samedi, 08 novembre 2008

Les Leçons de l'expérience


 

Les fossiles vivants qui évoquent à tout instant le nazisme ou le "front populaire" commettent une grave faute.  A force de se fixer sur les images d'un passé lointain, ils oublient de vivre dans le présent.  A répéter que Hitler est à nos portes et, pour d'autres, que la révolution rouge est imminente, ils finissent par s'en persuader.  Ils oublient que l'histoire se moque de leurs rêves.  Sans eux, elle a marché.  La jeunesse d'Europe qui vit dans le réel sait que le national-socialisme est mort en 1945 et que le communisme a pris du ventre et chaussé des pantoufles. Mais...

Mais ils savent aussi qu'un jeune colonel, spécialiste français de la recherche spatiale a été fusilé dans le matin du 11 mars 1963 aux portes de Paris pour sa foi dans le réveil de l'Occident.  Mais ils connaissent les noms de Degueldre et de Bastien- Thiry.  Ils savent qu'en France, après la Hongrie, et pour les mêmes raisons, on fusille et on emprisonne. Ils savent que dans ce coin de la vieille terre d'Europe, comme en Hongrie, on se bat, on risque, on espère.  Ils le savent car, eux sont du présent.  Et le présent c'est, dans le sang, le sacrifice, la lutte, à Paris comme à Budapest, la naissance du Nationalisme.


Claude Piegts, Albert Docevar, militants fusillés.  Michel Leroy, René Villard, Charles Daudet, Axel Gavaldon, Pierre Aoustin, Camille Petitjean, Marcetteau de Brem et tant d'autres militants "abattus" comme des chiens. Henri Niaux, Jean-Luc Biberson, Robert Casati tués par la prison.  Militants pourchassés, militants emprisonnés, militants inconnus, sans grade et sans ambition.  Vieux militants acharnés qui ont transmis l'idée.  Jeunes militants, tout nouveaux, qui rêvent de faire mieux que les aînés. Traqués, bouclés, torturés, matraqués, mais pas découragés.
A l'heure de la vérité, à l'heure des juges, quand chaque mot peut apporter les chaînes ou la mort, ils ont parlé:

Jacques Prévost:  "Je ne redoute pas que votre tribunal me condamne à mort, au contraire.  C'est la seule façon qui me reste de prouver que je suis encore fidèle à mes convictions, à mes amis et c'est la seule façon qui reste au Pouvoir de m'empêcher de penser et de crier la vérité."

Christian Gave: "Depuis mon arrestation dix-huit mois se sont écoulés entre les quatre murs d'une cellule de la Santé.  Je ne regrette pas ces jours gâchés de ma jeunesse.  Je les ai acceptés comme j'accepte ceux qu'il me restera à passer en prison, heureux d'avoir ainsi participé au calvaire de notre province d'algérie, fier d'être assis dans ce box, alors que le colonel Bastien-Thiry vient de prouver par son sacrifice que les traditions nationalistes de l'Ecole Polytechnique sont encore vivaces de nos jours."

Patrick Edel: "Je ne serai jamais Saint-Cyrien, comme je l'avais souhaité, mais puisque vingt ans de réclusion criminelle ont paru nécessaires à ma "rééducation", j'espère quand même que "je m'instruiré pour vaincre."

Pendant des années, inlassablement, quelques hommes ont porté à bout de bras les germes de l'idée nouvelle.  Ils ont tout connu:  l'indifférence, que l'on ne peut ébranler, l'insulte que l'on ne peut relever, les coups que l'on ne peut rendre, l'ami qui flanche, celui qui s'écarte.  Et puis d'autres sont venus.  La poignée s'est multipliée.  Au contact des premiers, les nouveaux ont appris à être durs, lucides, tenaces: militants.

"Qu'est-ce que le Nationalisme ?", Europe Action, 1963.

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