poursuivent les autres pour les empêcher de manger.
POURE. Voyez PORE.
POUREUX : peureux. Autrefois, paoureux.
POURFRIS. Voyez POULFRI.
POURGUILLER : promener un enfant. O.
POURJET : bûcher. O.
POURJOLER : porter mal à propos quelque chose d'un lieu dans un autre. Voyez CHIBOLLER et POULIER. L.
POURLÉQUER (SE) : se lécher les lèvres, après avoir mangé quelque chose de bon. M. Decorde.
POURPE : pourpre, suette miliaire.
POURPORTE (SE) : se comporte ; se trouve ; est ou existe.
POURVANNE (s. f.) : ration d'avoine ou de son pour un animal. De l'ancien mot provende, employé dans une ordonnance royale de 1317: « Deux provendes d'avoine ».
POUS (s. m. pl.) : bouillie. Pous lavés : gruau et coulis d'avoine. Du latin puls ; de l'italien pulta. A.
POUS : balle sèche du sarrasin.
POUSSÉE : épouvante. Donner une poussée : inspirer de l'épouvante. A.
POUSSIER (s. m.) : poussière ; ordures sèches.
POUTRAIT : portrait. S.-I.
POYER ; POUIER : payer. Ancien français.
PRAE : proie ; charogne ; personne très-dégoûtante. Terme d'extrême mépris.
PRANNE ; PRANNEZ : prenne ; prenez. L.
PRANSEU : pressoir.
PRASSE (s. f.) : mauvais poiré. A.
PRATÉ ; PRATON : petit pré.
PRATICIEN, NE : laborieux, se. L.
PRÉ : poiré. Chenu pré : excellent poiré.
PRÊCHEUX : prédicateur.
PRÊCHIER : prêcher ; - parler.
PRÉCI (en parlant du bois) : gâté, pourri. B.
PRÉFÉRER : être plus élevé en naissance, en dignité , etc.
PREMIER : avant, auparavant. -- PREMIER QUE : avant que.
PRENRE : prendre.
PRÈS A PRÈS : rapprochés. Ces arbres sont trop prés à prés : trop près, trop rapprochés les uns des autres.
PRESSES ; PAIRE DE PRESSES : espèce d'armoire pourvue d'un tiroir au-dessus de chacune de ses deux portes.
PRESSEUX ; PRESSOUX ; PRINSEUX ; PRINSSEUX pressoir.
PRESSIMÉ , ou PRINCIMI : très-près, bientôt. Du latin proxime. O.
PRÉSUMER (SE) : s'enorgueillir.
PRÊTE : prêtre.
PRÊTROT : rossignol de muraille.
PREUCHE : proche , voisin, parent. - PREUCHE : près, auprès.
PREUMIER : premier. S.-I.
PREUNE ; PREUNIER : prune; prunier. L.
PREUX : prés. - AUPREUX : auprès.
PRIMEROLLE ; PROMEROLLE ; PRUNEROLLE : primevère des prés. Voyez COUCOU et POMMEROLLE.
PRINRENT : prirent.
PRINS, E : pris, e. On dit qu'une fille est prinse, quand elle est enceinte. M. l'abbé Decorde.
PRINSE : écluse. De prise d'eau. - PRINSE : prise (de tabac).
PRINZURE (s. f.) : rhume. A.
PROCULTEUX : procureur. H.-N.
PROGNER ; ÉPROGNER : élaguer. Voyez ÉPROGNE.
PROMETTRE : assurer. Je vous promets : je vous assure.
PRONONCHIER : prononcer.
PROUSTER : péter. A.
PROUVABLE : probable. B.
PRUNELLE ; PUNELLE : petite prune sauvage.
PRULER. Voyez PELURER.
P'TÊTRE : petit-être. En réponse à quelqu'un qui annonce son doute par ce mot, celui qui affirme dit, pour confirmer son allégation : C'est tout p'têtré.
P'TIOT ; PETIOT ; PIOT : enfant.
PU : plus. Pu ché (plus cher) : beaucoup plus. L.
PU : pour. S.-I.
PUANT, E : d'une avarice sordide ; que l'on fuit à cause de l'odeur détestable que sa passion répand autour de lui.
PUCETIER : qui a des puces et ne s'en débarrasse pas. A.
PUCHER ; PUCHIER : puiser. Pucher la lessive : verser de l'eau bouillante sur le linge placé avec ordre dans une cuve, et sur lequel on a mis une couche de cendre.
PUCHE : puce.
PUCHERIE : lieu où l'on puche.
PUCHET ; PUCET : pot de terre contenant un à deux litres. Voyez PICHET.
PUCHOIR : lavoir; partie des pièces d'eau où l'on puise.
PUCHOT : lieu où l'on puise de l'eau dans une mare ; - altise, coléoptère funeste au colza. L.
PUERVE : poulpe. Au figuré, femme méprisable.
PUET (s. m.) ; PUETTE (s. f.) : fausset de tonneau. A.
PUETTE : chandelle de résine ; lampe qui éclaire mal. Voyez ORIBUS ; PÉTOCHE. B.
PUFINE (s. f.) : excréments humains. L.
PUINE (s. m.) : troëne (Ligustrum vulgare). L.
PULENTIN : petit puant. Du Roman pulent. A.
PUMEROLE (s. f.) : primevère des prés. Voyez POMMEROLE. B.
PUPU (s. f.): huppe, oiseau. Onomatopée, comme dans le latin upupa. En patois Walon, boud-boud. A.
PUR : pus d'une plaie. L.
PUR ; PURE : peur.
PURÉE (PORTER LA) : être grondé pour un autre, sans l'avoir mérité. M. Decorde.
PURER (v. a.) : presser pour faire égoutter ; - (v. n.) couler doucement, goutte à goutte.
PURIN : suint.
PURIN. E. On appelle, à Rouen et à Lisieux, purins les ouvriers en laine.
PURINERIE (s. f.) : corps des ouvriers en laine. S.-I.
PUROTER (v. n.) : s'écouler par gouttes dont l'intervalle annonce un complet épuisement.
PUS : plus. Patois Bourguignon, et autres.
PUTEAU ; PUTET : mare qui reçoit l'égout du fumier.
PUTEL (s. m.) : petite mare, formée par le liquide écoulé d'un fumier. S.-I.
PUTIER : homme débauché. M. l'abbé Decorde.
PUTOI, : plus tôt; plutôt. L.
PUTTE-PUTTE : huppe. Du cri de cet oiseau.

Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux. 11:17 Publié dans Langues Normandes et légendes normandes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : langue normande, normandie, la lettre p, patois normand, expressions normandes |  Facebook NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

La Lettre M en Normand


M' : ma ; me. L'a, l'e disparaissent parfois devant une consonne.
MA ; MAS : mal ; maux. - MA (s. m.) : sas, tamis.
MACABRE : inepte. De la fameuse Danse macabre, dont les personnages ne savent que répondre à la Mort qui les entraîne.
MACAILLE : nourriture, ce qu'on mâche.
MACELET ; MACHELET : groupe de fruits tenant au même pédoncule. Un macelet de noisettes.
MACHACRE : massacre. M. - Viande. S.-I.
MACHACRE : ouvrier maladroit.
MACHET (s. m.) : mâchoire.
MACHICOTER : mâcher en tournant et retournant ce qu'on a dans la bouche, sans l'avaler.
MACHIN ; MACHINOT : machine ; chose ; objet dont on cherche le nom. Patois Lorrain.
MACHIS (s. m.) : aliment mâché.
MACHON : maçon. Au figuré, ouvrier inhabile.
MACHOQUER : bossuer.
MACHOTER : mâcher lentement et avec une sorte de répugnance.
MACHU (adj.) : en forme de massue. M.
MACHUE : massue. On disait macue, dans le XIIIe. siècle ce mot est employé par le roi de Navarre dans ses Chansons. Tête de machue : entêté, opiniâtre. L.
MACHURER : noircir, décrier.
MACOT : cachette ; l'argent qu'elle contient. A.
MACRIAU : maquereau. En patois Picard, macrieu.
MADELEINE (POIRE DE) : poire de Cuisse-Madame ; parce qu'elle mûrit vers la fête de sainte Madeleine (22 juillet).
MAFONGUE. Même sens que Par ma fingue. Voyez FINGUE.
MAGNAN ; MAGNAN ; MAIGNEN : chaudronnier ambulant, dont on faisait peur aux enfants comme du prétendu Croquemitaine. Du vieux mot maignen : chaudronnier, et de l'italien magnano. Nicot et Monet écrivent maignen, comme dans le moyen-âge. En patois Bourguignon, maignié. Magnin en patois Walon. On prononce aussi maïan.
MAGOSSE (s. f.) : amas d'argent ; petit trésor. Voyez MAGOT. A.
MAGOT. Voyez MACOT. L.
MAGOUANER : mâcher lentement et désagréablement. A.
MAGOUSSE (s. f.). Voyez MACOT.
MAGROLLE (s. f.) : somme d'argent. A.
MAGUE (s. f.) : estomac de veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. L.
MAGUE : gros ventre ; bosse. S.-I.
MAHON : coquelicot.
MAHON : qui parte avec difficulté ; bègue. O.
MAHONNER : parler avec difficulté ; balbutier ; bégayer. Voyez BAUBE.
MAI : moi.
MAIGNETS ou MÉGNETS : petite enfants. Du celtique man : homme. Maignets est le diminutif de man, d'où viennent aussi manant et rnanoir, etc. Le vieux mot meignie, on plutôt maignie, signifiait maisonnée, toutes les personnes d'une maison. Dans le patois Gascon, on dit maynat pour un petit garçon. A.
MAIGRASSIER : grand, mince et approchant de la maigreur.
MAIGRIER : maigre.
MAILLOCHE (s. f.) : petit maillet.
MAILLOT : maillet.
MAINDRE : moindre. S.-I.
MAININE : petite main.
MAINS ; MAINS : moins. S.-I.
MAIN-TACHE : à peu près, au hasard, sans que l'on compte. Prendre, donner à main-tâche.
MAINTAIN ; MAINTIÉ : manche de fléau. O. et M.
MAIRERIE : mairie. Voyez MARIE. A.
MAIS : plus ; jamais. Mei, en patois de Grenoble. De l'adverbe latin magis. Je n'en peux mais : je n'en peux plus.
MAIS DE CE TEMPS : désormais. L.
MAISI PLUS : désormais..
MAISON : la cuisine d'un paysan. C'est en effet la pièce importante, la pièce par excellence de son habitation.
MAIS QUE : lorsque ; après que ; pourvu que. Employé par le roi de Navarre, dans ses Chansons, et par L'Estoille, dans son Journal.
MAIS QUE (POUR) : lorsque. L.
MAITE : maître.
MAITIA ; MAINTIEN : pain composé de blé et d'orge, par moitié ; cidre pressuré avec de l'eau, par moitié. Voyez MITOYEN.
MAITRE-CIDRE : cidre pur.
MAITRE-PIERRE : pomme à couteau, qui se conserve très-long-temps.
MAITRIAL, E : impérieux ; qui agit en maître arrogant. L.
MAL DE L'AN : coliques et convulsions des petits enfants. Voyez CATERRE. A.
MAL (HAUT) : épilepsie ; mal caduc.
MAL (PRENDRE) : mourir. Pris de mal : atteint de maladie. Il lui a pris mal : il est tombé malade. L.
MAL (TOMBER DE) : être attaqué d'épilepsie.
MALAISE (A) : à plus forte raison. H.-N.
MALAISÉE (DANSER LA) : recevoir une volée. Voyez DANSE. L.
MALANDRE : pustule, ulcère ; coup, blessure.
MALANDRIN : malade ayant des malandres.
MALARD : canard, mâle de la cane. L.
MALAUCOEUREUX ; MALAUCURIEUX : dégoûtant; dégoûté. L.
MALE : marne.
MALE ; MALAIS : fumier consommé, et plus particulièrement celui des bêtes à cornes.
MALEMENT : mal, méchamment, avec malice, à tort. M.
MALENDURANT : difficile à vivre. Du verbe endurer. L.
MALENDURER : souffrir impatiemment.
MAL-EN-HIE ou HIS : mal portant, souffrant ; mal en gaîté, de mauvaise humeur.
MALENTENTE (s. f.) : mal-entendu.
MALER : engraisser avec de la marne.
MALER : fatiguer, exténuer. De malum : mal.
MALGRÉ QUE : quoique. Patois Lorrain.
MALIÉRE (s. f.) : fosse dans laquelle on dépose les mâles ou fumiers pour qu'ils s'y consomment. C.
MALIN : petit poisson de rivière. B.
MALINE : maligne.
MALON ; MALUN : escarre, croûte qui se forme sur la peau lorsqu'une plaie se guérit ; cicatrice. De malum.
MALHERBE ; MALLE-HERBE : mauvaise herbe, qui donne le vertige et empêche de retrouver son chemin.
MALHEURÉ : malheureux ; homme à qui il arrive un malheur.
MALHEURETÉ : malheur, accident. On dit aussi malhuré ; malhureté.
MALHUR : malheur.
MAL INCOMMODE : fort incommode. H.-N.
MALONNER : se former en malon.
MALPIÉTÉ : qui a de mauvais pieds ; inhabile aux longues marches.
MAL St.-MEIN : croûtes laiteuses des enfants. L.
MALUSER : mésuser.
MAN : larve du hanneton (Mélolontha).
MAN : mon. Man kien : mon chien.
MANCHÉE : nid de lapins ; leur terrier où sont déposés leurs petits. De manere : demeurer.
MANCHERON ; MANCHON ; MANÇON ; MANQUETIN manche de charrue.
MANDALE (s. f.) : soufflet sur la joue, sur la mâchoire, les mandibules.
MANDRE : moindre. S.-I.
MANDRILLE : espèce de manteau vieux et en mauvais état.
MANET : manoir ; habitation distinguée, inférieure toutefois au château ; gentilhommière. L.
MANETTE : Marie-Anette ; diminutif de Marie-Anne. A.
MANGEARD : dépensier, prodigue qui gaspille. L.
MANGER L'ORDRE : oublier. Patois Lorrain.
MANGÉRIAU, au pluriel MANGÉRIAS : gens du fisc, sangsues du peuple. S.-I.
MANGERIES : vexations fiscales.
MANGE-TOUT (DES) : petites fèves qui se mangent en entier, lorsque le grain commence à se former.
MANGEUX DE FOIN SUR LE BAT : parasite.
MANGNER ; MANGNIER : manger. Mangniez donc! vous ne mangniez pas ; gnia que me qu'mangne : mangez donc ! vous ne mangez pas ; il n'y a que moi qui mange. L.
MANGNIETS. Voyez MAIGNETS.
MANGUER : manger.
MANIERS ou MANIETS. Voyez MAIGNETS.
MANIFACTURE : manufacture.
MANIFIQUE : magnifique. Patois Lorrain.
MANIQUET : selle de femme, couverte d'une peau de mouton. H.-N.
MANJURE : démangeaison. J'ai manjure à la tête. H.-N.
MANJURIAU. Voyez MANGÉRIAU. L.
MANJUSSER ; MANJUCER : manger. B.
MANNETTE : petite manne. L.
MANSAIRE ; MANSÉRE : misérable ; déguenillé ; mal vêtu.
MANSEL : manoir, habitation. Du latin mansio.
MANTAIN : manche de fléau.
MANUYENCE : possession, jouissance.
MAQUAILLE (s. f.) : aliments mal préparés. Du verbe mâcher.
MAQUE-ÉPAIS : goinfre, gourmand. H.-N.
MAQUER ; MAQUIER : mâcher désagréablement. - Manger. S.-I.
MARAILLER : se salir dans l'eau bourbeuse. De la basse latinité mara : mare. A.
MARAS ou MARAT : maraud, mauvais sujet Du grec μιαρός : scélérat, qui a produit marrans, vieille expression qui signifiait juif. En patois Walon, maraïe signifie canaille. L.
MARCACHA : gamin ; petit homme mal bâti. On disait autrefois margajat :


Que nous ririons tretous
De voir un margajat fagotté comme vous,

dit Boursault en partant d'Esope. Parler margajat. Voyez CHARABIAH.
MARCAPIÉ : raisiné. (Manche.)
MARCAU ; MARCOU : matou, gros chat mâle. O. En patois Walon, markou ; en patois Troyen, marcoux.
MARCELOTTE : petite masse au bout d'un bâton. Corruption de maaselotte : petite massue. Voyez RABOTTE. A.
MARCHÊQUE ; MARCHESSE (s. f.) : fête de la Notre-Dame de Mars (l'Annonciation). Marcesche, dans une charte de 1407. On dit proverbialement, en parlant des veillées pour le travail :


La bonne veilleresse
Commence à la septembresse
Et finit à la marchesse.

Voyez SEPTEMBRESSE. L.
MARCHER : parcourir. Marcher une propriété.
MARCIÈRE (s. f.) : dépôt de marc dans une fosse. (Manche.)
MARCOU. Voyez MARCAU.
MARÉCHAL : oiseau de l'ordre des passereaux. B.
MARÉE (s. f.) : flaque d'eau. De mare. L.
MARÉE (s. f.) : denrée. Porter la marée au marché. L.
MARETTE : petite mare.
MARGANE (s. f.) : sèche. Du celtique-breton morgaden.
MARGANNER. Voyez DÉGANNER.
MARGAS, ou MARGASSE (s. f.) : petite flaque d'eau bourbeuse. Du substantif mare et du verbe gâter. Au figuré, embarras. Le substantif margane (excréments humains) du département d'Ille-et-Vilaine pourrait bien avoir la même origine. Dans le patois du Jura, gouillat et gouille signifient boue et le lieu où elle séjourne. De là, margouillis. Voyez ce mot. A.
MARGASSER (SE) : se salir dans un margas. A.
MARGAU : fille de mauvaise vie.
MARGOT (s. f.) : pie. On dit Margot pour une pie, comme Richard pour un geai, Martin pour un âne, etc. La Fontaine dit (Fables, XII, 11)


L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie.

MARGOT (s. f.) : fourche. Du latin marga.
MARGOT-PINTON : femme ivrogne. On dit proverbialement :


Margot Pinton,

Qui aime mieux sa pinte que son demion
.

Voyez DEMION.
MARGOTTE : marcotte.
MARGOTTER : marcotter. C'est le G pour le C, comme ganif pour canif.
MARGOUAIS : fond de carrière, de marnière. Du celtique marga (marne), que le naturaliste Phne (liv. XVII, ch. 4 ) cite comme un excellent engrais.
MARGOUILLER : bredouiller ; manger malproprement ; salir.
MARGOUILLIS. Voyez MARGAS.
MARGOULETTE : mâchoire (terme de mignardise) ; petite bouche. En Roman, gargate. Dans le patois Walon, gargolette : gosier, gorge.
MARGOULINE : bonnet de femme. Voyez GOULINE.
MARGRÉ : malgré. S.-I.
MARGUITE : Marguerite.
MARIANNE: Marie-Anne. Voyez MANETTE.
MARICAUDER : noircir le visage, les habits. H.-N.
MARICHAL ; MARICHA : maréchal. L.
MARIE : mairie. La rue de la Mârie. A.
MARIE-SOUILLON (s. f.) : femme malpropre. On dit aussi Marie-Salope ; Marie-Torchon.
MARIE-SURELLE : femme acariâtre. De surelle, oseille.
MARINGOTE (s. f) : sorte de charrette que l'on commença à employer peu après notre célèbre victoire de Marengo, en 1800.
MARINGOUIN : cousin, sorte d'insecte.
MARIN-ONFROY. Nom d'une espèce de pommes dont l'introduction, d'après Pluquet, est due à Marin-Onfroy, seigneur de Veret et de St.-Laurent-sur-Mer, qui apporta des greffes dans le Bessin, au commencement du XVIIe. siècle. Cette espèce s'est propagée dans le département de la Manche, et on la prise beaucoup aux environs de St.-Lo, où l'on comptait encore, il y a peu d'années, plusieurs familles des noms de Marin et d'Onfroy. La tisane de Marin-Onfroy est le cidre gracieux qu'on obtient de l'espèce de pommes dont on vient de parler. Le fruit est généralement petit, dur ; il mûrit très-tard. Son aspect est loin d'être séduisant comme le goût du cidre qu'il produit. M. Lepingard.
MARION : Marie. C'est de là qu'est venu le mot Marionette, diminutif de Marie. L.
MARJOLET : élégant. De joli. L.
MARJOLLES : caroncules qui pendent sous le bec des coqs et des poules ; et, par métaphore, le double ou le triple menton des personnes très-grasses.
MARMIONNER ; MARMONNER.: murmurer sourdement ; mal prononcer.
MARNÉ. On appelle à Vimoutiers pain marné celui qui n'est pas complètement blanc. De marne, terre de couleur blanc-grisâtre.
MARNET : le grand guillemot, oiseau de mer. B.
MARONNER : grommeler.
MAROTTE : Marie. Le nom de la marotte de la folie vient de ce diminutif. L.
MAROUAU : matou. Voyez MARCOU.
MAROUILLAGE (s. m.) : eau bourbeuse. De mare. A.
MAROUILLER : agiter de l'eau bourbeuse ; se salir dans le marouillage. Voyez VAROUILLER. A.
MARPAS : sale, bas.
MARQUE-A-LA-VIELLE : iris, arc-en-ciel. (Coutances.)
MARRINE : marraine. L.
MARRUBLER : meurtrir fortement. Peut-être de marrube (Marrubium vulgare), plante médicinale que l'on écrase. L.
MARTAFLU. Voyez MASTAFLU.
MARTE ; MATTE : petite boulette de terre cuite, pour jouer, comme avec la canette et les osselets. L.
MARTINET : grimpereau. L.
MASCAPIÉ : raisiné de poires ou de pommes. B.
MASS : masure. De la basse latinité.
MASSACRANTE (HUMEUR) : mauvaise humeur ; humeur très-bourrue. Patois Lorrain.
MASSAIS (s. m.) ; MASSÉE (s. f.) : argile pétrie avec du foin, pour faire les planchers. B.
MASTAFLU, E : gros et mal-bâti. De l'ancien qualificatif maflu. La Fontaine a dit (Fable III , 17), en parlant d'une belette :


Grasse, maflue et rebondie.

MASTAPIN : gros, bouffi.
MASTAS : homme très-replet. De masse. Voyez TARI-BONDIN.    29
MASURÉ, E. Terre masurée : terre pourvue de bâtiments d'exploitation et d'habitation. De masure.
MAT : flèche. S.-I.
MATE (ENFANT DE LA) : escroc, filou. Du nom d'une place de Paris fréquentée par les voleurs, suivant Moisant de Brieux, p. 15 de ses Origines de coutumes anciennes.
MATE : lait caillé. S.-I.
MATE ; MATRE (s. f.) : extrémité de l'os du tarse du mouton, de la brebis. Le jeu de mâtes se compose de ces petits os qu'on jette sur une table. Les mâtes qui sont tombées sur le côté, doivent être redressées par le joueur dans l'intervalle de temps qu'une balle ou tout autre objet, qu'il a lancé en l'air et qu'il doit recevoir, met à retomber dans sa main. M. Lepingard.
MATEREAUX : matériaux. De matière. Patois Lorrain. L.
MATES (s. f. pl.) : lait caillé. En patois Lorrain, maton.
MATHIEU-SALÉ : Mathusalem. Vieux comme Mathieu-salé.
MATIÈRE (s. f.) : pus. Patois Walon.
MATIFAS : mortier de chaux, de sable et de bourre, pour enduire.
MATRASSER : assommer. De matras, sorte de trait qui ne perçait pas, mais meurtrissait cruellement. Du latin mactare. B.
MAUFAIT : mal fait, contrefait.
MAUGONNER : mâcher ; mordre, ronger vilainement. Au figuré, grommeler. A.
MAUGRÉ : malgré.
MAUGREBLEU. Juron. De l'arabe maghrabi. Dans le midi de la France, d'où maugrebleu nous est venu, et qui fut quelque temps au pouvoir des Sarrasins, on dit magrabiou, qui est plus rapproché de son origine. Petit-être maugrebleu vient-il de malgré Dieu.
MAUGRENÉ : maudit. Quelle maugrenée affaire !
MAUMINÉ : blême, qui a mauvaise mine. A.
MAUPAS : mauvais passage, lieu dangereux, soit par la difficulté du passage, soit par le danger des rencontres. Ce nom a été donné à des lieux, à des gués de rivière, etc. , qui n'offrent présentement aucun danger.
MAUPITEUX : souffrant, malheureux. De mal et de pitié. S. -I.
MAUTALENT : ignorance ; mauvais vouloir ; disposition à mal faire. Ce mot est dans Montaigne.
MAUVE (s. f.) : fresaie.
MAUTÉ : méchanceté. L.
MAUTURE (adj. ) : malin, espiègle, vaurien, d'une probité suspecte.
MAUTURE (subst. ) : blessure grave ; plaie considérable, tenant en général au vice du sang.
MAUVAISETÉ : méchanceté. Dans Nicot, mauvaistié.
MAUVE : mouette, oiseau. B.
MAUVI ; MAUVIARD (s. m.) : mauviette. En patois Walon, mâvi signifie un merle.
MAXI ; MAXIS : méchant. B.
MÉ : moi. - MÉ : maintenant.
MÉCANIQUE : souffrant, faible, d'une santé délabrée ; d'une chétive constitution ; - insuffisant.
MÉCHANT : pauvre, digne de pitié. Ce méchant enfant ; cette méchante petite bête. Une paysanne dit : J'ai eu tant à faire, que je n'ai pas eu le temps de peigner ma méchante tête.
MÉCHANT : difficile. Terre méchante : terre difficile à travailler.
MÈCHE : moitié. De mèche : de moitié. Argot.
MÈCHE : moyen, possibilité. Il y a mèche, ou : il n'y a pas mèche : on peut, ou : on ne peut pas.
MÉCHER: pocher. (Vire.)
MÉCREDI: mercredi. Patois Lorrain. L.
MÉDIN : mauvaise couche. O.
MÉGAUGIER (v. a. ) : désappointer. D'égayer ; mégayer : mal égayer.
MÈGUE (s. m.) : serum, petit-lait. De mesga, dans la basse latinité. On appelle aussi mègue l'agglutination qui se forme au fond d'un vase par les dépôts du cidre, du vinaigre, et autres liquides.
MÉJAMBIÉ ; MÉJAMBIER : qui a les jambes en mauvais état, couvertes d'ulcères en suppuration.
MEILLE ; MÊLE : nèfle. On lit, dans Cretin, p. 205 :


Raisins, pruneaux, pommes, poires et mesles.

MEILLER : néflier. En latin, mespilus.
MÉLAN : merlan.
MÈLE : « flocons mucilagineux au fond des bouteilles de cidre », suivant Pluquet. On dit ailleurs : mère. V. MÈGUE.
MÊLE : merle.
MÊLEAU ; MÉLO : paquet de fil, de laine, de soie, mêlé.
MELER (v. n.) : s'altérer. Se décomposer, en parlant des pommes. De malus : pommier, et de malus : mauvais. La pomme meléemelaie signifie un pommier.
MÊLIER ; MESLIER : néflier. En anglais, medlar-tree.
MÉLIEU : milieu.
MÉLIMÉLOT : mercuriale (Mercurialis annua). B.
MÊLI-MÉLOT : objets confus, mêlés, en désordre.
MELLE (s. f.) : anneau d'une chaîne. De maille. L.
MELLETON : prunelle, mauvais petit fruit. De malum.
MÊLURE : petites herbes qu'on mêle à la salade pour l'assaisonner.
MÉMARCHURE : entorse. De marcher mal. L.
MEMBRÉ : membru. Patois lorrain.
MENACHE ; MENACHER : menace, menacer.
MÉNAGÈRE : femme de campagne. De ménage. En patois Walon, menadzira. Voyez CRÉATURE.
MENDRE : moindre.
MÉNESTRIEUX : ménétrier. S.-I.
MÉNOM : sobriquet ; surnom. De : mauvais, et de nom.
MÉNOMMER (SE) : prendre un nom qui n'appartient pas.
MENOUX : menin, conducteur, cicerone.
MENT : comme, comment. Ment hla : comment cela ? ment tout : comme tout. De comment, par aphérèse. Voyez C'MENT. L. - A Pont-l'Évêque, mentêche pour comment est-ce ?
MENUISE (s. f.) : petit plomb pour tuer les oiseaux. De minutus.
MÊNUIT : minuit. L.
MÉQUIÉ : moitié. L.
MÉQUIER : métier.
MERC ; MERQUE (s. m.) : marque sur la peau ; lentille ou petite verrue ; borne en pierre qui marque les limites dans les champs. B.
MÈRE : dépôt glaireux dans le vieux cidre ; substance que l'on croit propre à faire naître le vinai[g]re (à en devenir la mère).
MERELLE : cidre dans lequel on a mis beaucoup d'eau. B.
MÉRIAISE : merise.
MÉRIENNE : méridienne. Par syncope. Sieste, sommeil de midi. Faire mérienne : faire la sieste.
MERLUS (s. m.) : sorte de petite morue sèche ; merluche.
MERNUCHON. Plante ; la stella media des oiseaux.
MEROLLE : brebis. O.
MÉROTTE : petite-mère. L.
MERQUE : marque. MERQUIER : marquer, tracer, etc.
MESANGLE ; MESETTE : mésange.
MÉSAISE : gêne, au propre et au figuré.
MÉSAISÉ : qui est dans le mésaise. Ne se dit qu'au figuré mésaisé dans son commerce.
MESHUI : aujourd'hui, tantôt, désormais, dorénavant. Dans le Testament de Pathelin, p. 131 :
est celle dont la chair trop mûre a pris à sa surface une teinte brun-clair et une consistance molle. En patois Walon,


Ne viendra meshuy Guillemette ?

MESEAU ; MEZEL : lépreux.
MESCHIEF : malheur.
MESCHEOIR : échouer , ne pas réussir.
MESCHEU (part. passé de mescheoir ). Il en est mescheu : il en est arrivé malheur.
MESÉ : atteint d'une lèpre appelée méselerie. Métaphoriquement, insensible.
MESHAGNÉ ; MESHAIGNÉ ( l'S ne se prononce pas) : estropié, mutilé.
MESHAING : mutilation, malheur, accident, mécompte.
MESIGUE : mésange.
MESIRAGNE ; MESIRAIGNE : musaraigne.
MESURE : merise.
MESIRETTE : petite musaraigne.
MESIRIER : merisier.
MESM'ORAINS : même naguère. H.-N.
MESNIE : maison, maisonnée, famille.
MESNIL : maison dans la campagne et champ y attenant.
MESSINE ; MÉCINE : espèce de coussin en foin ou en paille, dont les paysans garnissent la partie supérieure de l'entrée des sabots, pour qu'ils ne blessent pas le coude-pied.
MESSIONAL : qui a lieu pendant les vacations, fixées anciennement au temps de la moisson. De messis.
MESURE : convenance, sagesse. C'est la mesure : c'est ce qui convient. Dans le XIIIe siècle, mesure signifiait sagesse, bonté. C'est le quid deceat, quid non, d'Horace ; et l'emploi qui en est fait dans les Chansons du roi de Navarre et le Glossaire de La Ravallière. En Roman on disait amesuré, pour sage ; en Provençal, amesurat. L.
MESURETTE (s. f.) : huitième partie de l'aune. L.
MET (s. f.) : huche, pétrin, maie. On trouve met dans les vieux fabliaux. Du verbe mettre. Met était encore en usage dans le XVIe siècle. En effet, Du Bartas dit, dans le second jour de sa Semaine, v. 1129 :


L'un sur un ais flottant hasardeux se commet ;
L'autre vogue en un coure, et l'autre en une met.

Mée, en patois Lorrain ; mai, en patois Walon. Dans le patois de Grenoble, mata signifie pétrir, faire du pain.
MÉTANT : moitié du boisseau ; environ 20 litres.
MÉTIER : à propos. urgent, important, nécessaire. Il était métier d'agir : il était important d'agir ; il n'y avait pas de temps à perdre. Il en avait métier : il en avait besoin. C'est un idiotisme normand.
MÉTIR (SE ) : s'amollir en séchant ; se flétrir comme les plantes coupées, les fruits moissonnés, etc.
MÉTIÉ : moitié. L.
MÉTOYEN : mitoyen. Cidre trempé de moitié d'eau pendant le pressurage. L.
METTEUX DE POULES A COUVER : qui s'amuse à des riens. Voyez COLIN-FEMMETTE. L.
MEU, E ; mûr, mûre.
MEULER : beugler, mugir. L.
MEULON : tas de bois, de fagots, de bourrées, etc.
MEURDRE : meurtre. MEURDRI : contusionné.
MEURDRIR : meurtrir. En patois Walon, moudri : L.
MEURISON ; MEURISSON : maturité qui s'effectue.
MEURON : maturité avancée. Des fruits perdus de meuron sont des fruits passés.
MEU ; MEUR, E : mûr, e.
MEUX. Même signification.
MEUSA. Voyez MURAS.
MIAILLON (s. m.) : enfant. De mion qui, en Roman, signifie plus petit. Du grec μείων.
MIANDER ; MIANER : miauler. Onomotapée tirée du cri du chat. A. L.
MIANDOUX : hypocrite.
MIAU : morceau.
MIAULÉE : mélange de pain et de lait, ou de cidre, ou de vin, etc.
MIAULÉE : petit morceau, petite partie d'un miau.
MICAMAU (s. f.) : mélange de café et d'eau-de-vie.
MICHEL-FILLETTE. Voyez COLIN-FEMELLE.
MICHER : pleurer. De pleurmicher pour pleurnicher.
MICHETTE : sein de jeune femme. De miche, pain. L.
MICHOTTER : chiffonner les michettes. L.
MICHOTTIER : celui qui michotte. L.
MIE : point.
MIÉE ; ÉMIÉE. Même sens que MIAULÉE.
MIELLÉ : terre sablonneuse sur le bord de la mer. Cherbourg.
MIÈRE : médecin. C'est une manière de prononcer le mot roman mire, médecin.
MIET (s. m. ) : petite quantité ; miette. De Mica.
MIETTE (UNE) : un peu.
MIETTE : pas, point. Particule négative. Je ne suis miette content : je ne suis pas content, nullement content.
MIGAUT ; MIGOT; MIGEOT . fruiterie ; réserve de fruits pour l'Hiver. On trouve migôt dans le Formulaire des Élus du président de La Barre. Voyez MURAS.
MIGEOTER : faire bouillir doucement, à petit feu. S.-I. A Bayeux, migeoter signifie dorloter.
MIGNARD , E : plaintif avec mignardise. L.
MIGOTER : mûrir dans le fruitier.
MILGRET (s. m.) : Calamagrostis airenaria. B.
MILGREUX : sorte de jonc qui croit dans les sables. Dans Du Cange, Melogarium. De Crescentiis , ch. 26. Voyez MILGRET.
MILICE (ÊTRE) : être la dupe. M. l'abbé Decorde.
MILLAUD : mendiant. A.
MILLAUDER : mendier. A.
MILLAURAINE ou MILLARAINE (s. f.) : sorte de loup-garou. (Valognes. )
MILLE-SOUDIER : homme dont la richesse est inépuisable. De mille et de sou.
MIMI : chat. Voyez MIANDER. Mira signifie une chatte dans le patois de Grenoble.
MIN : mon.
MINABLE : qui a la mine hideuse, l'aspect sinistre. Patois Lorrain.
MINCE (s. f.) : mèche de fouet. O.
MINCÉE : choses coupées mince. Une mincée de choux chou : choux coupés en petits morceaux et mêlés avec du son et du lait caillé pour l'engraissement des porcs.
MINCER : réduire ou briser en petits morceaux (minces). A.
MINDRAILLE : menue monnaie ; chose de peu de valeur.
MINDRE : moindre. S.-I.
MINDRER : amoindrir, mincer, couper en petits morceaux.
MINDRÉE : masse d'objets mincés, rompus, écrasés menu.
MINE (GRANDE-) : mesure de 8 boisseaux. La petite mine est de 6. H.-N.
MINEAU ; MINON ; MINOT : minet, chat.
MINEAUX ; MINOTS : fourrures. De minet. 
MINET, TE : joli petit garçon, jolie petite fille. Métaphore de minet : petit chat.
MINETTE : Lotus corniculatus. B.
MINGRELET ; MINGRELIN (corruption de maigrelet) : aigre et chêtif. Mingrâlin, dans le patois Troyen.
MINGROLLE (s. f.) : moustache de chat. De minet et de grouin, pour museau.
MINIEUT ; MIGNIEUT ; MESGNIEUT : minuit.
MINON : chat.
MINS, E : mis , mise. S.-I.
MINUTE : patience ! attendez un peu !
MIOCHE (s. m.) : petit enfant qui ne mange encore que de la mie. L.
MIOCHÉE ; MIOLÉE ; MIOTÉE : pain émié dans du cidre, du poiré ou du lait.
MIONNER : manger avidement.
MIOT : gros morceau de mie; oiseau dernier éclos. Du vieux mot mion : plus petit. Voyez ÉCLOCU.
MIOTS : miettes.
MIQUER : ajuster. B.
MIRE : vue, regard, exposition. Mettre en mire : exposer aux regards, à la vue, à l'attention.
MIRABOULIA FECI (IL A L'AIR DE) : hableur. Sans doute de mirabilia feci : j'ai fait des merveilles.
MINETTE (s. f.) : germe de l'oeuf. - Petit miroir.
MIREUX ; MIROUX : miroir.
MIRLIFICHÉ : enjolivé minutieusement. Misti frisé, dans le patois Walon.
MIROTER : ajuster avec un soin minutieux.
MIROTER (SE) : se mirer long-temps et avec coquetterie.
MIROUX : merveilleux. De miras. B. Voy. MIREUX.
MISÉRABLE (s. m.) : le quart d'un petit-pot d'eau-de-vie, la trente-deuxième partie d'un litre. L.
MISÉRER : macérer, rendre misérable ; le devenir par excès de travail ou de privations. Misérer son corps.
MISERETTE : musaraigne. En patois Walon, misuette signifie un souriceau. B.
MISTANFLUTE. Terme d'amitié trivial et un peu dédaigneux.
MISTANFLUTE (A LA) : de travers. Patois Troyen.
MISTAU : jeune garçon de belle venue. O.
MITAINES A QUATRE POUCES : objet qui sert à plusieurs emplois. L.
MITAN : milieu , moitié. De medietanus.
MITER (v. a.) : user, gâter. O.
MITEUX : chassieux. Voyez BOGUÉYEUX.
MITON : chat ; MITON : morceau de mie.
MITONNÉE (s. f.) : panade.
MITOURIES (s. h pl.) : cérémonies, façons. Que de mitouries ! c'est-à-dire, que de cérémonies ! que de façons ! que d'embarras ! Les Dieppois appelaient Mitouries (des mots mi août) une procession solennelle fondée, en commémoration de la victoire signalée remportée par eux, le 14 août 1443, sur les Anglais, après 23 ans passés sous leur domination. Comme ce jour était la veille de la fête de l'Assomption , quelques personnes ont cru que les Mitouries étaient uniquement en l'honneur de la Vierge. L.
MITOYEN : cidre pressuré avec de l'eau par moitié. L.
MITTON : petit morceau. De miette.
M'N : mon. M'n ami : mon ami ; m'n éfant : mon enfant. Devant les voyelles, au lieu de m'n, on dit man. Voyez MAN. On dit aussi m'n pour m'en. Je m'n allais: je m'en allais.
MOCHE (s. f.) : petit pain. On dit aussi une moche de beurre. De motte.
MOCHE : paquet de vers pour pécher l'anguille; agglomération de.
MOCHI-MORA : pas trop, suffisamment.
MOCHON : grumeau, morceau de pain. Dans le département de la Mayenne, on appelle mottons les grumeaux qui se forment dans la pâte ou dans la bouillie.
MODEUSE (s. f.) : modiste, marchande de modes. A.
MOGNON : moignon.
MOIGNEAU : moineau.
MOINDREMENT (LE) : le moins, très-peu, la moindre quantité.
MOINE : poisson de mer. B.
MOI-S'EN : m'en. Donnez-moi-s'en : donnez-m'en. L.
MOISILLON : paysanne qui singe la demoiselle de ville pour sa toilette.
MOISON : maison. L.
MOISSE : ce qu'on trait d'une fois.
MOISSERON : pinçon. O.
MOISSON (s. m.) : moineau. Voyez PASSE. L.
MOISSON D'ARBANIE : moineau friquet. B.
MOLLACHE : mollasse, mou. De mollis.
MOLLAIN (s. m.) ; MOLLIÈRE (s. f.): terrain marécageux et mou, où l'on peut s'embourber. Voyez EMMOLER. L.
MOLLE : botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les cercles sont plus grands. M. Decorde.
MOLLET. Voyez DIABLE. B.
MOLLETTE : couverture de molleton pour lit.
MOLLETTEMENT : très-mollement. L.
MOMON : farceur qu'un introduit le jour des noces dans l'assemblée pour amuser la société. Voyez BIDOCIIE. A Dijon, les momons
MONCHAIS ; MONCHEE ; MOUCHÉE : monceau.
MON : moi. Donnez-mon ; écoutez-mon : donnez-moi ; écoutez-moi. Dans les Nouvelles de Des Périers XVII et XLVIII, on lit : « Regardez-mon », pour regardez-moi. A.
MONCORNE : mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au printemps. H.-N.
MON DIEU (ÊTRE HORS DES) : n'être ni beau ni laid.
MONÉE ou MONNÉE (s. f. ) : quantité de grain livrée au monier (meunier) pour être convertie en farine. M. Dureau de La Malle s'est trompé en écrivant monnaie et en partant de là pour expliquer savamment ce mot qu'il n'a pas entendu.
MONER : hésiter, être irrésolu. Du grec μόυος : seul.
MONGNAN : chaudronnier ambulant. Voyez MAGNAN.
MONGNE : soufflet, taloche, coup.
MONGNER : donner des mongnes.
MONIER : meunier ; - cheverne, poisson de rivière qui se plaît dans le voisinage du moulin.
MONT : tas, monceau.
MONTAIN : verdier, oiseau. B.
MONTARDE : moutarde.
MONTEUX ( PIED) : pied gauche du cheval, du côté qu'on monte.
MONTON : mouton.
MONTOUS : montez-vous ? Contraction.
MONTOUX : escabot pour monter, chemin en pente.
MONSIEUR : cochon. Antiphrase qui se trouve dans le patois du Vendomois et du Berry, où cet animal est appelé un noble. Dans l'arrondissement de Cherbourg, on dit un monsieur de Tréauville, et dans presque toute la province, un vêtu de saie. C'est sans doute une allusion satirique, faite par la classe des travailleurs à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des villes. MM. Duméril.
MOQUE (s. f.) : bol, vase de terre plus grand que la tasse.
MOQUE : mouche. Mohe, en patois Walon.
MOQUÉE ; MOQUIE : le contenu d'une moque.
MOQUET : lumignon, petite lampe ; partie calcinée de la mèche. M.
MOQUETONNER : donner un baiser à la manière des vieillards, en ayant l'air de mâcher. Ce verbe a la même origine que le verbe moquer. A proprement parler, moquetonner, c'est donner un baiser ridicule, qui excite à la moquerie.
MOQUETTE : tromperie par plaisanterie. De moquer.
MOQUOUS : moquez-vous. Contraction.
MOQUOUX : moqueur.
MORCÉ : morceau.
MORCUI ( mort-cuir) : peau calleuse et morte, soit aux mains, soit aux pieds. L.
MORDIENNE (A LA GROSSE) : grossièrement ; à la hâte; sans soin ; vaille que vaille.
MORDURE : morsure.
MOREL : noir. Cheval morel : cheval dont la robe est noire.
MORELLE : le jeu de la merelle. A.
MORET ; MOURET : airelle ou myrtille (Vaccinium myrtillus), ainsi que la mûre de la ronce, qui en effet est noire ou moresque. On appelle aussi moret cette partie de la paille brûlée qui est noire et légère, et qui est, en quelque sorte, le charbon de la paille.
MORFILER (v. n.) : décliner, décheoir. Corruption de mal filer, ou, comme on dit vulgairement, filer un mauvais coton.
MORFLON (s. m.) : la Centaurea nigra.
MORFONTURE (s. f.) : maladie occasionnée par refroidissement, que les paysans de l'Orne désignent aussi par le nom d'enfontume.
MORGUE ; mine. Bonne morgue : bonne mine. S.-I.
MORHENNÉ : fort triste ; fort abattu.
MORIAUCHEMIN : marrube blanc. B.
MORIGINER : morigéner.
MORINE (s. f.) : ruche abandonnée de ses abeilles. B.
MORINE ; MOUAURINE (s. f.) : mouches à miel qui sont mortes dans les ruches lorsqu'on en a extrait le miel.
MORMULER : murmurer, grommeler.
MORNIFLE ; MORNINFLE : soufflet sur le nez. Dans le patois Troyen, morniau signifie museau.
MOROSIF : morose, sournois.
MORS DE PAIN : morceau de pain. Du verbe mordre. Patois Lorrain.
MORT (A) : beaucoup, à l'excès. Charger à mort. Il y avait du monde à mort.
MORTIR : se faner, en parlant d'une plante ou fleur.
MORVAILLON : petit morveux, enfant.
MORVELIÉ : petit morveux. S.-I.
MORVETTE : petite morveuse, enfant.
MORZIEU : mordieu ! Juron.
MOTTIER.: grossier, matériel comme une motte. (Vire.)
MOTTIN : pain.
MOU : poumons d'un animal.
MOUAURETER ; MOUAUTRER : montrer.
MOUCEAU : monceau.
MOUCHE (s. f.) : guimbarde ; à cause du son de cet instrument, lequel ressemble au bourdonnement des mouches. On l'appelle aussi môque, nom patois de la mouche.
MOUCHE D'EAU (Geris paludosa). B.
MOUCHE DE MARS (Crysops quadratus). B.
MOUCHÉE (s. m.) : monceau.
MOUCHET : monceau.
MOUCHE TANTALIQUE : Cantharide (Cetonia aurata, et non pas la Cantharis vesicatoria). L.
MOUCHETÉE : plein un mouchoir.
MOUCHETTE (s. f.) : petit mouchoir d'enfant, que l'on pend ordinairement à son côté.
MOUCHEUX (s. m.) : mouchoir, fichu.
MOUCHEUX DE CO : mouchoir de cou, cravate.
MOUCHIAU : monceau. S.-I.
MOUCHIER : moucher.
MOUÉRAUQUE : chrysanthème des champs.
MOUETTE (s. f.) : échardonnoir. L.
MOUFINER : remuer les babines, en parlant des lapins.
MOUFFLE (s. m.) (arrondissement de Valognes) : gros gant fourré sans autre doigt que le pouce, dont on se sert pour couper les broussailles. MM. Duméril.
MOUFLE : visage gros et rebondi.
MOUFLER : faire la moue. De mufle.
MOUFLU se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. M. l'abbé Decorde.
MOUGEAILLE : mangeaille.
MOUGIER : manger. Moujussez donc : mangez donc. En patois Walon, moudzi.
MOUILLASSE : mouillure désagréable. C'est une augmentatif de mépris, de même nature que ceux des Italiens : casaccia : mauvaise maison ; salaccia : vilaine salle, venant de casa et de sala. A.
MOUILLASSER : mouiller mal à propos. A.
MOUILLE (s. f.) : bouillon. N'avoir ni soupe ni mouille.
MOUILLES : moules.
MOUISSON ; MOISSON : moineau.
MOUJUER : manger. Voyez MANJUSCER.
MOULANT : garçon meunier.
MOULÉ : imprimé en lettres mouleés, en caractères d'imprimerie.
MOULÉE : sciure de bois.
MOULÉE (s. f.) : quantité de grain, ordinairement la charge d'un cheval , ou deux hectolitres, livrée au moulin pour être convertie en farine. C'est aussi la quantité de farine et de son qu'on en rapporte. 
MOULÉE (s. f.) : excréments de petit enfant qui ont pris de la consistance.
MOULETIER : marchand de moules.
MOULETTE : moule, coquillage. Porter à moulette : porter sur le dos un enfant (qui s'y tient à califourchon) comme on porterait une hotte de moules.
MOULINAIRE : fabricant de moulins.
MOULINER : être toujours en mouvement, comme les ailes d'un moulin.
MOULT : beaucoup.
MOUNIER : meunier.
MOUQUE ou MOQUE : mouche, guimbarde.
MOUQUE ou MOQUE A MIÉ : abeille.
MOUQUER : moucher. S.-I.
MOUQUERON : moucheron.
MOUQUET : petit bout de chandelle ou de bougie, qui ne vaut pas la peine d'être mouché. Peut-être de l'italien moccolo, bougie.
MOURBÊCHE (s. f.) : ronce (Rubus fruticosus). A.
MOURE (s. f.) : mûre de la ronce.
MOURET : fruit de l'airelle myrtille, petit arbuste qui croit dans les bois. On donne aussi ce nom au fruit de la ronce. Vient peut-être du latin barbare mourellus, noirâtre. En effet, ces deux espèces de fruits sont noirs, et noircissent les lèvres et les dents quand on les mange. Feu Ragonde. MOURILLE : morille.
MOULINER : brûler si lentement que le feu semble toujours près de s'éteindre.
MOURMAUD : morose, sournois.
MOURME : morose, indolent, insensible.
MOURON (s. m.) : salamandre dont le ventre est tacheté de jaune et de noir.
MOURONNÉ : tacheté de diverses couleurs, comme l'est le ventre du mouron ou sourd. L.
MOURONNET (s. m.) : mouron (Anagallis).
MOURUE : morue.
MOUSE : gueule, langue. S.-I.
MOUSETTE : petite fille mal élevée, impertinente.
MOUSSIEU : monsieur.
MOUSSINER : s'agiter de désir ou de convoitise.
MOUSTILLE (s. f.) : excrément. De l'ancien Argot mousse.
MOUTE (CHASSE-) : garçon de moulin, qui va chez les pratiques chercher le grain à moudre.
MOUTE. Voyez MOULÉE.
MOUTE ; MOUTE-MOUTE : chatte douce comme un mouton. Au figuré, petite moute : Jolie petite fille bien douce.
MOUTON : grosse pièce de bois mobile d'un pressoir. La poutre correspondante, qui est immobile sur le sol et sur laquelle on élève ou l'on abaisse le mouton, s'appelle brebis.
MOUTURE : orge ou avoine, moulus grossièrement pour les animaux à l'étable.
MOUVER (actif et neutre) : mouvoir, agiter, remuer. Mouvous de là : ôtez-vous de cet endroit. De movere.
MOUVETTE (OEUFS A LA) : oeufs brouillés. Voyez GRIMELOTTÉE. L.
MOUVETTE : petite fille qui est toujours en mouvement.
MOUVETTE : cuiller de bois pour la cuisine.
MOYENNER : faire en sorte. Employé en ce sens dans la Danse aux aveugles. - Être en mesure de procurer un résultat.
MOYEU : noyau de noix, de cerises, etc. S.-I.
M'S : mes. M's éfants : mes enfants.
MUCER : murmurer.
MUCHE (s. f.) : cachette. L.
MUCHE-POT (A) : en cachette, en parlant du cidre et des autres liqueurs que l'on débite en fraude. L.
MUCHER ; MUCHIER : cacher. Du vieux verbe mucer ou musser. Joinville dit que « Louis IX se mussait de sa mère. »
MUCHETTE : cachette. Voyez GUILLEMUCHE.
MUCRE : moite ; un peu humide ; exposé à moisir ; moisi. Muck, en anglais. L.
MUCREUR (s. f.) : légère humidité. L.
MUCRIER : avare qui laisse tout mucrir, moisir, plutôt que d'y toucher.
MUCRIR : devenir mucre ; prendre odeur ou goût de mucre.
MUE : cage où l'on engraisse la volaille.
MUE : mieux.
MUGAS : vaurien, mauvais gas. B.
MULARD : boudeur, entêté, qui mule.
MULER : bouder ; garder rancune.
MULETTE : estomac des oiseaux ; gésier. Estomac du veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. Voyez MAGUE.
MULON (s. m.) : meule de foin qui vient d'être fané.
MURAS (s. m.) : fruiterie ; fruits conservés pour l'hiver ; fruits placés pour qu'ils mûrissent. Peut-être du vieux mot mure : fourrure ; parce que souvent ils sont placés dans un lieu fourré de paille, qui les préserve de la gelée. Voyez MIGEOT.
MUREUR : maturité. Ce fruit est passé de mureur : ce fruit est trop mûr. L.
MURISON : maturité. S.-I.
MUSE (s. f.) : prison. De musser. S.-I.
MUSEL ; MUSET : museau, figure. S.-I.
MUSEMAN : retard, délai. S.-I.
MUSIQUER : faire de la musique, jouer d'un instrument.
MUSIQUOUX : musicien.
MUSOTER : muser ; perdre son temps à des riens.
MUSSE : argent ; loge pour les oies ; chenil. Malgré ces significations différentes, c'est probablement un seul. mot qui vient de mucher, et signifie ce que l'on cache et l'endroit où l'on cache. MM. Duméril.
MUSSOTIER ; MUCHOTIER : qui aime excessivement à muser, à cacher. Voyez CACHOTTIER.
MUYEU ; meilleur.
MYRTRE : myrthe (Myrthus communis).
sont des farceurs masqués durant le carnaval. A.

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On est les champions du gaspillage et on entend le rester

source:l'insolent de Jean-Gilles Malliarakis

090703Le 23 juin, sur la radio d'État, M. Dominique Seux (1) analysait avec beaucoup de doigté, les propos du président de la république, tenus la veille devant le Congrès. Il remarquait d'abord ce qu'il appelle la "belle plume d'Henri Guaino", comme s'il se fût agi d'un Chateaubriand acceptant enfin de prêter son talent au pouvoir. Gravement imméritée, cette flatterie dissimulait un coup de Jarnac : il fut brillamment assené.

Tout d'abord le rédacteur en chef des Échos faisait remarquer que le modèle français dont on se gargarise mérite examen. Or, il ne vaut guère le détour. Sorti de Paris, des grandes villes, et de leurs banlieues si attirantes, personne ne semble vraiment admiratif.

Il est vrai qu'on lit les choses les plus étonnantes pour qualifier cette réglementation économique et sociale tatillonne qui taxe si impitoyablement le travail français, étouffant la libre entreprise. Tel hebdomadaire, classé à droite, fait dire à Mme Marie-Anne Montchamp, député UMP et rapporteur du budget de la sécurité sociale à l'Assemblée nationale, à propos du déficit de ce système : "il faut sortir du cadre ultra-libéral qui prévaut" selon elle, ou plutôt selon son interlocuteur (2).

Ce que M. Seux souligne avec pertinence va exactement à l'inverse de cette analyse et au rebours de la partie économique du propos présidentiel du 22 juin. Il remarque que notre modèle hexagonal génère, depuis des années, un taux d'emploi très faible et des finances publiques particulièrement dégradées.

Or, en relisant le propos de référence on se demande en fait si ces deux conséquences, loin de constituer de simples dommages collatéraux, ne correspondent pas tout simplement aux buts recherchés.

Le désir d'inactivité des Français pourrait dès lors s'expliquer par goût de l'oisiveté. Tout simplement. Finis les sales boulots : on les laisse aux immigrés. Et "place aux jeunes", les vieux ont mieux à faire que de continuer à trimer. On verra bien les conséquences plus tard. Et d'ailleurs les générations montantes commencent à les entrevoir effectivement.

Mais nos responsables politiques ont reçu 5 sur 5 un autre message. À vrai dire il courrait depuis plusieurs années : on recherchera aussi désormais le gaspillage pour le gaspillage, et le déficit pour le déficit. Ce "bon", que dis-je ce "bon", cet excellent déficit qui "finance" l'avenir. Un progrès considérable de l'esprit humain n'a-t-il pas aboli en 1867 la prison pour dettes ? Encore une grande conquête bonapartiste.

Lorsque le plan Juppé, claironné en 1995, annonça la mise en place de l'aberrante CADES, supposée financer la dette sociale, je me risquai dans Le Légitime, organe du CDCA à une ironique hypothèse, vaguement orwellienne. J'imaginai sans trop y croire, l'apparition d'un concept fou de "dette ferroviaire".

Eh bien peu de temps après, et juste avant de se voir balayer par les électeurs en 1997, ce gouvernement mit effectivement en place le dispositif qui me semblait incroyable. Il profita de la séparation des infrastructures, attribuées à RFF créé pour la circonstance, et de la gestion maintenue à la SNCF, société "nationale" inventée en 1937 par le gouvernement Chautemps.

Et pour permettre à la technostructure du monopole historique, actuellement pilotée par M. Pépy, de continuer à jouer aux trains électriques, tout en dégradant son propre service, et à commander des belles locomotives à Alsthom, on imagina de faire peser le handicap des déficits cumulés de l'exploitation, constituant la "dette ferroviaire", à l'entreprise chargée de développer les lignes et de financer leur entretien.

Mais qu'importe n'est-ce pas ? Quand on aime, on ne compte pas. Et comme tout Français normalement constitué adore le chemin de fer, le contribuable a le devoir d'en couvrir les erreurs de gestion.

Et puis la crise permet toutes les folies interventionnistes. On a ainsi choisi d'aménager le prolongement du TGV Paris-Marseille jusqu'à Nice en passant par Toulon. Il est probable que cette ligne coûtera entre 15 et 20 milliards d'euros. Du pur délire, mais le tracé choisi, à défaut de rentabilité, correspond aux aspirations écologiques, au Grenelle de l'environnement, etc. On fera réaliser Paris-Nice en train en 3 h 50. Comme toutes les liaisons ferroviaires de plus de 3 heures, elle coûtera plus cher que l'avion, et durera plus longtemps pour un trajet moyen porte à porte. Aucun intérêt véritable.

Le contribuable payera la différence. Comme d'habitude. Modèle français oblige. On ne va tout de même pas laisser le festival de Cannes orphelin du TGV.

Vous dites que l'Europe pourrait bien ne pas trouver normal, à la fin de la crise qu'un pays fondateur crève ses plafonds d'endettement, de déficit, etc. Qu'importe l'Europe, à 7 % de Produit intérieur brut de déficit, 40% du budget de l'État, "on est les champions", et "on" entend bien le rester.

Apostilles

  1. Dans sa Chronique économique sur France Inter à 7h22.

  2. Cet entretien franchement consternant à été publié par Minute le 1er juillet 2009. À dire vrai la citation qui sert de titre à l'article, tout en nous laissant rêveur, "ennoblit" plutôt le discours. Les propos de cette élue du Val-de-Marne relèvent d'un handicap mental tel qu'on en rencontre rarement dans le plus affligeant des cafés du Commerce. Nous n'osons pas les reproduire ici par respect de nos lecteurs.

 

JG Malliarakis

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Prisonnière des mollahs

zarah.JPG

source

C'est le témoignage d'une étudiante iranienne enlevée par la milice des mollahs et emprisonnée. Durant sa détention elle est interrogé et torturée, ce livre nous en rapporte les faits sans ménagement. Son témoignage nous en apprend sur sa détention mais aussi sur elle et son parcours personnel.

 

Cette jeune femme Zarah Ghahramani est de notre monde, pourtant dans ce livre elle ne s'y trouve pas. Elle est dans un cauchemar islamo-nazi qui existe en Iran depuis 1979. Ils sont nombreux dans ce pays à être de notre monde, à vouloir vivre libre, aimer, penser librement. Ils sont aussi nombreux à en payer le prix. Le prix c'est la torture, une justice qui est pire que parodique, les punitions d'un monde totalitaire qui veut être présent jusque dans l'esprit des gens.

 

Il faut être un malade mental pour soutenir le régime iranien après lecture de ce livre, et pour garder une cohérence il faudrait alors regretter l'URSS et avoir la nostalgie des camps de concentrations. En somme pour légitimer un régime pareils, il faut pratiquer intensément cette passion idéologique totalitaire rouge-brune-verte, ou encore cette inversion logique qui consiste à expliquer que le 11 septembre est l'oeuvre de la CIA, les chambres à gaz un mensonge, Israel un état nazi. Des raisonnements qui sont pour moi une véritable maladie mentale. Ceci étant c'est le problème des intéressés souvent très heureux d'être malades, ce n'est pas le mien et ils ne m'intéressent pas, qu'ils s'inventent leur monde dans leur coin.

Ce qui m'intéresse d'avantage c'est le calvaire du peuple iranien, ce livre permet de mieux comprendre ce qui s'y passe notamment dans les prisons. Cette lecture force à ne plus employer les mots « dictature », « pensée unique » ou encore « torture » à la légère.

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3 juillet 1984, le Général Salan rejoignait les oies sauvages


 

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