mercredi, 01 juillet 2009

La lettre C dans la langue Normande

C

CABINE, s. f. ; ravin profond, trou creusé par l'eau.
CACHE, s. f. ; c'est tout simplement le mot chasse. On l'emploie avec diverses significations ; ainsi : du cidre qui a de la cache est du cidre qui a de la force ; - une vache qui est en cache est celle qui bése, c'est-à-dire qui court dans le pré avec une sorte de frénésie, ce qui arrive notamment à l'époque du rut.
CACHETTE, s. f. ; mèche de fouet. En rectifiant la prononciation, ce mot donne : chassette.
CADŒIL au CADŒUIL, adv. ; louche, qui regarde de travers.
CAÏEU, s. m. ; moule, coquillage bivalve.
CAIMAND, VOy. QUAIMAND.
CALEUX, adj. ; indolent, paresseux, qui n'a pas de courage. - En style familier, caler ou caller la voile signifie baisser le ton, se soumettre. C'est de là que caleux doit venir.
CALIMOULETTES (A); à califourchon. - On dit aussi, tout simplement : à moulettes.
CALLOUET, s. m. ; petit caillou.
CAMBRETTE, s. f. - Ce mot, qui signifie petite chambre, est employé généralement pour désigner la laiterie, l'endroit où l'on dépose le lait.
CANE, s. f. ; cruche en fer blanc pour le lait, ou en terre cuite pour d'autres usages.
CANIR, v. a. et pron. ; chancir, moisir.
CANIVIEUX, s. m. ; chènevis.
CAPET-TEIGNEUX, s. m. ; la grande bardane.
CAPOGNER, v. a. ; froisser, pétrir, déchirer avec les mains. - Ils se sont rudement capognés l'un et l'autre.
CAPUFOS ou CAPIFOS , s. in. ; colin-maillard. ... ; jeu grec, selon Hesychius. « - Vous eussiez cru qu'ils fussent gens jouant au chapifou. ».(Rabelais.)
CARPELEUSE ou CHARPELEUSE, s. f. ; chenille. - Charpeleuse signifie littéralement chair velue.
CASSELOGNE, s. f. ; couverture servant à envelopper les enfants.
CASTABROUI, adj. ; à moitié ivre, entre deux vins.
CASTAFOUINE, s. f. ; matière fécale.
CATON (A), adv. ; en cachette, comme on dit ailleurs à catimini.
CATONNET, s. m. ; fleur du saule et du coudrier.
CAUFFAILLE, s. f. ; bruyères, joncs-marins, genêts ou broussailles mis en fagot pour chauffer le four.
CAUMÉE, s. f. ; portion de la tige du blé d'abord laissée sur pied, au moment de la moisson, et recueillie ensuite séparément avec l'herbe pour la nourriture des bestiaux. - La véritable orthographe est chaumée.
CENSÉMENT, adv. ; pour ainsi dire, à peu près. - Il est censément malade.
CHABRENA, s. m. ; savetier.
CHACOUDER, v. a. ; jouer du coude avec quelqu'un, en signe d'intelligence.
CHARFOUIR, SARFOUIR ou SERFOUIR, v. a. ; bêcher la terre au pied des arbres fruitiers.
CHARRIÈRE, s. f. ; côte encavée par l'écoulement des eaux pluviales de la plaine.
CHEMINEAU, s. m. ; petit pain fait de pâte passée dans l'eau chaude avant la cuisson, et dont on ne fait usage que vers le temps du carême.
CHERME, CHERNE ou CHARME, s. m. ; fosse pour planter un arbre, ou la portion de terrain bêchée au pied d'un arbre, quand on le serfouit.
CHIBOT ou CIBOT, s. M.; ciboule. - On dit proverbialement : se tenir droit comme chibot.
CHICON, s. m. ; laitue romaine. - On dit aussi un chicon de pain, pour un morceau de pain.
CHIDRER, v. n. ; s'affaisser, rompre sous le poids. - Cet arbre a tant de fruit qu'il en chidre.
CHIGNELLB, s. f. ; prunelle sauvage.
CHINCHER et SINCHER, s. m. ; fripier. - Il y a à Rouen une rue de ce nom, « où ch'est que ces chinchers étalent leurs habits. » (Muse norm.)
CHIQUETTE, s. f. ; linge usé, déchiré. - C'est une çhiquette ; - il n'est que couvert de chiquettes. - Un petit morceau de pain est appelé, par extension, une chiquette de pain.
CHOCHONNER, v. n. ; posséder, entretenir et utiliser un cheval en commun.
CHOPER, v. a. et v. n. ; trinquer. - On dit indifféremment : chopons, ou chopons nos verres. - L'emploi de ce verbe devient plus rare.
CHOQUER, v. a. et v. n. ; trinquer.
CHOULER, v. a. ; brusquer, mal recevoir.
CHOUQUE, s. f. ; grosse racine d'arbre , et aussi tout le pied de l'arbre.
CHOUQUET, s. m. ; tronc de bois qui sert de siège et à divers usages de cuisine. – « L'un apportoit des chouquets de pommier. » (Muse normande.)
CLAFRÉE, s. f. ; surabondance. - Il y avait une clâfrée de fricot. - On emploie principalement ce mot pour exprimer l'effet produit sur le sol par une masse plus ou moins liquide qu'on y jette. - En voilà une clâfrée !
CLANCHE, s. f. ; loquet de porte.
CLANCHER, v. n. ; lever la clanche.
CLAPOT, s. m. - Ce mot s'emploie pour exprimer l'action d'un homme qui fait de l'embarras pour rien, - qui se mêle de tout sans motif et sans utilité.
CLAPOTIER, s. in. ; qui cause et se mêle de tout à tort et à travers.
CLAQUE, s. f. ; bavard ou bavarde.
CLAQUET, s. m. ; nom populaire de la digitale.
CLICHE, s. f. ; diarrhée. - De cliche on a fait clichard.
CLINQUE, s. f. ; coqueluche.
COCHEUX, s. m.; sorte de verger rempli d'arbres fruitiers à couteau qui ne se trouve que dans les communes du Marais-Vernier et de Bouquelon.
COCOPONETTE, s. m.; homme qui s'occupe du ménage, tâtillon, chauffe-la-couche. - On dit dans le même sens : un metteux de poules couver.
COEURU, adj. ; qui a du coeur, de la force, de la consistance. - Un homme coeuru. - Du cidre coeuru. - Une poire coeurue (celle qui a des qualités opposées aux qualités de la poire fondante.)
COIMELER, v. n. ; pousser des cris plaintifs, pleurer en criant.
COINCHE, adj. ; dissimulé, qui regarde de travers ou en dessous.
COQCIDROUILLE, COQCIGRUE, s. m. ; grand dadais.
COTTERET, s. m. ; bois de grosseur moyenne, lié en faisceau, pour le chauffage ou la cuisine.
COUCHETTE, s. f. ; linge de propreté que l'on met autour des jeunes enfants.
COUPELLE, s. f. ; bouquet de branchage qui forme la cime des arbres de haut jet.
COUPET, s. m. ; sommet, le point le plus élevé, cime. - « Quand nous fûmes sur le couppet du mont Belon. (1548.) - « Pour grimper au coupeau du Parnasse françois. » (Regnier.)
COURÉE, s. m. ; le coeur et le mou d'une vache, d'un boeuf. - Au figuré, une femme malpropre et délabrée.
COURTIL, s. m. ; jardins légumiers du Marais-Vernier. « D'eau notre courtil s'arrose. » (O. Basselin.)
COUTRE, s. m. ; porteurs de morts aux inhumations. - En allemand : Kuster. - Dans le moyen-âge, les coutres étaient des officiers ecclésiastiques portant la mître.
COUVET, s. m. ; chauffe-pied en terre cuite, qu'on appelle gueux à Paris.
CRACHINER ou CRASSINER, v. impers. ; brouillasser. - Il ne pleut pas, il crachine, il crassine.
CRADEAU, s. m. ; petit poisson de la Basse-Seine.
CRAÎTURE, s. f. ; croissance. - Ce jeune homme est d'une belle craîture, c'est-à-dire, d'une belle venue.
CREIGNASSE ou CREIGNE, s. f. ; les racines des mauvaises herbes que l'on doit enlever des terres labourables.
CREIGNEUX, adj. ; envahi par la creigne. - Une terre creigneuse.
CRÉTINE, s. f. ; eaux qui, dans les moments d'orage, viennent des crêtes des collines envahir les chemins et grossir les cours d'eau.
CRÊTIR, v. n. ; éprouver un frissonnement, une émotion pénible. - J'en ai créti. - Cela m'a fait crétir.
CRIQUET, s. m. ; grillon.
CULOINER, v. n. ; lambiner, aller nonchalamment, agir de mauvaise grâce, chercher à se tirer le derrière de la presse, comme on dit vulgairement.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://jeunessespatriotiques27.hautetfort.com/trackback/1889150

Ecrire un commentaire