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dimanche, 18 mai 2008

Irak, les chétiens sont persécutés et discriminés

En Irak, le christianisme est menacé d’extinction complète. Le thème de CSI «Solidarité avec les victimes de persécutions religieuses» est plus actuel que jamais.

 

Le couple chrétien Sabri – Des islamistes ont tué leurs deux fils. CSI

En Irak, les églises sont détruites, les pasteurs et les prêtres enlevés. Les chrétiens sont enfermés dans des cachots et des chambres de torture. Ils reçoivent des lettres de menace, sont pressurés, doivent payer des «taxes pour couvrir les frais de leur protection». Et, comme «incroyants», ils sont invités à se soumettre à l’islam. Cependant, prononcer du bout des lèvres «Allah est le seul vrai Dieu et Mahomet est son prophète» ne suffit pas pour prouver qu’on a vraiment abandonné la religion chrétienne. Certaines familles chrétiennes doivent donner une fille en mariage à un islamiste. Et celles qui refusent sont persécutées.

 

Très sérieux

Alors, ce qui subsiste de la chrétienté en Irak se rétrécit comme une peau de chagrin. Le désir des islamistes d’extirper la croix de cet ancien pays de la Bible, est à prendre très au sérieux. Leurs menaces illustrent bien la réalité. Les voisins qui ont été assassinés, les amis disparus, les voitures piégées devant les églises et les victimes mutilées dans les hôpitaux de Bagdad ne laissent planer aucun doute. Celui qui n’obéit pas s’expose à un simulacre de procès. Les ennemis des chrétiens ne s’embarrassent pas de discussions. Ils ne craignent ni le droit ni la loi du pays, car ils sont depuis longtemps du côté du plus fort, c’est-à-dire des plus brutaux, et ils raillent: «Vous aimez la vie, nous aimons la mort».

Pourquoi tant de haine?

Mais ce ne sont pas seulement les islamistes qui menacent les chrétiens dans les rues de Bagdad et de Mossoul. «Quand je sors en habit sacerdotal, les gens traversent la rue ou me jettent des ordures», déclare le pasteur Bardelian Youssef.

Pourquoi aujourd’hui, en Irak, les musulmans «normaux», pacifiques, évitent-ils les chrétiens, comme s’ils étaient des pestiférés ? Est-ce une fureur cachée parce que, semble-t-il, les chrétiens surmontent plus facilement les coups reçus et vont même, parfois, jusqu’à tendre encore l’autre joue ? Est-ce la faiblesse des chrétiens qui n’ont pas de milice pour les protéger? Ou bien est-ce l’espoir que les islamistes violents laissent en paix ceux qui méprisent les chrétiens?

 

Le pasteur Bardelian avec John Eibner, CSI. CSI 

Un pasteur enlevé

Bardelian, pasteur de l’église «Jésus-de-Nazareth» a été enlevé le 12 février 2007. «Ma femme et moi étions en route pour aller visiter quelques familles chrétiennes dans la détresse. Des hommes masqués ont entouré notre véhicule. Ils nous ont roués de coups, puis ont laissé ma femme partir. On m’a enfoncé un sac sur la tête, puis ligoté pieds et mains et jeté dans le coffre d’une voiture. Nous sommes allés à un endroit en dehors de Bagdad. Il y avait des odeurs de ferme avec des animaux. Mes ravisseurs ont commencé à me torturer. Je ne voyais qu’une issue et j’ai imploré le secours de Dieu. Alors, les coups ont cessé, mais je ne pouvais toujours pas voir en raison du sac que j’avais sur la tête. Mais j’ai entendu que mes ravisseurs se présentaient comme étant des «combattants de Dieu». Ils disaient que les chrétiens étaient des espions américains qui ouvraient la porte de l’Irak à l’Amérique. A cet endroit, il y avait encore d’autres prisonniers. L’un d’eux était un chrétien du nom de «Sargon». Une femme chiite enceinte était aussi détenue. On m’a demandé si je voulais regarder son exécution. J’ai dit : «Non». J’ai tiré le sac sur mes yeux. La femme a été décapitée par nos gardiens, j’ai entendu le bruit horrible de cette exécution. Après environ deux semaines, quelqu’un qui semblait être un chef du groupe est venu. Il a ordonné qu’on me libère, parce qu’il me connaissait et qu’il savait que je n’étais pas un espion. Peu après, je me suis retrouvé dans le coffre de la voiture et ai été libéré dans le quartier asiatique de Bagdad.»

 

Une foi solide

Nous avons rencontré le pasteur Bardelian à Bagdad. Il était amical, n’exprimait pas de haine, même quand il s’est mis à parler de ses ravisseurs. «Dans le christianisme, cela est possible. Le pardon est possible. Même des gens maltraités peuvent demander à Dieu de pardonner à leurs tortionnaires, de se révéler à eux, de toucher leur cœur. La foi éprouvée par le feu devient plus solide.» C’est l’attitude qu’a eue le pasteur Bardelian. Même en face de la mort, il n’a pas douté que Dieu nous veut du bien. L’expérience vécue a encore renforcé sa conviction.

Puisse la chrétienté du monde libre se réveiller et se préoccuper de ses frères et sœurs persécutés à cause de leur foi. Le sort des persécutés ne doit pas nous laisser indifférents.

 

 

source: http://www.csi-france.fr

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