mercredi, 24 juin 2009

Halde à l’imposture ! Par Emile Beaufort

source: Les Manants du Roi

Tout d’abord, un témoignage.

M.Z, de nationalité française, né en France de parents français, eux-mêmes issus de Français depuis au moins Henri IV, se plaint depuis de nombreuses années d’être victime de discrimination au sein de l’administration où il travaille. Autodidacte, en possession de son seul certificat d’études primaires, il obtient un diplôme de troisième cycle universitaire (anciennement DESS), la validation des acquis de l’expérience tenant lieu des diplômes antérieurs, qu’il n’eût pas à passer. Mais ce M. Z a vraiment beaucoup de difficultés à faire reconnaître ses compétences reconnues pourtant par un diplôme d’Etat. Et lorsqu’il se résigne à s’inscrire à un concours interne  en vue d’accéder à un grade plus important, on lui oppose que c’est impossible, motif pris de ce qu’il ne possède pas « un diplôme sanctionnant trois années d’études dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat ». M. Z ne comprend pas, excipe avec force qu’il est titulaire d’un diplôme bac+5, tente de défendre sa cause auprès des Ubu qui daignent bien l’entendre, mais en vain. Tout ce beau monde fait « Kafka » dans sa culotte et abandonne ce pauvre Z à son triste sort…

Alors, M. Z, confiant dans « l’ajustice » de son pays, se tourne béatement devant ce tout nouvel organisme, qu’est la HALDE, soit la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances. Auprès de cette sacro-sainte institution, censée rétablir sa dignité et son honneur bafoués, M. Z argue, ingénu, qu’on lui refuse depuis fort longtemps l’accès à ce concours interne, ce malgré son beau diplôme, à raison de ses opinions et activités politiques. Bien plus, M. Z démontre, dossier médical à l’appui, que l’acharnement de son employeur à vouloir le cantonner, nolens volens, au bas de l’échelle a eu de sérieuses répercussions sur sa santé.

Reste qu’après quelques années d’instruction/enterrement/négligence du dossier, et sous les appels réitérés de M. Z de ne pas l’oublier, la HALDE, du haut du tabouret de son juriste en chef, finit par juger qu’« il résulte de l’instruction que le refus d’inscription au concours (…) qui [lui] a été opposé, n’était pas exclusivement lié à [sa] supposée absence de diplôme sanctionnant quatre (sic) années d’études dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat, mais était fondé également sur le fait qu’[il] ne remplissait pas les autres conditions nécessaires à une telle inscription, notamment celle d’occuper un poste [de responsable] ».

M. Z est littéralement désespéré. Cette décision d’une Autorité dont il espérait tant, l’anéantit. Il s’en remet à un avocat de ses amis, Me Voltaire et lui montre le règlement du concours interne dans lequel est écrit, au chapitre « conditions d’admission » que : « peuvent postuler les agents qui, soit occupent un emploi de responsable, soit sont titulaires du cours de cadres, soit possèdent un diplôme sanctionnant trois années d’études dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat ». Très doctement, Me Voltaire, au prix d’une subtile interprétation juridique, affirme que « les conditions du concours, sont bien alternatives et non cumulatives ». Mais il ne peut rien faire car il n’existe pas de voies de recours contre les oukases Haldiens Las ! M. Z, ayant, entre temps, croisé un de ses mauvais crabes qui n’ont pas de pinces d’or, succomba aux morsures de cette bien vilaine bête…

Rideau…
A quoi sert donc cette HALDE si peu altière ?

La HALDE pourfend les « discriminations ».

Sur le site d’icelle, on peut lire que « discriminer, c’est interdire ou limiter l’accès d’une personne à un emploi, un logement, à des biens et des services ou à une formation en raison de critères interdits par la Loi ». Autant dire que la « Loi » (avec un grand L) est, en ce domaine, d’interprétation variable, ce qui laisse à cette prédatrice anti-discrimination une marge de manœuvre des plus flexibles.

Discriminer devient donc criminel et mérite désormais un exemplaire châtiment.

Pourtant, discriminer, n’est-ce pas, au fond, comme nous le rappelle le professeur Anne-Marie Le Pourhiet, « simplement le fait de distinguer, séparer, sélectionner ou discerner » ? Mais non. « Il se trouve cependant que par un glissement sémantique dont on ignore l’origine mais qui est peut-être lié au goût postmoderne pour l’indifférenciation, le terme de discrimination a acquis une signification essentiellement péjorative désignant des distinctions arbitraires et mal fondées. Dès lors, une discrimination devient une sélection négative préjudiciable à celui qui la subit au point d’être moralement et/ou juridiquement condamnée. C’est ce qui résulte clairement de la politique dite de lutte contre les discriminations »(1).

Et cette politique, incombe à cette HALDE, laquelle fait montre d’un certain activisme en ce domaine.

Pour ce faire, selon une organisation que n’auraient pas désavoué Orwell (1984) ou Bradbury (Fahrenheit 451), elle fait appel à des « acteurs-relais ».

(1) http://www.communautarisme.net/Anne-Marie-Le-Pourhiet-la-...



Comme sous l’ancienne Union soviétique, ces commissaires du peuple, chacun, dans son « organisation », doit s’évertuer à « contribuer utilement à la prévention des discriminations » en mettant en œuvre des « actions de formation spécifiques » lesquelles doivent « permettre d’agir sur les comportements ». Tout un programme, dans lequel Big Brother, au travail, à l’école, à la maison, au restaurant, au théâtre, dans les transports etc. façonne les esprits les plus malléables et dont l’esprit critique se ramène à l’éructation de slogans vides du type « chez moi la discrimination ça passe pas » ou « non au racisme ». De l’ « haldculturation », en somme.

Pour constituer son dossier, la HALDE pratique ce qu’elle appelle dans un emprunt au globisch, le « testing ».

Qu'est ce qu'il s'est passé?

4 videurs de différentes discothèques des Champs Elysées ont été relaxés en appel après avoir été accusés de discrimination raciale en 2007.
C'est l'association SOS Racisme qui avait porté plainte après une opération de testing effectuée sur les 4 établissements en 2005.

C'est quoi le testing?
Le principe est simple, vous présentez à l'entrée des discothèques des jeunes d'origine maghrébine ou africaine puis d'autres d'origine européenne. Il est important que les 2 groupes soient habillés de la même manière, afin de prouver une éventuelle sélection sur des critères raciaux. SOS Racisme avait noté une sélection différente en fonction des groupes de jeunes

Durant l'audience, un videur a affirmé qu'il refusait environ 100 personnes sur 900 en une soirée. Pour diverses raisons, allant du trop d'alcool au trop peu de place dans la discothèque.

Le testing peut jouer dans un procès?
La cour d'appel a affirmé que le testing constituait un mode de preuve. Mais elle rappelle qu'un seul test ne peut pas prouver une discrimination. Depuis 2006, le testing est inscrit dans la loi.

Il s’agit, selon elle d’un « mode de preuve consiste à comparer le traitement réservé à des personnes « de référence » avec celui réservé à des personnes susceptibles d’être discriminées en raison de leur origine réelle ou supposée, de leur âge, de leur sexe, de leur handicap ou de tout autre critère illicite ». Rien que de très légal, après tout, car introduit dans notre Code pénal par la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances (article 225-3-1 du Code pénal). Oui, sauf que la HALDE a été créée par une loi du 30 décembre 2004, soit moins d’une année et demi avant la consécration du « testing » par les textes. Peut-être, objectera cette même HALDE, mais, ainsi qu’elle l’affirme dans un rapport du 5 juillet 2006, le 12 septembre 2000, la Chambre criminelle de la Cour de cassation a reconnu la validité du test comme mode de preuve pour la discrimination (arrêt n°99-87251).

La « preuve » étant ficelée, elle est transmise au procureur de la République. On peut dire que la HALDE a érigé la démocratie en système D… comme délation…
Mais, là encore, le test au faciès est forcément à sens inique, puisque la personne de référence est « de souche », quand le candidat discriminé est nécessairement « d’origine ». En d’autres termes, la HALDE n’a que faire de l’égalité réelle, son souci étant que les « originaires » ou les « divers » soient plus… égaux que les « de souche ». Il paraît qu’une telle conclusion déplaît dans les hautes instances haldiennes. Seule la vérité est révolutionnaire, proclamait pourtant ce maître ès-totalitarisme qu’était Danton.

Le pouvoir que se donne la HALDE est littéralement oppressif dans la mesure où son objectif est de « provoquer les modifications nécessaires de comportement » (rapport du 5 juillet 2006). Dans le même document, la HALDE assure que « le test de discrimination est un moyen efficace pour débusquer les pratiques discriminatoires et il présente l’avantage de ne pas faire de véritable victime ». « Véritable » victime : comprendre que les seules victimes dont la HALDE déplore hypocritement l’existence sont plutôt « de souche ».

Car les vraies victimes dignes de considération sont plutôt allogènes et plus précisément extra-européennes. On en veut pour preuve ce modeste florilège de « délibérations » d’un Collège qui n’a rien de sacré :

  • Un ressortissant « hors Union européenne » (origine non citée) s’estimant victime de discrimination à raison de sa nationalité parce qu’une banque lui avait refusé l’ouverture d’un compte de dépôt http://www.halde.fr/IMG/alexandrie/2367.PDF
  • Une camerounaise contestait le refus par les autorités françaises de reconnaître son diplôme de « bachelier en soins infirmiers », obtenu en Belgique, motif pris de son origine extracommunautaire http://www.halde.fr/IMG/alexandrie/4306.PDF

Et l’on pourrait ainsi continuer la litanie d’un inventaire qui ne doit rien à Prévert.

Louis Schweitzer et ses épigones au plus haut sommet de l’Etat mesurent-ils combien la HALDE constitue par ses actions un sourd ferment de discorde et de haine ? Ignorant la leçon de Jacques Bainville d’après laquelle « la fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques » parce que « le peuple français est un composé (…), mieux qu'une race (…) une nation », la HALDE pratique une discrimination positive aux conséquences néfastes pour la France et l’Europe.

Insidieusement, mais progressivement et nécessairement, cette « Haute autorité » administrative se livre à un racisme de dépeuplement conduisant à une préférence étrangère sur le sol national. Il suffit d’aller sur son site pour se rendre compte que cette allégation ne relève pas du fantasme ou de la mystique conspirationniste.

Qu’on en juge : sur les cinq domaines d’investigation (biens et services, logement, éducation, emploi et service public), 101 références concernent des délibérations rendues à raison de discriminations fondées exclusivement sur l’origine et les convictions religieuses, soit, sur les 241 délibérations rendues par la HALDE, 41% des solutions, les 59% restant concernant des discriminations en raison de l’âge, du handicap, des opinions politiques, activités syndicales, des mœurs, de l’orientation sexuelle, etc.

Il est proprement ahurissant qu’une autorité administrative endosse ainsi simultanément les rôles de policier, procureur, juge d’instruction, au prix d’une insupportable confusion des pouvoirs, sans légitimité aucune et surtout sans recours possible contre ses décisions.

Avec la HALDE, se réalise le vœux de François Mitterrand qui jugeait, en dépit des règles les plus élémentaires de l’hospitalité, que certains étaient « chez eux, chez nous ».

Des « minorités visibles » jusqu’à leurs avatars dernier cri, la « diversité », tout est fait pour ériger le constat objectif d’extranéité en délit, la police de la pense traquant la prétendue critique d’étrangeté.

Les grandes consciences s’opposeraient aux statistiques ethniques pour une raison simple ; elles introduiraient de la différence criante/criarde là où, précisément, il est impérieux de l’anesthésier subliminalement dans les consciences. En d’autres termes, même si elle se manifeste aux yeux de tous, elle doit continuer à demeurer un impensé, voire même être considérée comme une affection psychique, sauf à susciter un éventuel sursaut identitaire mû par un soudain ras-le-bol.

Bref, un évident racialisme idéologique (donc privilégiant, dans un premier temps, la pigmentation de la peau, le second temps de ce matérialisme eugénique étant le racisme, c’est-à-dire, la hiérarchisation des races) est en train de se mettre en place. Il sera bientôt périlleux d’être « une face de craie dans c’pays ».

Or, comme le dit si bien Elisabeth Levy, « en régime méritocratique, la couleur de la peau ne devrait jamais être un handicap. Mais on a aussi le droit de penser que l’ériger en avantage acquis, en accélérateur social, ce n’est pas en finir avec la différence “raciale” (saint Zemmour, priez pour moi), c’est au contraire conférer à celle-ci un rôle décisif. Qu’on le veuille ou non, et je suis prête à croire que personne ne le veut, donner une promotion ou un avantage à quelqu’un parce qu’il est noir ou arabe ou juif ou homo ou ce qu’on veut, c’est le refuser à un autre parce qu’il ne l’est pas (2)».

Si Talleyrand a pu penser que l’ennui naquit un jour de l’uniformité, on peut prédire que le pire naîtra un jour de la diversité, arme redoutable au service d’un fallacieux antiracisme.

Sur ce chapitre, on laissera le dernier mot à Jean-François Revel qui se demandait « quelle idéologie va remplacer le socialisme. Mais elle, est déjà là sous nos yeux : c'est l'anti-racisme. Entendons-nous bien: l'antiracisme dont je parle n'a pas pour but réel de servir de lutte contre le racisme, pas plus que le socialisme n'avait pour but réel de lutter contre la pauvreté et l'inégalité. Comme toutes les idéologies, celle de l'anti-racisme se propose non de servir ceux qu'elle prétend délivrer, mais d'asservir ceux qu'elle vise à enrôler (3)».

Alain Finkielkraut résumera en affirmant que « l’antiracisme est le communisme du XXIème siècle »(4).

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